24/12/2010

RESIDENT EVIL 4 n’arrêtera pas l’hémorragie !

Resident Evil : Afterlife82273178227317822732182273218227321

Combattant désormais en solo l’implacable multinationale "Umbrella Corporation", à l’origine du "Virus-T" qui a transformé la population mondiale en horribles zombies, Alice (Milla Jovovich) sillonne la surface du globe en avion dans l’espoir de retrouver des survivants et notamment ses amis emmenés par l’intrépide Claire Redfield (Ali Larter)… Mais de nouveaux ennemis se dressent sur la route de notre héroïne à commencer par le redoutable Albert Wesker (Shawn Roberts). La transhumance d’Alice la mène à Los Angeles, ville livrée - comme toutes les autres - à la loi des flammes et aux hordes de zombies, là où un groupe de survivants tente de s’isoler de la menace dans une ancienne prison de haute sécurité… Cela fait déjà quelque temps maintenant que la franchise cinématographique "Resident Evil" s’est fortement éloignée des bases scénaristiques - diablement plus excitantes ! - de la saga vidéo-ludique estampillée du label "Capcom".

Milla Jovovich

Si l’on pouvait admettre que le deuxième opus, intitulé "Apocalypse" (2004) et réalisé par Alexander Witt, parvenait à récupérer quelque peu les bonnes vibrations engendrées par les jeux vidéos, le troisième film - "Extinction" (2007) - a réussi à complètement s’émanciper de sa source d’inspiration originale. Ceci peut être perçu comme un bien ou un mal… Cela dépendra sans doute de l’attachement qu’éprouvent les spectateurs pour les jeux "Capcom" et/ou pour les films se traînant (péniblement !?) derrière l’ombre des créations du maître du genre : George A. Romero. Si ce présent "Resident Evil", sous-titré cette fois "Afterlife", pouvait se targuer, lors de son exploitation en salle, d’offrir l’expérience 3-D aux rares fans de cette saga qui ont tenu le coup jusqu’à ce quatrième volet, l’édition DVD - Blu-Ray sera malheureusement nettement moins alléchante de ce côté-là ! (comptons toutefois une possible version Blu-Ray 3-D qui nécessite, bien évidemment, de déjà posséder un écran en Trois Dimensions dans son salon !)

Shawn Roberts

Résultat des courses : l’abus disgracieux de ralentis (à la John Woo), entraînant souvent des plans visuels et des effets spéciaux un peu chiches et pas nécessairement très soignés, passe assez mal sur le petit écran ! Franchement, comme précisé ci-dessus, en tant que pure adaptation, ce "R.E. 4" est loin d’être irréprochable et demeure plutôt très mauvais. Pire encore, désacralisé de toute l’ambiance sensationnellement oppressante et glauque des derniers jeux, le long-métrage de Paul W.S. Anderson (encore lui !) - scénariste et producteur de la saga et de surcroît metteur en scène du premier volet - intègre, à la grosse louche, de nouveaux personnages (tant patibulaires qu’adjuvants) sans prendre aucune considération ou aucun soin : l’entrée des mémorables Albert Wesker et Chris Redfield (joué à l’écran par Wentworth Miller), personnages antagonistes du dernier jeu "Resident Evil 5", s’opère ainsi, sur la pellicule, par la (très !) petite porte. "Resident Evil : Afterlife" ou comment désacraliser des personnages emblématiques de la franchise ludique

Ali Larter et Milla Jovovich

Pour ceux qui ont échappé au virus "Console(s)" ou qui n’ont jamais tenu une manette entre leurs mains, ce film n’apparaît finalement ni meilleur ni pire que le premier ou le troisième opus. Les spectateurs seront, la plupart du temps, plongés dans un spectacle déconstruit où les scènes s’emmêlent pêle-mêle sans réelle passion narrative & où l’apport visuel est honorable (et encore !). Hormis la scène d’ouverture - très "Matrix" - et celle de clôture - plus "Terminator" -, on assiste à une pâle copie des œuvres de Romero ; copie qui reste boostée par une palette de zombies plus voraces et véloces - dans la lignée des vampires de la série "Blade" -.

Resident Evil : Afterlife

Là où, dans "L’Armée des morts", un centre commercial devenait le seul lieu d’asile pour l’espèce humaine, Milla et ses potes s’offrent une thalasso dans une prison. Si les lieux et le cadre changent l’essence même du combat pour la survie de quelques rescapés face à des morts-vivants enragés s’avère, une nouvelle fois, très répétitive. Distrayant (si l’on est toutefois pas très exigeant), notre "Resident Evil 4" constitue, au final, un extraordinaire (restons dans l’ironie !) Patchwork d’inspirations bigarrées. Mais un film n’est pas une recette de cuisine : ce n’est pas en mariant du "Blade" à du "Matrix", du "Terminator" et de "L’Armée des Morts" que l’on parvient à accoucher d’un merveilleux film d’anticipation original et allaitant.

Wentworth Miller

S’entourant d’un intéressant Shawn Roberts (habitué aux films de zombies) d’un inexpressif et plutôt mou Wentworth Miller ("Prison Break") ainsi que des jolis minois de Milla Jovovich et d’Ali Larter, toujours partantes pour prêter leur image à de folles cascades défiant les lois de la gravité, Paul W.S. Anderson déçoit : l’élan de sympathie engendré par sa mise en scène énergique et inventive sur la "Course à la mort" et sa gestion de la production sur le très bon "Pandorum" n’aura été que de courte durée… Attendons maintenant de voir ce que notre homme va faire des "Trois Mousquetaires" d’Alexandre Dumas ??? Ah ! J’entends déjà des dents grincées !

Resident Evil : Afterlife

La bande-annonce…

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10/07/2010

La HORDE : les Zombies made in France

LA HORDE82273178227317822731782273218227321

"Allons apprendre aux zombies à chanter la Marseillaise !" C’est en quelque sorte le mot d’ordre principal de "La Horde", un film d’épouvante signé Yannick Dahan et Benjamin Rocher qui prend le pari (difficile !) d’importer les bons vieux zombies ‘ricains dans un exercice de style bien Frenchy… Pari réussi ? Dans la forme certainement, dans le fonds, par contre, "La Horde" tombe lourdement dans les travers scénaristiques bien connus de ce genre de divertissements… Le scénario, co-écrit par le routinier Nicolas Peufaillit ("Chrysalis", "Un Prophète"), se borgne à dépeindre le long chemin de croix d’une "coalition" improbable souhaitant ardemment quitter un HLM pris d’assaut par de voraces morts-vivants. L’originalité n’est finalement jamais au rendez-vous et on a surtout l’impression de voir une (bonne !) "photocopie" (pourrait-on dire un remake ?) de l’intrigue du "Zombie" (1978) - en V.O. "Dawn of the Dead" - de George A. Romero ; film, entre parenthèses, retravaillé en 2004 par le talentueux Zack Snyder...

Eriq Ebouaney (à gauche) et Jean-Pierre Martins (à droite)

C’est évidemment intéressant de dégommer des zombies dans l’espoir de quitter une tour inquiétante et insalubre mais "La Horde" ne va pas plus loin et n’offre aucune échappatoire possible à ses protagonistes - une belle brochette de sales gueules triées sur le volet -. Tout avait pourtant assez bien commencé : le (relatif) génie de nos metteurs en scène est de nous plonger, dans un premier temps, dans la vendetta - nerveuse, poisseuse et malsaine - d’improbables justiciers de la "Municipalité" bien décidés à faire un carton et à venger leur collègue et ami tombé dans l’exercice de ses fonctions. Jusque là, tout va bien… Puis l’arrivée d’une horde sanguinaire de zombies sonne la fin de l’originalité scénaristique (déjà !). La chasse est maintenant ouverte et le tir aux clays (Pardon ! … aux zombies) promet d’être sanglant et immoral.

La Horde

Heureusement, "La Horde" ne perd jamais cette copieuse et invective nervosité initiée dès les premières minutes. Ce long-métrage éprouvant et intense dans son esthétisme peut également compter d’un zÔli casting emmené par les mines "patibulaires" de Jean-Pierre Martins - ici au Look très "Le Mac" -, de Claude Perron ("Cortex", "Chrysalis"), d’Aurélien Recoing ("Contre-enquête", "L’Ennemi intime") et d’Eriq Ebouaney ("Le Transporteur III", "Cash", "Hitman", "Femme Fatale", "Lumumba") pour ne citer qu’eux ! Surfant tantôt sur la grosse artillerie (c’est toujours plus facile pour dégommer des cannibales d’outre-tombe) mais aussi sur d’impressionnants corps à corps - mention spéciale pour Claude Perron et Jo Prestia ("Le Mac") -, "La Horde" déploie assez d’adrénaline pour emballer un public acquis aux doux refrains de pétarades et des dialogues sommaires et - certainement pas - châtiés.

Claude Perron

Outre ce débordement jouissif de testostérone, Yannick Dahan et Benjamin Rocher s’octroient quand même le luxe (et ils ont bien raison !) de s’adonner quelque peu à l’humour noir et à une modeste réflexion sur le caractère bestiale qui se cache en chacun de nous… Si l’on reste un peu sur sa fin côté intrigue, le spectacle pur et dur déployé ici permet à "La Horde" de remplir son contrat : Après le GORifique "Frontière(s)" de Xavier Gens et maintenant avec "La Horde", le cinéma français prouve au monde du Septième Art qu’il n’est pas juste bon à accoucher de polars ou de vaudevilles… Mais ça, les défenseurs du "cinoche franchouillard multiculturel" le savaient déjà depuis longtemps !

Jean-Pierre Martins

La bande-annonce…

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