29/12/2009

PANDORUM, descente dans l’obscurité spatiale

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Paul Anderson n’a vraiment pas été en veine ces dernières années en mettant en scène ou en produisant des divertissements de moyenne qualité (ainsi que de véritables "catastrophes" !). Aujourd’hui, après avoir réalisé l’exaltant "Death Race 3000", film d’action futuriste emmené par le charismatique Jason Statham, Anderson nous invite à monter à bord de sa dernière petite production intitulée "Pandorum"… S’embarquant dans un vaste vaisseau spatial afin de coloniser une lointaine planète, des centaines d’hommes et de femmes représentent le dernier espoir d’une humanité qui n’a cessé de pulluler sur terre et de dévorer toutes les réserves naturelles de la planète. Quelques années après (ou peut-être quelques décennies ? ou peut-être quelques siècles ?), le Lieutenant Payton (Dennis Quaid) et le Caporal Bower (Ben Foster) se réveillent à l’intérieur d’un compartiment scellé du vaisseau. Ils ne se souviennent que partiellement de leur mission et de leur identité. Le premier réflexe de Bower est de s’extraire de leur prison pour partir à la recherche des membres d’équipage. Conduit par Payton - branché à l’un des rares postes de contrôle fonctionnant -, Bower déambule dans les vastes couloirs du vaisseau, plongés dans l’obscurité totale, à la recherche du moindre signe de vie… Bower ne tarde pas à en trouver mais ce n’était certainement pas à ça que s’attendait le caporal : d’immondes et voraces créatures ont pris le contrôle du vaisseau durant le sommeil des deux astronautes. Bower, accompagné de quelques rescapés, tentera de sauver sa peau tout en essayant d’accéder à la salle des machines pour relancer les commandes principales du vaisseau dérivant…

Antje Traue et Ben Foster

Réalisateur sur le film allemand "Antibodies" (2006), Christian Alvart - avant de s’attaquer au thriller surnaturel "Le Cas 39" avec Renée Zellweger (prochainement sur nos écrans) - signe, avec "Pandorum", un très bon thriller horrifique baignant dans le sang et dans la peur incommensurable de l’immensité spatiale. Le voilà justement le fil conducteur de ce long-métrage : le "pandorum", un syndrome virulent d’angoisse qui attise la peur, la nervosité et la violence (extrême) des astronautes qui supportent mal les séjours prolongés dans l’espace, au milieu du vide… Sur base de cette peur primaire, transformant tout être humain - normalement constitué - en dément sanguinaire, le scénariste Travis Milloy tisse le sabordage d’un immense vaisseau spatial ; sabordage qui a notamment engendré la naissance de véritables monstres.

Dennis Quaid

Ceux-ci constituent l’un des points forts de ce thriller. Toutefois, ces horribles créatures primaires et chasseresses rappellent significativement les monstres caverneux du "The Descent" de Neil Marshall… Pour ajouter à cette impression de déjà-vu, "Pandorum" se base sur une atmosphère oppressante soignant l’obscurité comme l’a fait également, en son temps, Marshall ! Mais "The Descent" n’est pas la seule source d’inspiration de "Pandorum" : l’apparence des rescapés, sauvant leur peau à l’aide de couteaux aiguisés, se réfère, assez fortement, au "Pitch Black" (2000) de David Twohy. Bref, les amateurs de sensations fortes cinématographiques - c’est bien à eux que ce "Pandorum" s’adresse - trouveront par moment des allures de Patchwork à ce long-métrage qui nous livre, ma foi, une synthèse réussie et distrayante des quelques bons (et rares) longs-métrages de science-fiction de ces dernières années ; en incluant également quelques juteux clins d’œil à l’univers "Star Wars".

Cam Gigandet

Soignant un esthétique du clair-obscur bien maîtrisé, le cinéaste Christian Alvart a eu l’occasion de travailler avec un solide casting masculin composé principalement de Dennis Quaid, de Ben Foster et de Cam Gigandet. Nerveux, sachant jouer les schizophrènes quand il le faut, ces trois acteurs affichent un aura chargé d’un efficace et inquiétant côté obscur… C’est enfin l’occasion, pour Ben Foster, de tirer son épingle du jeu en s’affichant comme le héros central de l’intrigue après avoir occupé, maintes fois, des seconds rôles. Dennis Quaid démontre une nouvelle fois que sa carrière est clairement relancée et qu’il a le chic pour se glisser dans des rôles foncièrement différents ainsi que dans des projets de tout acabit.

Ben Foster et Antje Traue

La pulpeuse et convaincante actrice allemande Antje Traue complète avec énergie et conviction le haut de l’affiche en jouant une scientifique mutée en une Lara Croft intergalactique ! Montant progressivement en puissance, "Pandorum" se révèle, au final, être un (plus que sympathique) cocktail d’effroi et d’action à consommer exclusivement sur grand écran. Voila une aventure qui renoue, de bien belle manière, avec les grands divertissements horrifiques de science-fiction que l’on croyait disparus.

Antje Traue

La bande-annonce…

Tags associés : "Pandorum", Dennis Quaid, Ben Foster, Cam Gigandet, Jason Statham, Renée Zellweger, Paul Anderson, Neil Marshall, David Twohy, "Death Race 3000", "The Descent", "Star Wars"

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28/12/2009

AVATAR : quand la magie opère…

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Pour notre plus grand plaisir et pour clôturer en beauté l’année 2009, le cinéaste James Cameron revient enfin sur grand écran avec le mastodonte "Avatar". Depuis 1998 et le sirupeux "Titanic", notre metteur en scène s’était plutôt adonné à la plongée sous-marine en signant plusieurs documentaires : l’un consacré au cuirassé Bismarck, un autre (encore et toujours) pour le Titanic ainsi qu’un troisième s’attaquant aux "Aliens" des profondeurs - autrement dit, aux étranges et méconnues créatures qui vivent dans les profondeurs de nos océans -. Dix ans donc après avoir emmené Leonardo DiCaprio et Kate Winslet batifoler avec les Icebergs, Papa Cameron fait, en grande partie, table rase de sa passion pour les mystères océanographiques et convoite maintenant (à nouveau) les étoiles et des mondes extraterrestres aussi fascinants que mystérieux… Bref, notre ami retourne à ses premiers amours pour procurer aux passionnés du Septième Art (qui décoiffe !) un fascinant spectacle de presque 3 heures, une immersion diablement réussie dans une aventure universelle, touchante et trépidante !

Avatar

Après la mort accidentelle de son jumeau - un éminent scientifique -, l’ancien Marine infirme Jake Sully (Sam Worthington) est invité par une omnipotente multinationale à embarquer pour un voyage intergalactique de six ans. Ce périple le mènera sur la lointaine planète Pandora… C’est là que, sous la conduite d’une équipe de scientifiques dirigée par Grace Augustine (Sigourney Weaver), Jake va entrer dans la peau d’un avatar Na’vi - les Na’vis sont les principales autochtones de Pandora -.

Sam Worthington

L’ancien soldat est chargé, sous les traits de cette créature, de gagner la confiance des Na’vis et de recueillir un maximum d’informations sur eux. Dans le même temps, le colonel Miles Quaritch (Stephen Lang) compte bien enrôler Jake pour que celui-ci l’aide à venir à bout de la rébellion lancée par les Na’vis… Mais les sentiments de notre héros à l’égard de ce peuple va prendre progressivement le pas sur cette mission militaire aux objectifs abjectes visant à déporter les autochtones de Pandora pour exploiter, avec plus de facilité, leurs terres riches en minerais précieux.

Stephen Lang et Sam Worthington

"Avatar", dont le scénario (comme la réalisation) est signée James Cameron, fait le bon choix en basant son récit autour de l’attachante personnalité de Jake Sully, alias l’excellent Sam Worthington. Ce dernier nous avait déjà ensorcelé, cette année, dans "Terminator 4"… Alors, Worthington ! La révélation masculine de 2009 !? Par quelques belles séquences sondant les motivations et les sensations de cet ancien soldat - bombardé dans un univers où il a tout à apprendre -, ce long-métrage convie les spectateurs à tantôt suivre l’initiation fluorescente et dépaysante de l’avatar de Jake au cœur du peuple Na’vi, tantôt à dépeindre le quotidien des scientifiques et chercheurs humains confrontés aux plans machiavéliques de mercenaires sur-armés et sous-intelligents...

Giovanni Ribisi et Sigourney Weaver

Ce va-et-vient offre une dynamique bienvenue à "Avatar" et fait considérablement bien passer les 2h40 de spectacle "comme une lettre à la poste". Les amoureux du James Cameron de la première heure - avant le glorifiant et surfait "Titanic" - seront ravis de constater que ce nouveau film chérit jalousement plusieurs points communs avec l’"Aliens. Le retour" (1986), le deuxième opus (et peut-être bien le meilleur !?) de la saga initiée en 1979 avec l’"Alien, le huitième passager" de Ridley Scott.

Avatar

Au menu d’"Avatar", comme dans "Alien II", vous aurez par exemple droit aux androïdes géants articulés par des hommes encastrés au cœur de ces machines & vous croiserez également la vieille copine de Cameron, Sigourney Weaver, toujours aussi charismatique et énergique. Si comme pour "Aliens", James Cameron dépeint les Marines américains (en mission dans le cosmos) comme des mercenaires casse-cous, aux commandes de belles armes destructrices ; pour "Avatar", le cinéaste force le trait en rendant ces soldats serviles et déshumanisés !

Michelle Rodriguez

On touche ici à l’un des grands thèmes posés en toile de fond : la force industrielle et destructrice des hommes placés sous les ordres de multinationales avides de richesses faciles, dont le tiroir-caisse se remplit à coup de prétendue guerre contre le terrorisme. Tout en étant une riche aventure de science-fiction, "Avatar" n’oublie pas de prendre position, de manière franche et courageuse, dans des questions brûlantes d’actualité : le respect de la nature et des écosystèmes menacés ; la critique non voilée des guerres de pognon ; … N’est-ce pas justement cette habile incidence entre fiction et actualité qui fait d’un bon divertissement fantastique un chef d’œuvre de la science-fiction ?

Sam Worthington, Michelle Rodriguez, Sigourney Weaver et Joel Moore

De Sam Worthington à Sigourney Weaver, en passant par Zoe Saldana, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Wes Studi ou encore Joel Moore ; n’oublions pas l’interprétation "cinq étoiles" de Stephen Lang… Car, en effet, que serait un palpitant divertissement sans une excellente Crapule de service ? Et pour cette mission, James Cameron et les producteurs d’"Avatar" ont trouvé une perle en la personne de Lang ! Tueur diabolique et dérangé dans "La Manière forte" (1991) de John Badham - réunissant l’improbable duo Michael J. Fox / James Woods -, Stephen Lang campe, à presque 58 ans, un charismatique chien fou des "crânes rasés", une espèce de Patton du futur rongé par les combats et désensibilisé par le nombre de morts qu’il traîne dans son sillage. L’un des adages préférés du personnage est "Utilisons la terreur pour lutter contre la terreur"… Vous n’avez déjà pas entendu ça quelque part vous ?

Stephen Lang

Cajolant des effets spéciaux majestueux, soignant une mise en scène dynamique et entraînante & injectant le chouya de romance et de magie qu’il fallait (sans faire déborder le compteur de guimauve), James Cameron maîtrise à la perfection son sujet et signe un come-back luminescent. Film de son temps, par sa qualité visuelle et les thèmes qu’il défend, "Avatar" est un grand spectacle tout simplement magique !

Avatar

La bande-annonce…

Tags associés : Action, Aventure, Fantastique, Science-fiction, "Avatar", "Terminator 4", James Cameron, Sam Worthington, Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Leonardo DiCaprio, Ridley Scott

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