08/08/2012

SHAME : Michael Fassbender à corps perdu !!!

Shame

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On avait appris à connaître l’acteur - d’origine allemande - Michael Fassbender sous la cape du spartiate Stelios dans "300". On avait, ensuite, appris à l’aimer dans les "Inglourious Basterds" et autre "Centurion"… Avant, finalement, de l’adorer dans "X-Men : Le Commencement", sous le casque d’Erik "Magneto" Lehnsherr ! Consacré par les critiques et (encore plus important !) par la foule, notre ami s’affiche, aujourd’hui, dans une multitude de productions et de rôles parfois - souvent même - allégrement éloignés des uns des autres… Et c’est tant mieux ! Récemment à l’affiche, au cinéma, dans le "Prometheus" de Ridley Scott, Michael Fassbender se permet également de tourner dans des films plus indépendants des gros studios américains, pour rencontrer la caméra de cinéastes comme David Cronenberg ("A Dangerous Method") ou Steve McQueen, metteur en scène sur le film "Shame"…

Michael Fassbender et le réalisateur Steve McQueen

Avant ce dernier long-métrage, récemment sorti en DVD, Fassbender et McQueen avaient déjà pu se croiser sur le tournage de "Hunger", un drame historique explorant les conditions de détention des prisonniers politiques irlandais appartenant à l’IRA, l’Irish Republican Army, qui se fit connaître dans sa lutte armée contre la présence britannique en Irlande du Nord. Avec "Shame", notre tandem quitte le front historique pour s’intéresser à un phénomène social d’actualité : l’addiction sexuelle...

Michael Fassbender

C’est sans détour ni complaisance, mais avec une franchise simple et naturelle, que l’œil du jeune réalisateur Steve McQueen (qui dirige ici son deuxième film) va suivre et mettre en lumière la vie, en apparence bien réglée, de Brandon (Michael Fassbender). Cadre en réussite dans un poste douillé, ce dernier cache pourtant une double vie emportée par le sexe sous toutes ses formes : de la pornographie sur Internet au recours à des prostituées, en passant par les revues et films X. Ce train de vie parfois chaotique - Comment vivre dans la dite normalité tout en contrôlant ces vivaces pulsions ? - va être remis en cause par l’arrivée de la sœur de Brandon, Sissy (Carey Mulligan). Sans domicile fixe, Sissy s’installe chez son frère. Entretenant, dans un premier temps, une relation passionnelle avec le patron de Brandon, David (James Badge Dale), Sissy va progressivement découvrir les habitudes inavouables de son frère. Entrainé, de plus en plus, vers le point de non-retour, Brandon doit se ressaisir s’il ne veut pas perdre ses repères et, surtout, sa sœur, elle-aussi, au bord d’un "autre" gouffre : le manque d’affection et de reconnaissance…

Carey Mulligan

"Shame", cette mise en abîme infernale portant sur l’addiction sexuelle, traite un sujet des plus délicats à évoquer avec une maîtrise totale. Le ton est donné dès les premières minutes du film. Impassible, sans oser les jugements de valeur, "Shame" privilégie un regard franc, direct et sincère. S’y ajoute un Michael Fassbender… Bien là pour transpirer toutes les souffrances corporelles et surtout mentales qui accablent son personnage. Cru sans jamais plonger dans la vulgarité, l’enchainement voulu par Steve McQueen - également co-scénariste - met, au contraire, le voyeurisme au pilori.

Michael Fassbender et Nicole Beharie

Michael Fassbender n’est pas le seul acteur du film à payer de sa personne. Déjà croisée notamment dans "Wall Street II" et dans "Drive", Carey Mulligan accompagne son partenaire dans cette descente aux enfers explorant les liens du sang et de la chair. Flirtant souvent avec le drame et les impasses relationnelles, "Shame" ne succombe pourtant jamais à l’appel larmoyant des sirènes du chaos. C’est ainsi que, tout en restant une fable sociale et moderniste, ce long-métrage évite l’ennui et la platitude.

Santé Michael Fassbender

L’ensemble des rencontres et rebondissements qui ponctuent l’intrigue, ces à-coups et épreuves marquant durablement les victimes de cette tragédie humaine, rendent irréversiblement ce long-métrage attrayant, piquant et vivace… Le tout souligné, rappelons-le, par la prestation de deux grands acteurs hors-normes qui avaient déjà pu nous séduire et nous illuminer par le passé.

Michael Fassbender dans l'ombre de Nicole Beharie

Alors aimer ce "Shame" ne peut aller de paire qu'avec un sentiment coupable d’addiction ? Certainement pas ! L’angle proposé par son réalisateur et ses scénaristes nous offre, bien au contraire, un regard sincère et honnête de grande qualité… Rien à voir avec ces mauvaises petites comédies ‘ricaines en proie à décrire l’explosion pseudo-sexuelle d’ados libidineux du 21e siècle… Pauvre jeunesse !

Michael Fassbender face à Carey Mulligan

La bande-annonce…

Tags associés : Michael Fassbender, "300", "Inglourious Basterds", "Centurion", "X-Men : Le Commencement", Ridley Scott, David Cronenberg

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (8) | |

07/08/2012

HARRY POTTER vs. La Dame en NOIR

The Woman in Black

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Maison de production phare, dès les années 50, avec des films horrifiques consacrés par les amateurs du genre ("The Curse of Frankenstein", "The Hound of the Baskerville", "The Mummy" & Cie.) - et réunissant souvent devant la caméra des comédiens tels que Peter Cushing ou Christopher Lee -, la société britannique Hammer Films a eu quelques difficultés, ces dernières années, à s’afficher, à nouveau, sur le devant de la scène (horrifique). "La Dame en noir" de James Watkins apparut, à ce titre, comme une magnifique opportunité de renouer avec le succès au Box-Office… Ce qui fut chose faite ! La présence, en tête d’affiche, d’un certain Daniel Radcliffe n’étant peut-être pas étrangère à cela !?

Ne l’appelez plus Mister Potter !

Daniel Radcliffe pose bagages

Demandez à Elijah Wood - le Frodon Sacquet du "Seigneur des Anneaux" -, il n’est pas toujours facile, pour un jeune acteur, de s’émanciper après s’être affiché en première ligne dans une franchise à succès… On attendait ainsi "La Dame en noir" comme la première étape marquant la reconversion de Mister Potter… Euh… Je veux dire : "de Mister Radcliffe"… Alors réussi ?

Sur les traces de Susan Hill…

La Dame en noir

Ce long-métrage s’inspire directement du roman fantastique écrit par l’anglaise Susan Hill et publié, en 1983, sous le titre "The Woman in Black". Adapté sur grand écran, sous la plume du scénariste Jane Goldman - qui présente déjà une belle carte de visite (il est déjà crédité de co-auteur sur les intrigues de bons succès comme "X-Men : Le Commencement", "Kick-Ass" ou encore "Stardust") -, "La Dame en noir" tire son relief d’une réelle mise en abîme qui conduit le spectateur au cœur même des vieilles demeures victoriennes décrépies et suintant les souvenirs morbides et tragiques à plein nez.

Daniel Radcliffe aux Jeux olympiques

Daniel Radcliffe croit-il aux fantômes

Malheureusement, à force de jouer principalement - et même quasi-uniquement - sur l’atmosphère pâle (comme la mort) de son long-métrage, le réalisateur James Watkins finit inévitablement par tourner en rond. En témoigne, concrètement, ces séquences perpétuelles de va-et-vient : Arthur Kipps - le personnage principal interprété par Daniel Radcliffe - va ainsi bourlinguer, durant une petite heure et demi entre la Maison hantée et le village voisin dont les habitants sont plus que réfractaires à ces périples organisés au sein de la bâtisse de la "Dame en noir"… Même à l’intérieur de la villa, Kipps va s’adonner, avec panache, au jeu "de l’escalier" : "je suis en bas, j’entends un bruit, je monte à l’étage ; je vois une ombre dehors, je redescends pour finalement ensuite remonter à l’étage ; je vais prendre le frais dehors pour après rentrer à l’intérieur…" Ouf ! Quelle santé ces p’tits anglais ! On en vient, par moment, à douter de la teneur narrative du scénario laissé à James Watkins - qui s’est fait les dents, dans le genre horrifique, en composant l’intrigue de films comme "The Descent II", "My Little Eye" et "Eden Lake" qu’il a également mis en scène - !?

L’Homme en noir…

Ciaran Hinds

A la tête de nombreuses scènes à huit clos, Daniel Radcliffe monopolise inévitablement l’attention… Il reste toutefois quelques minutes à l’éternel second-rôle (de choix !), Ciaran Hinds, et à Janet McTeer pour offrir une très bonne prestation, tout en venant appuyer le mystère accaparant la progression d’Arthur Kipps vers l’Au-delà. Chouchou du public depuis 2001 et sa première apparition sous les traits du jeune sorcier créé par la romancière J.K. Rowling, Radcliffe interprète, dans ce nouveau long-métrage, un jeune notaire londonien qui se retrouve seul à élever son jeune fils suite au décès de son épouse survenu lors de l’accouchement…

Janet McTeer et Daniel Radcliffe

Peinant à reprendre sa carrière professionnelle après ce drame, Kipps se voit offrir une dernière chance de percer dans le métier : il est chargé de s’occuper de la succession d’une cliente de l’étude récemment décédée. Cette mission le conduira à s’aventurer dans la lugubre demeure de cette dernière… Une demeure hantée par le spectre d’une "Dame en noir", annonciatrice de drames funestes touchant les enfants des villageois habitant à proximité de la vieille bâtisse.

C’est Daniel… Pour les intimes !

Daniel Radcliffe

Premier jalon de l’ère post-Harry Potter pour son acteur principal, "La Dame en noir" se révèle être un sympathique petit thriller fantomatique à l’ambiance confortablement étudiée mais qui hélas, pour l’ancien pensionnaire de Poudlard, ne comble pas davantage nos attentes. Faute à une intrigue trop linéaire baignant dans le déjà-vu , à un final plutôt facile et mollasson & à un Daniel Radcliffe qui propose finalement une interprétation assez lisse et aseptisée dans la peau d’un jeune veuf tiraillé entre la vie et la mort. Comme quoi : des heures sombres attendent encore notre jeune ami !

La bande-annonce…

Tags associés : Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Christopher Lee, Elijah Wood, J.K. Rowling, "Harry Potter", "Le Seigneur des Anneaux", " X-Men : Le Commencement", "Kick-Ass", "Stardust"

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (2) | |