26/12/2010

MACHETE : Danny Trejo sort les machettes

Machete au cinéma

Récemment sorti sur grand écran (mais pour combien de semaines encore ?), "Machete", la nouvelle co-réalisation de l’enfant terrible de San Antonio Robert Rodriguez, restera peut-être dans les mémoires pour trois (bonnes ?) raisons : premièrement, pour le concept original de ce long-métrage inattendu (voir ci-dessous) ; deuxièmement, pour l’opportunité offerte à nos vétérans du cinéma pur et dur des années 80-90, j’ai nommé Jeff Fahey ("Silverado", "Le Cobaye"), Don Johnson ("Harley Davidson et l’homme aux santiags") et bien entendu Steven Seagel ("Nico", "Piège en haute mer") de retrouver la toile ; troisièmement, pour la propulsion de la bouille patibulaire de Danny Trejo au devant de l'affiche… Lui qui a trop longtemps brillé dans des seconds rôles parfois un peu minces ou tout simplement pourris !

Danny Trejo est Machete

Hormis ces trois raisons, "Machete" se fond honorablement dans le moule des autres productions Rodriguez : on y retrouve ainsi d’alléchantes Bimbos sublimées par la participation non négligeable de Michelle Rodriguez, Jessica Alba et Lindsay Lohan ; du sang et de la violence et d’immondes crapules, rôles endossés avec brio par Robert De Niro et nos trois lascars : Fahey, Seagal et Johnson. Bref, le cahier de charges standardisé du studio "Troublemaker" de notre ami Robert Rodriguez est bien rempli avec ce "Machete" qui se permet, en plus, de recycler ici tous les archétypes liés au cadre spatial de l’intrigue : la bordure frontalière séparant le Mexique et les Etats-Unis...

Jessica Alba

C’est ainsi que l’ex-Agent mexicain Machete (Danny Trejo) - tentant de ne pas faire de vague sur le sol américain en affichant un statut de travailleur clandestin - va devoir affronter une horde de salopards profitant du désarroi des clandestins mexicains pour s’adonner aux exécutions sommaires, aux extorsions de fonds ainsi qu’aux inévitables trafics de drogue ! Face à un sénateur raciste et corrompu, à un tortionnaire à la tête d’une milice privée, à un Businessman manipulateur et un trafiquant de drogue mexicain cultivant les assassinas sanguinaires, notre ami Machete va avoir du pain sur la planche… Heureusement, il sera bien aidé dans sa croisade par ses compatriotes à commencer par la résistance armée menée par Luz (Michelle Rodriguez), la représentante de la Loi Sartana (Jessica Alba) et par son propre frère (Cheech Larin), devenu prêtre.

Michelle Rodriguez

La genèse du projet - souvenez-vous du double concept "GrindHouse" initié par les frères siamois Quentin Tarantino / Robert Rodriguez - est assez particulière. Alors que généralement une bande-annonce est conçue, en post-production, pour vendre un film ; "Machete" suit le plan inverse : c’est un faux Teaser, réalisé à l’époque de "GrindHouse" (2007) et que les fans ont vénéré après se l’être arraché, qui est à l’origine du long-métrage ! La pirouette scénaristique se devait donc d’insérer dans une trame d’une grosse heure trente les quelques hallucinantes séquences rencontrées sur cette bande-annonce…

Steven Seagel face a Machete

Même si l’on peut saluer ce travail d’accroche, les spectateurs pourront toutefois ressentir, durant la projection, un effet "à deux vitesses" avec quelques (trop rares) séquences Gore et spectaculaires (généralement les coupes du Teaser original) combinées à une histoire de flics pseudo-sociale tirant quelque peu en longueur. Le constat est donc là : "Machete" cultive finalement assez peu le filon Trash du synopsis - un Mexicano en colère réclamant une vengeance expéditive - pour confiner davantage les débats à une petite aventure policière (vraiment !) pas très originale plaçant à l’honneur une communauté hispanique militant pour une Amérique bigarrée et multiculturelle…

Machete

C’est beau ! Et oui, cette effusion honnête de bons sentiments, maintes fois traitée à Hollywood, ne fait pas forcément recette ici & la Cause défendue par Machete restera finalement moins dans les mémoires que la fameuse scène de la piscine, l’envoûtante silhouette de Michelle Rodriguez marchant sur les traces de l’"ange noir" Johnny Depp de "Desperados 2", ou encore des quelques effusions de sang bien juteuses qui ponctue l’ouverture et la clôture des débats… Le tout survolé par la bouille incomparable de Super Trejo. Quel charmeur le gars !

Jeff Fahey et Robert DeNiro

"Machete" demeure donc une réalisation (signée Rodriguez) imparfaite car certainement pas aussi juteuse et sanguinaire que ce qu’on pouvait espérer. Peut-être que les révulsifs de ce genre de spectacles à la "Planet Terror" pourraient trouver, en ce "Machete", une occasion louable de se familiariser, quelque peu, avec le cinéma de notre ami Robert… Un cinéma que l’on aime sans concession, bourré de références, divertissant, sexiste et à consommer sans modération avec une Desperados Tequila dans une main et des Doritos piquants dans l’autre !

Don Johnson

La bande-annonce…

Tags associés : "Machete", Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Robert De Niro, Johnny Depp, Robert Rodriguez, Quentin Tarantino, "GrindHouse", "Planet Terror"

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

23/07/2010

PREDATORs : le retour aux affaires

Predators82273178227317822731782273178227321

Apparemment Hollywood s’est finalement lassé de la petite franchise "Alien vs. Predator" qui avait pour but, à l’origine, de marquer l’éblouissante rencontre entre deux "monstres" sacrés (au sens premier du terme !) du cinéma d’anticipation américain. C’est vrai que l’on a déjà vu mieux en matière d’"éblouissante rencontre" & aujourd’hui, le talentueux Robert Rodriguez qui se coiffe, pour l’occasion, des casquettes de producteur et de co-scénariste, a décidé de restaurer (ou de "dépoussiérer", c’est selon) le mythique "Predator" de 1987 emmené par Arnold Schwarzenegger sous la houlette de John McTiernan. Car en effet, notre nouveau "Predators" - n’oubliez pas le "s" à la fin ! - se revendique clairement comme le digne héritier de la saga "Predator" ; laissant sur le carreau deux "AVP" prenant un peu quand même la poussière sur les rayonnages DVD… Plus encore, Rodriguez et sa fine équipe vont même jusqu’à gommer l’existence du "Predator 2" (1991) de Stephen Hopkins qui sonnait un peu le glas d’une prometteuse saga musclée et sanguinolente.

Adrien Brody et Alice Braga

Fleurissant de références plus ou moins appuyées au film initial de ’87, "Predators" ne fait pas dans la dentelle et plonge le spectateur directement dans le feu de l’action… Parachutée on ne sait où et par qui (?), une bande d’assassins et de mercenaires se retrouvent contrat de collaborer s’ils veulent survivre à un drôle de guêpier. Croisant, durant leurs pérégrinations, d’étranges fauves dressés par d’impitoyables Aliens, notre équipe de choc va rapidement en venir à la conclusion qu’elle a été catapultée sur une planète étrangère… Une planète qui se révèlera être un terrain de chasse gigantesque et mortellement dangereux… C’est en quelques sortes le principe du chasseur chassé ! Une donnée qui avait justement servi de fil conducteur au tandem Jim et John Thomas à l’origine de la saga.

Predators : Quoi ma gueule ?

En 1987, le principe était de conter l’affrontement entre les meilleurs hommes surentraînés de la Terre - en l’occurrence des soldats américains (Aaaaah, ces douces années ’80 !) - et un super chasseur extraterrestre. En 1990, l’on passait de la jungle à l’enfer urbain : dans une ville moite et gangrenée par la violence ultime, les Predators avaient trouvé un nid propice pour assouvir leur passion… Aujourd’hui donc, en 2010, une poignée de liquidateurs terrestres, triés sur le volet, est conviée à une petite partie de chasse à l’autre bout de la galaxie. Même si ce synopsis a tendance à nous laisser rêveur, on craint toutefois, durant la première partie de ce "Predators", d’avoir fait le déplacement pour une banale chasse aux sangliers dont on aurait appliqué le syndrome hollywoodien préconisant les mots suivants : "Moins de sang et moins de violence pour contenter le plus grand nombre !"

Predators

Heureusement, la narration de ce film - dirigé par Nimrod Antal ("Motel", "Blindés") - monte progressivement en puissance, en affichant successivement de belles petites surprises du chef comme l’arrivée aussi inattendue que bienvenue de Laurence Fishburne, par exemple, ou encore le caractère évolutif de certains protagonistes… Certains d’entre eux décident finalement d’opter pour le camp des Predators, d’autres s’associent au parti des humains ou… décident de poursuivre l’aventure en se laissant guider par leurs propres inspirations destructrices.

Adrien Brody et Laurence Fishburne

Si la sauce prend finalement au niveau de l’intrigue et des références aux premiers volets, "Predators" est à plébisciter également pour son casting. Optant pour une distribution large et étonnante, les producteurs n’ont pas opté pour le choix d’une super star - à la Arnold Schwarzenegger par exemple ! - reléguant le reste de la distribution à l’échafaud et compromettant certainement le capitale survie de l’intrigue. Constitué principalement par de talentueux acteurs vus dans d’autres registres ou d’incontournables belles gueules du cinéma d’anticipation (Pensons tout particulièrement à notre ami Danny Trejo ou à Oleg Taktarov), ce casting met principalement à l’honneur l’étonnant et radieux Adrien Brody qui s’est déjà mesuré, dans le passé, à l’une des belles bêtes d’Hollywood : "King Kong" (2005).

Adrien Brody et Alice Braga

Soignant un profil bas et ténébreux, rehaussé par une carrure joliment gonflée à bloc pour les besoins de ce film musclé, Brody se la joue tueur furtif qui cache (peut-être ?) une once d’humanité sous des couches et des couches de détermination féline, cartésienne et diablement effilée. Suivent de très prêt la star du "Pianiste" (2002) de Roman Polanski, Alice Braga ("Crossing Over", "Je suis une légende") et Topher Grace (toujours un régal !) lui qui jouait, il y a peu, le coriace adversaire de l’homme araignée dans "Spider-Man 3". N’oublions pas également l’apparition furtive mais - au niveau de la rythmique de l’intrigue - salvatrice de Laurence Fishburne, le Mister Morpheus de la saga "Matrix". Mention spéciale également pour Walton Goggins et Mahershalalhashbaz Ali.

Topher Grace

Rondement mené, ce troisième "Predator" constitue une très belle renaissance pour une franchise restée incontournable dans le cœur des amateurs d’anticipation abrupte et cela malgré de relativement pâles "Predator 2" et "AVP’s" ! Y’a pas à dire mais ces Predators n’ont pas fini de s’attaquer à la race humaine et c’est tant mieux ! Du gros cinéma d’action fantastique et horrifique comme l’aiment les spécialistes de la maison avec quelques bons coups de poker scénaristiques et une brochette d’acteurs plus qu’alléchante… "Predators" est peut-être bien le film de science-fiction de cet été… Peut-être même de l’année !?

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |