16/07/2011

Bradley COOPER et la pilule du bonheur !?

Limitless

Divorcé d’un premier mariage, le jeune romancier Eddie Morra (Bradley Cooper) connaît aujourd’hui un second revers amoureux : sa compagne du moment, Lindy (Abbie Cornish), a décidé de le plaquer. Menacer d’être également abandonné par son éditrice du fait de ne pas pouvoir terminer son premier livre, Ed’ est au bord du gouffre… Quand il rencontre Vernon (Johnny Whitworth), son ex-beau-frère. Ce dernier lui propose la pilule miracle : un nouveau produit, soi-disant breveté et prochainement commercialisé, qui est censé décupler les facultés intellectuelles… Mister Morra a-t-il finalement des raisons de ne pas essayer cette drogue ?

Johnny Whitworth

Un Burger peut en cacher un autre !

Si l’on pouvait reprocher, en 2007, au cinéaste Neil Burger d’utiliser, pour le néanmoins très bon "Illusionniste", une mise en scène (volontairement !?) classique ; son "Limitless" - tout nouveau, tout beau - propose une approche stylistique tout à fait palpitante qui cadre merveilleusement bien à l’évolution scénaristique de ce long-métrage tiré du roman d’Alan Glynn intitulé "The Dark Fields" ("Champs de ténèbres" en V.F.). A coup d’artifices visuellement speedés qui nous plonge au cœur d’une trame assez malicieuse et certainement énergisante, Bruger et la scénariste Leslie Dixon ("Mme. Doubtfire", "Et si c’était vrai…") offre à l’acteur Bradley Cooper une vitrine expérimentale de premier choix où le co-héros des "Very Bad Trip", "L’Agence tous risques" et autre "All About Steve" a l’occasion de s’adonner à plusieurs registres.

Bradley Cooper

Un Bradley aux multiples facettes…

Remplaçant de Shia LaBeouf qui était, à l’origine, pressenti pour ce rôle (cliquez ici pour accéder à l’article), le beau Bradley jongle joliment avec sa réputation de Sex Symbol hollywoodien en jouant tantôt les Golden Boys "sur-méningés", tantôt les romanciers désabusés, en panne d’inspiration, quand ce ne sont pas les blafards Junkies en manque. La performance mérite d’autant plus le détour que notre comédien porte quasiment à lui seul ce thriller sur-vitaminé. A ce titre les apparitions d’Abbie Cornish ("Sucker Punch", "Elizabeth : l’âge d’or", "Une Grande année") et surtout de Robert DeNiro restent comptées bien que Neil Burger conserve dans ses manches quelques jolies surprises… Ces dernières (Cf. la scène de la patinoire) ont la bonne idée de redynamiser les échanges quand ceux-ci viennent (ça peut arriver !) à devenir moins incisifs !

DeNiro vs

Tomas Arana… Au service du Mal

Une Anna Friel - jouant plutôt un Cameo - et le patibulaire Tomas Arana complètent la distribution. On se souviendra de la rafraîchissante et sucrée Anna dans la non moins envoûtante série TV "Pushing Daisies", avant que notre amie ne sombre dans le nanar "Le Monde (presque) perdu". Pour sa part, Tomas Arana ("Pearl Harbor", "Gladiator") n’a sans doute pas été dépaysé par le rôle qu’il devait tenir dans ce "Limitless" vu le nombre important d’apparitions dans lesquelles il a été convié à camper le terrible trouble-fête de service… On se souviendra notamment de films comme "A la poursuite d’Octobre Rouge" (1990) et "Bodyguard" (1992). En effet, Neil Burger utilise continuellement la carrure d’Arana comme un rappel à l’ordre, ou une forme d’épée de Damoclès, réfrénant les inspirations toxicomaniaques ou euphorisantes du personnage central, Eddie Morra.

Tomas Arana

Thriller et humour peuvent-ils faire bon ménage ?

Profitant de l’imbrication au récit de plusieurs personnages secondaires - aux motivations parfois bien tranchées -, le metteur en scène Neil Burger tisse une ambiance qui avoisine parfois celle des bons polars incisifs et tendus dans lesquels peuvent surgir, à chaque coin de rue, un adversaire potentiel pour notre héros, de surcroît, cruellement déconnecté de la réalité ! Une autre évolution dans le style Neil Burger est l’utilisation croissante de l’humour. Certainement pas un humour grandiloquent mais plutôt quelques petites touches d’ironie savamment distillées. "Limitless" vient ainsi parfois à proposer une petite satyre rayonnante de notre société de SUR-consommation.

Neil Burger et Bradley Cooper

"Limitless", finalement un Patchwork indigeste ?

On peut se poser la question. Alors qu’un premier "chapitre" de cette adaptation se met au service du thème de l’angoisse de la page blanche et de la vie miteuse d’un romancier de rue, ce long-métrage vire rapidement (trop rapidement !?) à l’ascension - "fulgurante" serait un adjectif trop en dessous de la réalité à l’écran ! - d’un as de la finance qui se voit, au final, offrir une place dorée au dernier étage des plus hauts Gratte-ciels américains… Tout ça avant de se lancer en politique et de rêver de la Maison Blanche !? Honnêtement, écrite noir sur blanc, cette trame paraît aussi indigeste qu’insensée ; cependant, ce serait mal connaître les talents d’un réalisateur à respecter et, inévitablement, le récit à la première personne emprunté par "Limitless" permet de caser honorablement cet imbroglio… en apparence.

Bradley Cooper et Abbie Cornish

Une voie toute tracée ? Pas certain !

Autre point fort de cette production ? Ces effets de surprise notamment au niveau de sa courbe scénaristique : "Limitless" s’écarte en effet, à mi-parcours, de la trajectoire classique de ce genre de films. Partant de rien, Eddie Morra va ensuite évoluer et monter en puissance grâce à l’absorption massive d’une pilule miracle… Bien entendu, jusqu’ici rien de bien original : le rêve va finir par se transformer en cauchemar ; un cauchemar dans lequel Neil Bruger profite de l’aubaine pour brouiller les pistes et inviter à la fête de nouveaux personnages animés de nouveaux instincts. Ceux-ci vont alors déclencher une série de péripéties parfois hallucinantes (car inattendues).

Bradley Cooper face à Andrew Howard

A ce moment, "Limitless", tout en fracassant de nombreuses portes, laisse présager de nouvelles interrogations… Certaines resteront toutefois sans réponse au terme du spectacle. Est-ce finalement un bien ou un mal ? Chacun se fera son avis ! On peut poser cette question de manière différente : pour ou contre un film aux allures commerciales qui laisse, lorsque les lumières se rallument dans la salle, le spectateur avec quelques questions existentielles ? Là où la trame tissée par l’œil inspiré de Neil Burger - et tirée pour rappel d’un livre d’Alan Glynn - est assez innovante c’est dans la direction que son personnage principal choisi d’emprunter...

Robert DeNiro et Bradley Cooper

On aurait pu imaginer que le personnage interprété par Bradley Cooper décide d’arrêter tant qu’il est encore temps sa surconsommation de drogue… Cependant, à la suite d’une avalanche de péripéties suggérées ci-dessus, la rédemption de notre héros va prendre un peu de plomb dans l’aile. Eddie Morra se voit ainsi forcé de continuer son traitement de choc vers l’irréparable ? Je vous laisse avec cette dernière question. Pour en découdre la réponse, rendez-vous au cinéma. Avec un réalisateur très inspiré & une grande interprétation de Bradley Cooper, la pilule sera fatalement plus facile à digérer… Si, en plus, vous avez déjà été conquis par le physique ou les prouesses de cet acteur… Le rendez-vous est pris !

Bradley Cooper au centre

La bande-annonce…

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26/12/2010

MACHETE : Danny Trejo sort les machettes

Machete au cinéma

Récemment sorti sur grand écran (mais pour combien de semaines encore ?), "Machete", la nouvelle co-réalisation de l’enfant terrible de San Antonio Robert Rodriguez, restera peut-être dans les mémoires pour trois (bonnes ?) raisons : premièrement, pour le concept original de ce long-métrage inattendu (voir ci-dessous) ; deuxièmement, pour l’opportunité offerte à nos vétérans du cinéma pur et dur des années 80-90, j’ai nommé Jeff Fahey ("Silverado", "Le Cobaye"), Don Johnson ("Harley Davidson et l’homme aux santiags") et bien entendu Steven Seagel ("Nico", "Piège en haute mer") de retrouver la toile ; troisièmement, pour la propulsion de la bouille patibulaire de Danny Trejo au devant de l'affiche… Lui qui a trop longtemps brillé dans des seconds rôles parfois un peu minces ou tout simplement pourris !

Danny Trejo est Machete

Hormis ces trois raisons, "Machete" se fond honorablement dans le moule des autres productions Rodriguez : on y retrouve ainsi d’alléchantes Bimbos sublimées par la participation non négligeable de Michelle Rodriguez, Jessica Alba et Lindsay Lohan ; du sang et de la violence et d’immondes crapules, rôles endossés avec brio par Robert De Niro et nos trois lascars : Fahey, Seagal et Johnson. Bref, le cahier de charges standardisé du studio "Troublemaker" de notre ami Robert Rodriguez est bien rempli avec ce "Machete" qui se permet, en plus, de recycler ici tous les archétypes liés au cadre spatial de l’intrigue : la bordure frontalière séparant le Mexique et les Etats-Unis...

Jessica Alba

C’est ainsi que l’ex-Agent mexicain Machete (Danny Trejo) - tentant de ne pas faire de vague sur le sol américain en affichant un statut de travailleur clandestin - va devoir affronter une horde de salopards profitant du désarroi des clandestins mexicains pour s’adonner aux exécutions sommaires, aux extorsions de fonds ainsi qu’aux inévitables trafics de drogue ! Face à un sénateur raciste et corrompu, à un tortionnaire à la tête d’une milice privée, à un Businessman manipulateur et un trafiquant de drogue mexicain cultivant les assassinas sanguinaires, notre ami Machete va avoir du pain sur la planche… Heureusement, il sera bien aidé dans sa croisade par ses compatriotes à commencer par la résistance armée menée par Luz (Michelle Rodriguez), la représentante de la Loi Sartana (Jessica Alba) et par son propre frère (Cheech Larin), devenu prêtre.

Michelle Rodriguez

La genèse du projet - souvenez-vous du double concept "GrindHouse" initié par les frères siamois Quentin Tarantino / Robert Rodriguez - est assez particulière. Alors que généralement une bande-annonce est conçue, en post-production, pour vendre un film ; "Machete" suit le plan inverse : c’est un faux Teaser, réalisé à l’époque de "GrindHouse" (2007) et que les fans ont vénéré après se l’être arraché, qui est à l’origine du long-métrage ! La pirouette scénaristique se devait donc d’insérer dans une trame d’une grosse heure trente les quelques hallucinantes séquences rencontrées sur cette bande-annonce…

Steven Seagel face a Machete

Même si l’on peut saluer ce travail d’accroche, les spectateurs pourront toutefois ressentir, durant la projection, un effet "à deux vitesses" avec quelques (trop rares) séquences Gore et spectaculaires (généralement les coupes du Teaser original) combinées à une histoire de flics pseudo-sociale tirant quelque peu en longueur. Le constat est donc là : "Machete" cultive finalement assez peu le filon Trash du synopsis - un Mexicano en colère réclamant une vengeance expéditive - pour confiner davantage les débats à une petite aventure policière (vraiment !) pas très originale plaçant à l’honneur une communauté hispanique militant pour une Amérique bigarrée et multiculturelle…

Machete

C’est beau ! Et oui, cette effusion honnête de bons sentiments, maintes fois traitée à Hollywood, ne fait pas forcément recette ici & la Cause défendue par Machete restera finalement moins dans les mémoires que la fameuse scène de la piscine, l’envoûtante silhouette de Michelle Rodriguez marchant sur les traces de l’"ange noir" Johnny Depp de "Desperados 2", ou encore des quelques effusions de sang bien juteuses qui ponctue l’ouverture et la clôture des débats… Le tout survolé par la bouille incomparable de Super Trejo. Quel charmeur le gars !

Jeff Fahey et Robert DeNiro

"Machete" demeure donc une réalisation (signée Rodriguez) imparfaite car certainement pas aussi juteuse et sanguinaire que ce qu’on pouvait espérer. Peut-être que les révulsifs de ce genre de spectacles à la "Planet Terror" pourraient trouver, en ce "Machete", une occasion louable de se familiariser, quelque peu, avec le cinéma de notre ami Robert… Un cinéma que l’on aime sans concession, bourré de références, divertissant, sexiste et à consommer sans modération avec une Desperados Tequila dans une main et des Doritos piquants dans l’autre !

Don Johnson

La bande-annonce…

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