10/01/2012

Cameron DIAZ en Very Bad Teacher

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Séduisante, certes, mais professionnellement peu engagée (c’est le moins que l’on puisse dire !), Elizabeth Halsey (Cameron Diaz) a une technique d’enseignement bien à elle : elle passe, à longueur de journée, des films à ses élèves… La pédagogie n’est pas le point fort d’Elizabeth au contraire de sa folie dépensière. Mais ce n’est pas avec un salaire d’enseignant que l’on peut mener la vie de château. Un seul objectif comble ainsi la vie de notre professeur de choc : vivre aux dépens d’un riche et bel homme. Pour parvenir à ses fins, Melle. Halsey privilégie un angle d’attaque bien précis : passer à la chirurgie esthétique et se refaire la poitrine ! Elizabeth va ainsi mettre tout en œuvre pour réunir la coquette somme qui lui permettra de passer aux prothèses même si pour cela elle doit rivaliser d’ingéniosité et de sournoiserie... Même si pour cela elle doit devenir une enseignante modèle ! Ce n’est pas gagné !

Cameron Diaz

Petite satyre qui ne casse, finalement, pas les briques, "Bad Teacher" porte très bien son nom au risque même de frôler l’appellation "Bad Movie". Le réalisateur Jake Kasdan qui s’est fait les dents dans le petit monde des séries TV, tire dans tous les sens - et principalement vers celui des vannes gonflantes -, pour essayer, difficilement, de maintenir sa création à flot. Kasdan reste, c’est vrai, mal épaulé par une équipe de scénaristes (Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky, déjà à l’origine de l’intrigue du trop modeste "L’An 1 : des débuts difficiles") qui ne parvient à aucun moment à donner du relief à ce long-métrage tout juste bon à épuiser les ficelles du genre "Mésaventures scolaires". A ce titre, Eisenberg et Stupnitsky nous resservent, sans la moindre vergogne, de vieilles situations devenues, aujourd’hui, plus que vétustes et surexploitées. "Bad Teacher" ose ainsi nous refaire, durant la majorité du film, le coup du prof’ qui dort en classe (Cf. l’excellent "School of Rock" de 2003). Pire encore, pour la énième fois, Hollywood nous ressort de ses vieux tiroirs la scène du Car Wash torride ; une séquence déjà pastichée à foison dans, pour ne citer qu’eux, "Norbit" (2007) et "Même pas mal !" (2004). N’oublions pas non plus le cours de Lettres façon Education physique comme du côté du "Cercle des Poètes disparus" (1989).

Cameron Diaz au Car Wash

Nos scénaristes ont donc bien revisité leurs classiques mais... Dans un enchaînement peu rythmé, fait de bric et de broc, "Bad Teacher" prend rapidement de faux airs de long et agaçant clip vidéo soutenu par une bande son parfois éreintante signée Michael Andrews. Ajoutons, pour terminer, une galerie au combien caricaturale d’enseignants Has-Been - "The Faculty" (notamment) s’était déjà attelé à la tâche de manière bien plus subtile - aux attitudes poussives et bourrés de tics disgracieux ! La palme revient certainement à l’actrice Lucy Punch interprétant la collègue névrosée et psychotique… Titre convoité également par Phyllis Smith dans la peau de l’indécise enseignante supra-timide qui ne sais pas dire non ou, n'oublions pas non plus Jilliam Armenante obligée de camper la Prof’ lesbienne (bien entendu !) d’Education physique. Vous avez dit « clichés » ?

Cameron Diaz et Phyllis Smith

Résultat : cette petite heure trente de comédie douteuse et jovialement infantile se centre presque exclusivement autour du personnage interprété par Cameron Diaz. Le gros problème (encore un !?) est que notre anti-héroïne demeure très peu nuancée. Dans ce récit linéaire et trop patchwork, Diaz se surprend à continuellement jouer les infâmes mégères ; on a donc vite fait le tour d’Elizabeth Halsey - qu’elle soit "gonflée" ou non par ses prothèses mammaires - : un personnage creux et trop lisse pour enflammer les foules. Outre un jeu s’appuyant sur quelques grimaces, on a l’impression qu’il ne reste plus, à notre actrice, reine des comédies "Jackpot", "The Holiday" et, Of Course, "Mary à tout prix", que sa plastique pour susciter un intérêt potentiel ?

Cameron Diaz, Jason Segel et Justin Timberlake

Si la compétition sans pitié entre le personnage de Cameron et celui de Lucy Punch parvient à proposer un certain élan à cette partition bancale, plusieurs autres notes sonnent donc fausses… À commencer par les pathétiques idylles amoureux d’Elizabeth, à la recherche du jeune milliardaire ; ou encore par les rapports prof/élèves finalement très peu développés et demeurant inaboutis. En conclusion, cette pseudo-comédie ne fera certainement pas date dans l’histoire du cinéma bien qu’elle porte en son sein le nom vendeur de Cameron Diaz, peu inspirée dans le choix de ce rôle assez plat et terne. On saluera peut-être la prestation enfin contenue de Jason Segel qui livre, ici, un second rôle lui permettant de travailler la légèreté plutôt que la surdose d’excentricité. Passons sur les quelques apparitions de Justin Timberlake qui aurait dû se méfier avant de suivre son ex-compagne (Diaz, pour ne pas la citer) dans les méandres de ce titre finalement peu emballant !

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (6) | |

29/12/2011

IN TIME : Retour à GATTACA ?

In Time

Dans un futur proche dans lequel l’argent n’a plus court, seul le temps qu’il vous reste à vivre permet de différencier un riche omnipotent d’un pauvre qui n’est jamais certain, lors de son réveille, de voir le jour se coucher. C’est dans un tel monde que vivent Will Salas (Justin Timberlake) et sa mère Rachel (Olivia Wilde). Après le décès tragique de cette dernière, Will se promet de combattre le système et de renverser l’ordre établi qui veut que les puissants de ce monde soient des êtres immortels. La rencontre inattendue de Will avec Henry Hamilton (Matthew Bomer) va permettre à notre jeune héro de mettre ses plans à exécution…

Justin Timberlake et Amanda Seyfried

En trois long-métrages, le cinéaste néo-zélandais Andrew Niccol était parvenu à faire son nid dans le cœur des cinéphiles aimant combiner cinéma d’anticipation (et donc divertissant) & production impeccablement soignée et stylée. Avec son chef d’œuvre (au sens historique du terme !), "Bienvenue à Gattaca" (1998) et sa comédie soigneusement caricaturale et croustillante "Simone" (2002), Niccol avait donner le ton sur sa touche : une touche acidulée par une mise en scène mathématique, serrée, cadrée et rendue froide par ses tons bleutés et sa ligne claire. L’œil du cinéaste s’était, en 2006, réchauffé en partant sur les traces du trafiquant d’armes Yuri Orlov (Nicolas Cage) à l’occasion du non moins exaltant "Lord of War". Aujourd’hui, Andrew Niccol nous revient avec "In Time" (exploité chez nous sous le titre "Time Out"), une évocation de ses propres racines cinématographiques.

Sasha Pivovarova, Bella Heathcote et Amanda Seyfried

Ce dernier long-métrage parait, en effet, bien synthétiser l’essence même du cinéma de notre homme avec sa société futuriste modèle qui traîne, derrière elle, quelques jolis cadavres. Une société épurée où les règles du jeu sont aussi translucides qu’inhumaines et pourtant ! Comme dans l’incontournable "Gattaca", une jeunesse prometteuse et intègre va faire vaciller et tendre du côté de la passion ce château de cartes stérile. Inutile de préciser que les amateurs du cinéma de Niccol avaient toutes les raisons de se réjouir de cette nouvelle production marquant un lien de consanguinité presque mystique avec la première réalisation du cinéaste. Toutefois, la poésie aussi lyrique que mesurée de notre homme a apparemment, avec les années, perdu de sa superbe ! "In Time" ne réussit finalement pas à tutoyer "Bienvenue à Gattaca"… Mais pourquoi donc ?

Olivia Wilde

Plusieurs réponses paraissent possibles. Premièrement, "In Time" souffre d’un séquençage nettement trop marqué dans son scénario : les deux jeunes protagonistes, campés par Amanda Seyfried et Justin Timberlake, sont amenés périodiquement à s’enfuir, souffler un brun pour repartir en fuite avant, de nouveau, de faire un break pour, finalement, repartir en déroute ! Au bout de plus de deux heures de film, cette lente litanie répétitive a le don de fatiguer le spectateur et, dans certains cas, de saborder tout le capitale sympathie justifié que l’on pouvait éprouver à l’entame de cette aventure.

Amanda Seyfried

Deuxièmement, les motivations du personnage central interprété par l’acteur chanteur Timberlake (à la fête en ce moment après s’être glissé, en 2010 et 2011, dans pas moins de six films dont "Sexe entre amis", "Bad Teacher" et "The Social Network") sont, par moment, contradictoires. Animé, tout d’abord, par un esprit de vengeance salutaire, Will Salas en vient rapidement à goûter au joie de l’immortalité et de la Jet Set avant finalement de tout perdre et de retomber, en compagnie de sa partenaire à l’écran, Amanda Seyfried, dans un schéma très Bonnie & Clyde !

Justin Timberlake

Au regard de certains de ses actes (vers la mi-parcours du long-métrage), les dessins de Salas sont parfois difficile à saisir de même, dans une moindre mesure, que ceux de l’agent Raymond Leon, campé par Cillian Murphy. Là aussi l’"affrontement final", bien qu’honnête, a le don de crisper car laisse partiellement le public sur sa fin : tout ça pour ça, diront certains ! Avec une telle armature scénaristique et quelques choix stylistiques pas toujours assumés et aboutis, les éléments qui faisaient la réputation du réalisateur passent un peu moins bien : la froideur et l’épuration des décors traduisent ici davantage un manque de dimension qu’une claque visuelle. Chérissant à l’écran à nouveau des thèmes qui lui sont chers (la génétique, la sélection sociale, l’océan, la jeunesse, l’amour,…), le réalisateur néo-zélandais ne parvient cependant pas à faire prendre la mayonnaise… Du moins pas comme on l’aurait espéré !

Matthew Bomer

Tout n’est pourtant pas à renier dans ce long-métrage qui demeure toujours un peu un O.V.N.I. en marge des productions que nous propose généralement le "sol américain". Soulignons un casting tiré à quatre épingles dans lequel on saluera la présence de la toujours envoûtante Olivia Wilde, de Matthew Bomer - le Gentleman cambrioleur de l’endiablante série "White Collar" - ou encore Alex Pettyfer qui, après avoir essuyé quelques revers en jouant les têtes d’affiche dans les médiocres "Alex Rider" et "Numéro Quatre", a enfin l’occasion de participer à un projet plus inspiré.

Alex Pettyfer

La bande originale composée par le toujours transcendantal Craig Armstrong n’y changera rien, "In Time" reste, à ce jour, le film le moins soigné et le moins abouti de la filmographie d’Andrew Niccol. Si celle-ci vous est inconnue, la démarche visant à l’approcher, en apéritif, avec cette aventure est louable… Mais pourrait aussi bien se révéler à double tranchant…

La bande-annonce…

Tags associés : Andrew Niccol, Amanda Seyfried, Cillian Murphy, Justin Timberlake, Olivia Wilde, Matthew Bomer, Alex Pettyfer, Nicolas Cage, "Bienvenue à Gattaca", "Lord of War", "Alex Rider", "Numéro Quatre"

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |