30.12.2011
Mission : Impossible 4 - Tom CRUISE gagne son pari !

Soucieux de poursuivre une carrière dans le pôle films d’action et d’aventures pyrotechniques, l’acteur Tom Cruise, à presque 50 ans, avait hâte, avec ce quatrième opus de la franchise "M : I", de reconquérir les sommets du Box Office mondial. Alors ? Mission accomplie ? Désavoué par l’agence Mission : Impossible et bloqué dans une prison russe, l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) est réintégré en urgence par ses anciens employeurs pour mettre un terme aux agissements du terroriste russe Cobalt (Kurt Hendricks). Hunt et son improbable équipe, qui joue de malchance, ne pourront compter que sur eux-mêmes pour arrêter ce nouvel ennemi. En effet, après l’explosion partielle du Kremlin et la mise en cause de l’agence, cette dernière a été placée sous "Protocole fantôme", autrement dit, Mission : Impossible est en "liquidation" !

Au regard des précédents opus de la fructueuse franchise "M : I" initiée en 1996, ce quatrième volet baptisé "Ghost Protocol" (pour "Protocole fantôme") se démarque principalement des précédentes aventures en deux points. Premièrement, l’omnipotence à l’écran de l’acteur-producteur-scénariste Tom Cruise est ici moins prononcée. Notre homme laisse ainsi, par le biais de l’intrigue ficelée par les scénaristes Josh Appelbaum et Andre Nemec - vétérans initiés au monde du petit écran -, le loisir à ses petits camarades de jeu de s’essayer à d’impressionnantes scènes tendues quand ces dernières ne sont pas davantage sexy ou humoristiques. Comprenons-nous bien, Cruise reste l’élément clé du récit et l’acrobate le plus chevronné de l’équation mais cela n’empêche pas Jeremy Renner, Simon Pegg, Paula Patton et, dans une moindre mesure, Josh Holloway de se tailler une belle petite part du beefsteak !

L’autre révolution de ce quatrième chapitre par rapport aux précédents vient de la forte concentration d’humour qui est distillée dans ce spectacle pyrotechnique mené tambour battant par le cinéaste Brad Bird. La présence au générique de Simon Pegg et le nombre important de ses apparitions à l’écran en sont une preuve parmi d’autres… Sans jamais tomber dans le ridicule mais en assurant, à vitesse régulière, une bonne dose d’humour - et en injectant donc un capitale sympathie vivifiant à ce film -, Bird - qui a principalement affûté ses armes au rayon de l’animation ("Ratatouille", "Les Indestructibles", "Le Géant de fer", "Les Simpson" pour le petit écran) - délivre aux spectateurs, en cette fin d’année, LE film d’action trépident par excellence ! On dit Merci Mister B. !

Dès les premières minutes, les amateurs de ce genre de Péplum High-tech seront happés et projetés dans un engrenage combinant explosion, humour, trahison, vengeance, émotion, sensations fortes,… Tout ce mécanisme bien huilé étant synchronisé comme une horloge suisse ! Brad Bird et son équipe vont même encore plus loin en osant réinventer la typologie des cascades vues dans les précédents volets "Mission : Impossible" en les pimentant d’une ingéniosité et d’une malice à toute épreuve. Tom Cruise, arborant à nouveau sa craquante coiffure de "M : I II", va donc, une nouvelle fois, s’adonner à son sport favori, l’escalade ; se lancer dans d’impressionnants marathons contre la mort ; esquisser de belles acrobaties sur véhicules motorisés, etc. Alors qu’à l’image du vol perpétré dans les archives de la C.I.A à Langely dans le premier épisode, Jeremy Renner s’adonne au saut gravitationnel…

Le résultat pourrait faire craindre une vague impression de déjà-vu mais c’est sans compter sur l’enthousiasme déployé par l’équipe technique et artistique de cette superproduction revigorante. Ces petits ou grands écarts par rapport à la trilogie cinématographique de base qui présente, elle aussi, une compilation très patchwork de genres et de tonalités, pourraient bien permettre à ce "Mission : Impossible Ghost Protocol" de trouver un écho favorable auprès du public qui aurait regretté que la suite du travail de Brian De Palma sape les rares connections entre les adaptations cinématographiques et le format télévisuel original de cette franchise. De là à annoncer que cette dernière aventure est la meilleure des transpositions de cette série au cinéma… Chacun aura, sans doute, son avis sur la question…

Reste un Tom Cruise, valeureux chevalier héroïque de 49 ans, qui choisit avec subtilité, pour camper une nouvelle fois l’agent Ethan Hunt, de se la jouer moins "parfait" comme à son habitude. Vieillissant, moins enclin à accepter de se balancer dans le vide pour un oui ou pour un non, Hunt apparaît, plus que jamais, comme un simple homme, vulnérable, inquiet mais plaçant toujours l’abnégation en pôle position de ses priorités. Ce léger changement de philosophie dans le personnage, combiné à une plus grande part de responsabilité offerte aux autres membres de l’équipe M : I permettent, d’une certaine manière, d’entrevoir un super héro plus accessible, moins agaçant et finalement plus proche du commun des mortels. Ce qui est toujours bon à prendre dans une galerie cinématographique ampoulée d’extra-mega-giga-super héros qui pourraient devenir poussifs avec le temps !

"Protocole fantôme" ne serait pas le divertissement qu’il est sans une galerie de seconds rôles croustillants à l’image des stars composant l’équipe de Hunt : Jeremy Renner, Simon Pegg et Paula Patton. Une équipe plus perfectible que dans le passé, pas toujours nécessairement habilitée à réussir toutes ses opérations mais, par contre, toujours prête à retomber sur ses pattes et à se sublimer dans une nouvelle tentative pour arriver à ses fins… Offrant un certain volume dramatique aux différents personnages phares de l’intrigue, "M : I IV" s’avère, cependant, un peu plus avare lorsqu’il se penche sur les antagonistes et leurs motivations ! Alors que "Mission : Impossible II" et "III" pouvaient se vanter d’avoir des Bad Guys de bonne fortune, à l’image, respectivement, de Dougray Scott et de Philip Seymour Hoffman, la galerie de méchants de ce dernier volet demeure plutôt aseptisée. Les apparitions comptées de Michael Nygvist ou encore de Léa Seydoux ne changent pas vraiment la donne.

Notons, de plus, que le synopsis de base - où vient se greffer un scénario faisant, répétons-le, la part belle à un cocktail détonnant de pétarades et d’humour - reste assez convenu : un fou qui aspire à une guerre nucléaire entre la Russie et les Etats-Unis, ce n’est pas forcément très original… Souvenons-nous, par exemple, du récent "X-Men First Class" ! Ce n’est donc pas les ficelles d’une intrigue convenue que l’on retiendra, ni même l’épilogue pas nécessairement utile - mais qui aura le bon temps de soigner le moral d’un public toujours aussi accro aux Happy End’s d’usage dans pareil Blockbuster -…

Non ! C’est plutôt cette brillante formulation orchestrée par un Brad Bird inspiré et certainement amusé. Ce dernier nous offre un intense spectacle pyrotechnique d’action et d’ingéniosité visuelle nourri par de trépidantes cascades à couper le souffle et livrant, notamment, de belles sueurs froides aux spectateurs atteints de vertige ! Bref à ce niveau là, c’est Mission accomplie avec les honneurs. A consommer sans modération, en cette fin d’année, et bien entendu sur écran XXL !
La bande-annonce…
Tags associés : "Mission : Impossible 4", "Mission : Impossible 3", Tom Cruise, Paula Patton, Jeremy Renner, Simon Pegg, Philip Seymour Hoffman, "X-Men - First Class"
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29.12.2011
IN TIME : Retour à GATTACA ?

Dans un futur proche dans lequel l’argent n’a plus court, seul le temps qu’il vous reste à vivre permet de différencier un riche omnipotent d’un pauvre qui n’est jamais certain, lors de son réveille, de voir le jour se coucher. C’est dans un tel monde que vivent Will Salas (Justin Timberlake) et sa mère Rachel (Olivia Wilde). Après le décès tragique de cette dernière, Will se promet de combattre le système et de renverser l’ordre établi qui veut que les puissants de ce monde soient des êtres immortels. La rencontre inattendue de Will avec Henry Hamilton (Matthew Bomer) va permettre à notre jeune héro de mettre ses plans à exécution…

En trois long-métrages, le cinéaste néo-zélandais Andrew Niccol était parvenu à faire son nid dans le cœur des cinéphiles aimant combiner cinéma d’anticipation (et donc divertissant) & production impeccablement soignée et stylée. Avec son chef d’œuvre (au sens historique du terme !), "Bienvenue à Gattaca" (1998) et sa comédie soigneusement caricaturale et croustillante "Simone" (2002), Niccol avait donner le ton sur sa touche : une touche acidulée par une mise en scène mathématique, serrée, cadrée et rendue froide par ses tons bleutés et sa ligne claire. L’œil du cinéaste s’était, en 2006, réchauffé en partant sur les traces du trafiquant d’armes Yuri Orlov (Nicolas Cage) à l’occasion du non moins exaltant "Lord of War". Aujourd’hui, Andrew Niccol nous revient avec "In Time" (exploité chez nous sous le titre "Time Out"), une évocation de ses propres racines cinématographiques.

Ce dernier long-métrage parait, en effet, bien synthétiser l’essence même du cinéma de notre homme avec sa société futuriste modèle qui traîne, derrière elle, quelques jolis cadavres. Une société épurée où les règles du jeu sont aussi translucides qu’inhumaines et pourtant ! Comme dans l’incontournable "Gattaca", une jeunesse prometteuse et intègre va faire vaciller et tendre du côté de la passion ce château de cartes stérile. Inutile de préciser que les amateurs du cinéma de Niccol avaient toutes les raisons de se réjouir de cette nouvelle production marquant un lien de consanguinité presque mystique avec la première réalisation du cinéaste. Toutefois, la poésie aussi lyrique que mesurée de notre homme a apparemment, avec les années, perdu de sa superbe ! "In Time" ne réussit finalement pas à tutoyer "Bienvenue à Gattaca"… Mais pourquoi donc ?

Plusieurs réponses paraissent possibles. Premièrement, "In Time" souffre d’un séquençage nettement trop marqué dans son scénario : les deux jeunes protagonistes, campés par Amanda Seyfried et Justin Timberlake, sont amenés périodiquement à s’enfuir, souffler un brun pour repartir en fuite avant, de nouveau, de faire un break pour, finalement, repartir en déroute ! Au bout de plus de deux heures de film, cette lente litanie répétitive a le don de fatiguer le spectateur et, dans certains cas, de saborder tout le capitale sympathie justifié que l’on pouvait éprouver à l’entame de cette aventure.

Deuxièmement, les motivations du personnage central interprété par l’acteur chanteur Timberlake (à la fête en ce moment après s’être glissé, en 2010 et 2011, dans pas moins de six films dont "Sexe entre amis", "Bad Teacher" et "The Social Network") sont, par moment, contradictoires. Animé, tout d’abord, par un esprit de vengeance salutaire, Will Salas en vient rapidement à goûter au joie de l’immortalité et de la Jet Set avant finalement de tout perdre et de retomber, en compagnie de sa partenaire à l’écran, Amanda Seyfried, dans un schéma très Bonnie & Clyde !

Au regard de certains de ses actes (vers la mi-parcours du long-métrage), les dessins de Salas sont parfois difficile à saisir de même, dans une moindre mesure, que ceux de l’agent Raymond Leon, campé par Cillian Murphy. Là aussi l’"affrontement final", bien qu’honnête, a le don de crisper car laisse partiellement le public sur sa fin : tout ça pour ça, diront certains ! Avec une telle armature scénaristique et quelques choix stylistiques pas toujours assumés et aboutis, les éléments qui faisaient la réputation du réalisateur passent un peu moins bien : la froideur et l’épuration des décors traduisent ici davantage un manque de dimension qu’une claque visuelle. Chérissant à l’écran à nouveau des thèmes qui lui sont chers (la génétique, la sélection sociale, l’océan, la jeunesse, l’amour,…), le réalisateur néo-zélandais ne parvient cependant pas à faire prendre la mayonnaise… Du moins pas comme on l’aurait espéré !

Tout n’est pourtant pas à renier dans ce long-métrage qui demeure toujours un peu un O.V.N.I. en marge des productions que nous propose généralement le "sol américain". Soulignons un casting tiré à quatre épingles dans lequel on saluera la présence de la toujours envoûtante Olivia Wilde, de Matthew Bomer - le Gentleman cambrioleur de l’endiablante série "White Collar" - ou encore Alex Pettyfer qui, après avoir essuyé quelques revers en jouant les têtes d’affiche dans les médiocres "Alex Rider" et "Numéro Quatre", a enfin l’occasion de participer à un projet plus inspiré.

La bande originale composée par le toujours transcendantal Craig Armstrong n’y changera rien, "In Time" reste, à ce jour, le film le moins soigné et le moins abouti de la filmographie d’Andrew Niccol. Si celle-ci vous est inconnue, la démarche visant à l’approcher, en apéritif, avec cette aventure est louable… Mais pourrait aussi bien se révéler à double tranchant…
La bande-annonce…
Tags associés : Andrew Niccol, Amanda Seyfried, Cillian Murphy, Justin Timberlake, Olivia Wilde, Matthew Bomer, Alex Pettyfer, Nicolas Cage, "Bienvenue à Gattaca", "Lord of War", "Alex Rider", "Numéro Quatre"
Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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