24/07/2010

Bridget JONES aux Enfers

Le Cas 3982273178227317star_1_282273218227321

Travaillant pour la protection de l’enfance, Emily Jenkins (Renée Zellweger) ne manque pas d’occupations et a d’ailleurs fait une croix sur sa vie sentimentale pour mettre toute son énergie à sauver de jeunes enfants de situations périlleuses. Lorsque son patron (Adrien Lester) lui apporte un nouveau dossier, son trente-neuvième cas à traiter, Emily ignore qu’elle va plonger dans une aventure cauchemardesque qui dépasse allégrement l’entendement. Entre un couple qui tente d’immoler leur enfant, la petite Lillith (Jodelle Ferland), et une série de meurtres et de suicides inexplicables, les convictions de la jeune femme vont en prendre un coup ! Et si finalement l’acte horrible perpétré par Edward et Margaret Sullivan, les parents de Lillith, n’était que la meilleure solution de se débarrasser d’un Mal ancestral infernal ?

Renee Zellweger et Jodelle Ferland

Attendue sur un possible "Bridget Jones 3", l’actrice texane Renée Zellweger a, il est vrai, fait ses armes dans le registre de la comédie (souvent romantique d’ailleurs !). De "Jerry Maguire" à "Jeux de dupes", en passant par "Fous d’Irène" et les fameux "Journal de Bridget Jones", Renée s’est également octroyé quelques petits dérapages contrôlés, dans son plan de carrière fleur bleue, en apparaissant dans des intrigues plus sombres ou plus soutenues en charge dramatique à l’image des "Chicago", "Retour à Cold Mountain" ou encore "De l’ombre à la lumière"… Après avoir campé les filles un brun volage dans l’"Appaloosa" d’Ed Harris, voilà t’y pas que notre jolie petite blonde au visage poupon s’embarque pour un thriller surnaturel avec "Le Cas 39" (en V.O. "Case 39").

Ian McShane et Renee Zellweger

Dirigé par Christian Alvart - qui nous avait entraîné dans un agréable voyage spatial horrifique avec son "Pandorum" -, ce long-métrage surfe sur le thème des jeunes anges en culottes courtes possédés par une force démoniaque. Avec une belle petite maîtrise mais sans exceller au niveau des rebondissements (aussi bien sur le plan scénaristique que visuel), ce "Cas 39" s’installe donc confortablement dans l’ombre de la franchise "Damien" ("The Omen") et remet un peu au goût du jour celle-ci. Le résultat demeure toutefois assez classique et on est assez loin du certes inabouti, mais cependant "diablement" (c’est le cas de le dire !) plus excitant, "Les Châtiments" de 2007 ! Le film d’Alvart, récemment sorti en DVD - et qui n’a pas connu un grand succès en salle -, pêche au final par un manque d’ambition horrifique.

Renee Zellweger et Bradley Cooper

Prenant sans doute une trop grande aisance à placer la trame de fond dramatique de ses personnages principaux au début du film, Alvart et son équipe proposent aux spectateur d’entrer petit à petit dans une autre dimension : une autre dimension où l’enquête d’une jeune femme travaillant pour la protection de l’enfance vire au (petit) thriller paranormal… Un spectacle sans grande effusion de sensations fortes (tout est quasiment vu dans la bande-annonce) et c’est peut être justement là le ‘blem !? Restant assez superficiel et ne permettant pas réellement de sonder le cœur du problème (en l’occurrence la possession diabolique d’une petite fille), "Le Cas 39" joue trop largement la carte de la suggestivité timorée. Une aubaine sans doute pour un public plus impressionnable et sensible qui hésite souvent à tenter l’expérience de l’effroi ! Les amateurs de spectacles boostés au Gore seront, eux, nettement moins en veine.

Renee Zellweger

Heureusement, ce film peut profiter (et Dieu sait qu’il le fait à outrance !) du visage, ténébreux et inquiétant, d’angelot possédé affiché par la jeune actrice Jodelle Ferland. Cette dernière n’en est certes pas à son coup d’essai, elle qui a figuré notamment dans le "Silent Hill" de Christophe Gans ainsi que dans le "Tideland" de Terry Gilliam. Epaulée par deux acteurs qui ont récemment fait leur trou à Hollywood, Ian McShane et Bradley Cooper, Renée Zellweger trouve honorablement sa place dans les débats en jouant, en trois temps distincts, les héroïnes, les victimes et, pour terminer, les implacables liquidatrices d’enfants-démons. C’est peut-être sur cette troisième phase, qui correspond aux dernières dizaines de minutes du film, que "Le Cas 39" perd ses principales plumes.

Jodelle Ferland et Renee Zellweger

Défendant une moralité plutôt douteuse (mais on a peut-être déjà vu pire dans le genre !?), le Pitch de conclusion consiste en une succession de guet-apens visant à assassiner un petit démon en puissance. Assez ironiquement et maladroitement, Renée Zellweger endosse alors le costume d’un Vil Coyote au bord de la crise de nerfs, bien décidé à rivaliser d’ingéniosité pour liquider un Bip Bip frappé du signe de la Bête (Composez le 666 !) comme à la grande époque des cartoons Warner Bros. Ni fantastique, ni trop mauvais, "Le Cas 39" reste un gentil petit thriller qui mérite, au moins, le visionnage… Seulement si vous n’avez rien d’autre au programme.

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (1) | |

10/07/2010

La HORDE : les Zombies made in France

LA HORDE82273178227317822731782273218227321

"Allons apprendre aux zombies à chanter la Marseillaise !" C’est en quelque sorte le mot d’ordre principal de "La Horde", un film d’épouvante signé Yannick Dahan et Benjamin Rocher qui prend le pari (difficile !) d’importer les bons vieux zombies ‘ricains dans un exercice de style bien Frenchy… Pari réussi ? Dans la forme certainement, dans le fonds, par contre, "La Horde" tombe lourdement dans les travers scénaristiques bien connus de ce genre de divertissements… Le scénario, co-écrit par le routinier Nicolas Peufaillit ("Chrysalis", "Un Prophète"), se borgne à dépeindre le long chemin de croix d’une "coalition" improbable souhaitant ardemment quitter un HLM pris d’assaut par de voraces morts-vivants. L’originalité n’est finalement jamais au rendez-vous et on a surtout l’impression de voir une (bonne !) "photocopie" (pourrait-on dire un remake ?) de l’intrigue du "Zombie" (1978) - en V.O. "Dawn of the Dead" - de George A. Romero ; film, entre parenthèses, retravaillé en 2004 par le talentueux Zack Snyder...

Eriq Ebouaney (à gauche) et Jean-Pierre Martins (à droite)

C’est évidemment intéressant de dégommer des zombies dans l’espoir de quitter une tour inquiétante et insalubre mais "La Horde" ne va pas plus loin et n’offre aucune échappatoire possible à ses protagonistes - une belle brochette de sales gueules triées sur le volet -. Tout avait pourtant assez bien commencé : le (relatif) génie de nos metteurs en scène est de nous plonger, dans un premier temps, dans la vendetta - nerveuse, poisseuse et malsaine - d’improbables justiciers de la "Municipalité" bien décidés à faire un carton et à venger leur collègue et ami tombé dans l’exercice de ses fonctions. Jusque là, tout va bien… Puis l’arrivée d’une horde sanguinaire de zombies sonne la fin de l’originalité scénaristique (déjà !). La chasse est maintenant ouverte et le tir aux clays (Pardon ! … aux zombies) promet d’être sanglant et immoral.

La Horde

Heureusement, "La Horde" ne perd jamais cette copieuse et invective nervosité initiée dès les premières minutes. Ce long-métrage éprouvant et intense dans son esthétisme peut également compter d’un zÔli casting emmené par les mines "patibulaires" de Jean-Pierre Martins - ici au Look très "Le Mac" -, de Claude Perron ("Cortex", "Chrysalis"), d’Aurélien Recoing ("Contre-enquête", "L’Ennemi intime") et d’Eriq Ebouaney ("Le Transporteur III", "Cash", "Hitman", "Femme Fatale", "Lumumba") pour ne citer qu’eux ! Surfant tantôt sur la grosse artillerie (c’est toujours plus facile pour dégommer des cannibales d’outre-tombe) mais aussi sur d’impressionnants corps à corps - mention spéciale pour Claude Perron et Jo Prestia ("Le Mac") -, "La Horde" déploie assez d’adrénaline pour emballer un public acquis aux doux refrains de pétarades et des dialogues sommaires et - certainement pas - châtiés.

Claude Perron

Outre ce débordement jouissif de testostérone, Yannick Dahan et Benjamin Rocher s’octroient quand même le luxe (et ils ont bien raison !) de s’adonner quelque peu à l’humour noir et à une modeste réflexion sur le caractère bestiale qui se cache en chacun de nous… Si l’on reste un peu sur sa fin côté intrigue, le spectacle pur et dur déployé ici permet à "La Horde" de remplir son contrat : Après le GORifique "Frontière(s)" de Xavier Gens et maintenant avec "La Horde", le cinéma français prouve au monde du Septième Art qu’il n’est pas juste bon à accoucher de polars ou de vaudevilles… Mais ça, les défenseurs du "cinoche franchouillard multiculturel" le savaient déjà depuis longtemps !

Jean-Pierre Martins

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (0) | |