31/08/2010

KICK-ASS : coup de projo’ sur les supers héros

Kick-Ass

Disponible depuis peu en format DVD / Blu-Ray, "Kick-Ass" bien qu’il bénéficie d’un capital sympathie certain auprès de quelques quotidiens, ne devrait toutefois pas marquer les annales des grandes adaptations de Comics. Arrivé peut-être un peu tard après le "Watchmen" de Zack Snyder, le film de Matthew Vaughn présente toutefois une belle petite galerie de personnages brassant acteurs matures confirmés et jeunes pouces qui devraient rapidement décoller dans les tabloïds. Présentation sur le fil du rasoir…

Quand Nicolas Cage joue les Batman

Après avoir tenu des rôles assez "électriques" notamment dans "Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans", "A Tombeau ouvert" ou encore dans "Leaving Las Vegas", on savait depuis longtemps déjà que Nicolas Cage n’a pas foncièrement de plan de carrière et se laisse plutôt guider selon l’humeur du moment. Résultat des courses, Cage a toujours ses fans mais sa filmographie est qualitativement un peu (beaucoup) en dents de scie. Avec "Kick-Ass", notre acteur - campant pour l’occasion un ex-flic, père irresponsable et passionné par les grosses gâchettes - nous prouve une nouvelle fois qu’il ne craint pas d’interpréter des personnages assez… comment dire… "spéciaux" !

Kick-Ass

Face à lui, nous retrouvons Mark Strong... Assez intéressé par le cinéma de Guy Ritchie ("Revolver", "Rock’N’Rolla") et les adaptations historiques ("Tristan & Yseult", "Victoria : les jeunes années d’une reine"), notre acteur londonien a bien reçu les félicitations du jury, précisément, en interprétant un prince valeureux mais aussi égocentrique à l’occasion du "Stardust" de Matthew Vaughn. Un réalisateur que Strong retrouve justement ici avec "Kick-Ass". Depuis, 2006 et "Le Mystère de l’étoile", Mark Strong a peaufiné son interprétation du méchant pas beau avec de très belles affiches comme "Sherlock Holmes" (toujours de son ami Guy Ritchie) et le "Robin des Bois" de Ridley Scott. Pas de nuance ou de surprise avec "Kick-Ass" : Mark Strong tourne une nouvelle fois devant la caméra de Vaughn et campe, pour la énième fois, les vilains de service… Une gamme de rôles qui lui va, c’est vrai, à ravir !

Evan Peters, Aaron Johson et Clark Duke

L’impact de ces deux acteurs, Cage et Strong, sur "Kick-Ass" se concentre presque exclusivement autour des inspirations très polar - façon Gangsters et Vendetta - qui transpirent de ce long-métrage. Ce dernier explore toutefois encore plus le thème des adolescents fascinés par l’enivrant monde des supers héros. A ce titre, Vaughn et son équipe se sont offert les services de quelques bonnes bouilles du cinéma Teenagers de l’Oncle Sam. On pense principalement à Christopher Mintz-Plasse et à Clark Duke alors qu’un acteur comme Aaron Johnson n’avait jusqu’ici pas foncièrement fait parler de lui ! Mais ce serait bien triste de cracher sur une jeune révélation… A l’image également de la petite Chloe Moretz, Little "Veuve Noire" en puissance !

Christopher Mintz-Plasse

Si l’on vient surtout de découvrir Clark Duke avec "La Machine à démonter le temps" ("Hot Tub Time Machine") récemment sorti sur grand écran, la frimousse malingre de Mintz-Plasse n’est plus à présenter aux spectateurs qui ont vu les disgracieux "L’An 1 : des débuts difficiles", "Les Grands frères" ainsi que l’incontournable "SuperGrave". Ce casting volontaire et clairement orienté ne permettra cependant pas à cette aventure signée Matthew Vaughn de nous épargner quelques longueurs et finalement d’accoucher d’un "épisode" assez classique bien que le goût de la réalité choc et de la violence gratuite, déployé par le metteur en scène, constitue pour certains une forme d’"art cinématographique"… Vraiment, ça se discute ! Autant mettre des piments dans de la compote pour bébé !

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (0) | |

30/08/2010

KICK-ASS : le film qui fait tache !

Kick-Ass en DVD et Blu-Ray82273178227317822732182273218227321

Avec ce "Kick-Ass", nous sommes bien loin des parodies salaces et ironiques façon "Super Héros Movie" (2008)… Ce serait mal connaître le parcours du réalisateur Matthew Vaughn qui a souvent donné dans le "carnage" (producteur sur "Snatche" et "Carton rouge", réalisateur sur "Layer Cake") avant de dépoussiérer, avec cœur, le genre Heroic Fantasy en nous offrant avec son "Stardust" une compilation mi-boiteuse mi-excitante de tout ce que cette veine a pu nous donner en terme d’œuvres cinématographiques. Mais pour l’heure, Vaughn range ses sorcières, pirates, fées et autres preux chevaliers, pour s’attaquer à un autre thème que le cinéma exploite, pour le moment, avec une ardeur peu conventionnelle : les films de supers héros.

Aaron Johnson

En n’omettant pas le "Watchmen" de Zack Snyder qui, c’est vrai, a offert une nouvelle dimension à ce genre de divertissement, le "Kick-Ass" de Matthew Vaughn, dans sa formulation, s’attarde sur un angle d’approche très peu exploité jusqu’ici… Si de nombreuses adaptations de bandes dessinées ‘ricaines, à l’image des "Spider-Man" & Cie., se sont perpétuellement amusées à tenter de vulnérabiliser leurs super héros indestructibles dans le but de leur offrir quotidiennement de nouveaux challenges propices à soigner toujours un peu plus leur virtuosité, "Kick-Ass" suit cette trame en tranchant pourtant allégrement dans le vif ! Il n’est en effet ici pas question de suivre les mésaventures de prodiges chimériques boostés aux manipulations génétiques ou aux phénomènes paranormaux.

Nicolas Cage

Le film presque inclassable de Vaughn s’attarde plutôt sur le trip déjanté d’ados (plus que) vulnérables qui vont se prendre pour des super héros invulnérables ! Le résultat est sans aucun compromis à l’image d’une émission de cuisine animée par Hannibal Lecter. Matthew Vaughn, associé au scénariste Jane Goldman ("Stardust"), suit copieusement la ligne de conduite tracée par Mark Miller et John Romita Jr., les auteurs du Comic Book original dont s’inspire le film. "Kick-Ass" nous dépeint ainsi la poussée d’hormone de jeunes américains biberonnés, avec une trop grande assiduité, aux grandes valeurs, gadgets et épopées salvatrices véhiculés par les Comics.

Christopher Mintz-Plasse & Mark Strong

Tout en fantasmant sur les protubérances mammaires du corps enseignant de son école, en s’adonnant à la masturbation ainsi qu’aux pires humiliations lui permettant tout simplement de passer quelques moments privilégiés avec la fille de ses rêves, Dave Lizewski (Aaron Johson) décide de s’embarquer dans le trip super héros en devenant Kick-Ass. Malheureusement, plus que le goût de la justice et des victoires sur les crapules du quartier, notre jeune ami collectionne les coups de couteau dans l’abdomen et les ecchymoses à gogo. Reste que progressivement - par un tour de passe-passe plutôt invraisemblable - les inspirations vengeresques de Dave vont rencontrer celles de Damon Macready (Nicolas Cage) et de sa petite fille Mindy (Chloe Moretz). Les Macready ont en effet un compte à régler avec le truand Frank D’Amico (Mark Strong) qui, de son côté, élève dans le luxe un fils, Christopher (Christopher Mintz-Plasse), qui ne demande qu’à entrer dans le business "de papa" et si possible en arborant le super costume moulant d’un personnage tout droit sorti de l’imagination de l’illustre Stan Lee avec, en prime, la rutilantes bagnoles qui flashe bien !

Chloe Moretz

C’est certain : "Kick-Ass" porte une critique assez éclairée sur la fascination qu’exerce les supers héros sur les ados américain (et ceux du monde entier !?) ; fascination bien entendu garantie et alimentée par notre chère société de surconsommation à l’occidentale. Toutefois, l’élan sociologique de ce long-métrage reste méchamment contrebalancé par un traitement plutôt mièvre et souvent dérangeant. Mièvre car les plans de Matthew Vaughn se mordent un peu la queue en ne réussissant pas à éviter, à plusieurs reprises, les (gros) clichés du genre Comics. Dérangeant car le petit Padawan Matthew, orchestrant ses premiers pas dans ce monde de capes et de héros, choisit d’embarquer son récit - à l’image d’un Zack Snyder - dans l’ultra réalité en n’épargnant pas aux spectateurs répliques crues et quelques belles scènes sanguinolentes flirtant parfois carrément avec le Gore.

Nicolas Cage et Chloe Moretz

Si ce traitement passe encore sur des planches de B.D., sur pellicule, ce n’est peut-être pas gagné ! Restent cerise sur le gâteau du mauvais goût, les personnages de Damon et Mindy Macready, respectivement interprétés par Nicolas Cage et Chloe Moretz… Assurément le couple père/fille le plus percutant et dérangeant de cette dernière décennie cinématographique : ou quand un père, fasciné par les armes, tire volontairement sur sa fille pour parfaire son éducation d’héroïne en cape courte, ou quand cette dernière trucide Bimbos et truands à coup d’arme de poing et de sabre sanguinolent. Et ça vous fait rire tout ça ? Moi pas !

Matthew Vaughn, Aaron Johnson et Chloe Moretz sur le tournage de Kick-Ass

Bien que ce "Kick-Ass" se vendra en DVD comme un film de supers héros, le résultat obtenu démontre que cette aventure n’est pas de cette trempe ! Caricatural sans être éblouissant, taquin sans être hilarant (bien au contraire), "Kick-Ass" demeure incisif et percutant… mais peut être justement dans le mauvais sens du terme en glorifiant notamment une violence gratuite et nauséabonde. En terme de pure réalisation, par contre, le dernier "bébé" de Matthew Vaughn n’a certainement pas à faire rougir de honte son paternel ! C’est déjà ça !

Chloe Moretz

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (0) | |