12/11/2010

"TROP BELLE !" c’est trop BON !

She's Out of my League82273178227317822731782273178227321

Vendu comme ze énième comédie cradingue façon "American Pie", "Trop Belle !" (en V.O. "She’s Out of My League") a de quoi surprendre et possède certainement quelques jolis arguments pour réconcilier le public européen (notamment) avec cette grande nébuleuse que l’on nomme comédie ‘ricaine qui a pris le (mauvais) goût, depuis de nombreuses années maintenant, de nous servir - bien souvent - toujours les mêmes salades poussives, répétitives et rébarbatives ! Estampillé Paramount Pictures (ce qui peut s’apparenter au pire comme au meilleur), "Trop Belle !" apparaît, premièrement, comme une franche petite comédie de mœurs vraiment pas mal fichue avec un (méconnu) Jim Field Smith aux commandes.

Jay Baruchel et Nate Torrence

Ce dernier parvient à glisser, dans cette compilation amoureuse, quelques jolis plans alimentant ainsi l’image d’un film soigné. Dieu sait que les innombrables productions "Pie" n’ont pas toujours fait preuve d’une telle abnégation. Se faisant, "Trop Belle !" propose une histoire certes pas très originale - un gars/une fille et faites avec ça ! - mais bourrée d’assez d’inventivité et de fraîcheur pour nous faire passer un excellent moment ponctué, il faut bien l’admettre, de quelques bonnes séquences jubilatoires qui soignent les zygomatiques.

Nate Torrence, Mike Vogel, Jay Baruchel et T.J. Miller

Le scénariste de la récente "Machine à démonter le temps", John Morris, signe ici, avec quelques compères, une relecture assez intrépide de "La Belle et la Bête" transformée en "La Belle et le Pecnot". On ne reviendra pas sur notre Belle du jour, l’actrice londonienne Alice Eve ("Droit de passage") qui potiche juste comme il faut - A vous Messieurs de faire parler ou non vos hormones en face de ce minois qui ne manque pas d’expressivité !? -, mais on s’attardera peut-être davantage sur le Pecnot de service, l’impayable Jay Baruchel… Si la prestation de notre jeune ami pouvait apparaître comme l’un des maillons faibles (et surtout agaçants !) du dernier gros et imbuvable "Apprenti Sorcier", dans "Trop Belle !", Jay - qui jouait ce bien sympathique petit acteur-soldat dans le corrosif "Tonnerre sous les Tropiques" (2008) - a l’opportunité d’exploité son jeu de référence ; celui du timoré de service qui cultive une platitude de fer associée à un physique outrancièrement maigrelet.

Alice Eve

La dichotomie entre la Bimbo blonde et le chétif adulescent transit étant posée, il ne restait plus, à l’équipe de Smith, qu’à orchestrer une histoire d’amour incertaine entre ces deux "déracinés du cœur" que tout oppose… Si Molly (Alice Eve) est physiquement ravageuse et navigue dans les hautes sphères de l’évènementiel, Kirk (Jay Baruchel), pour sa part, a un boulot minable, assorti d’une situation familiale et sentimentale difficile… Pourtant, le hasard va lier nos deux héros qui, inexplicablement, vont se lancer dans une histoire d’amour passionnel… Cela va-t-il durer ?

Lindsay Sloane et Jay Baruchel

Alors que les motivations du personnage interprété par Alice Eve restent, par moment, tirées par les cheveux, "Trop Belle !" prend le choix de s’appesantir davantage sur la figure endolorie par la timidité de Kirk. Il faut dire que ce dernier est copieusement entouré par des seconds rôles masculins qui ont le don de dynamiser les débats. De T.J. Miller à Mike Vogel, en passant, bien évidemment, par l’inoubliable jeu de Nate Torrence, "She’s Out of My League" soigne l’absurde et le grotesque gentil en visant, par moment, juste en dessous de la ceinture avec quelques vannes plus potaches. Ce long-métrage n’en reste pas moins un divertissement attachant qui devrait également toucher la gente féminine attisée par la lutte entre Marnie (jouée par Lindsay Sloane) et Alice.

Jay Baruchel, T.J. Miller, Nate Torrence et Mike Vogel

Jouant en première division, "Trop Belle !" (re)donne ses lettres de noblesse aux comédies délurées américaines ; un sous-genre qui a souvent préféré, cette dernière décennie, privilégier la quantité à la qualité… Pourtant, les mésaventures sentimentales de Jay Baruchel prouve qu’avec un poil de concentration et de savoir-faire, on peut offrir au public l’occasion de rire... Sans, parallèlement, éprouver la sensation que l’on s’est fait rouler dans la farine !

La bande-annonce…

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Un SERIOUS MAN délicat et soigné… Enfin presque

A Serious Man82273178227317822731782273218227321

Film de tous les superlatifs dès sa sortie dans les salles obscures, "A Serious Man" des Frères Coen débarque maintenant en DVD / Blu-Ray. Le moins que l’on puisse écrire c’est que ce long-métrage est bien une création "made in Coen" : ça se sent presque à chaque saut de pellicule, tant le malicieux regard des frangins hors normes nous ballade dans une tragi-comédie douce-amère où la solennité ambiante côtoie une charmante routine qui se casse joyeusement la gueule tout en douceur ! Bercé par la musique instrumentale de Carter Burwell - un routinier des films des Coen -, "A Serious Man", avec une légèreté bienvenue, nous emmène par la main à la rencontre de Larry Gopnick (Michael Stuhlbarg), un professeur de physique juif qui, entraîné dans une spirale négative, va se prendre le mur presque sans broncher !

Michael Stuhlbarg

Alors que son fils, Danny (Aaron Wolff), préfère fumer de la Marijuana plutôt que de s’atteler à préparer consciencieusement sa Bar Mitzvah, Judith (Sari Lennick) - l’épouse de Larry - annonce à ce dernier qu’elle compte le quitter pour Sy Ableman (Fred Melamed), jeune veuf et, ce qui n’arrange rien, prestigieux collègue de Larry. Les choses se compliquent encore lorsque notre pauvre professeur est entraîné, à son corps défendant, dans un immonde chantage mis en place par l'un de ses étudiants. Ajoutez encore à cela que Larry est harcelé par un voisin extrémiste et par un frère maladif (Richard Kind) qui accumule les bourdes et qui viole par inadvertance la Loi tous les jours, et vous comprendrez que Larry est bien au bout du rouleau.

Amy Landecker et Michael Stuhlbarg

Littéralement paumé dans ces innombrables complications qui semblent s’allier contre lui, Gopnik décide de trouver une explication et une solution à ce chaos dans la Foi… Mais, à ce niveau-là non plus, ce n’est pas gagné ! Outre une brochette de seconds rôles assez attachante - pensons tout particulièrement à Richard Kind, Adam Arkin, George Wyner et à la sculpturale Amy Landecker -, "A Serous Man" bénéficie tout particulièrement de l’impeccable performance de Michael Stuhlbarg, un premier rôle succulent et truculent qui concentre dans son faciès et dans son expressivité vocale la clé d’un véritable syndrome de la persécution tricoté avec malice et ironie par Ethan et Joel Coen.

Michael Stuhlbarg et Fred Melamed

Soignant donc l’ironie sans jamais se vautrer, ni même flirter, avec le ridicule ou la caricature facile, nos réalisateurs (également scénaristes et producteurs sur ce long-métrage) prouvent, après de nombreux succès déjà, qu’ils n’ont toujours pas perdu la main. Succédant à un décevant "Burn After Reading" (2008) et l’oscarisé "No Country for Old Men" (2008), "A Serious Man" sonne définitivement le temps de la maturité pour les Coen. Une maturité qui n’exclue certainement pas tendresse et humanité ! Loin de là ! Reste peut-être pour soigner l’imperfection de toute chose - même d’un film qui aurait pu se revendiquer comme un "chef d’œuvre" à en croire certains -, une fin ouverte abrupte qui semble davantage traduire un manque d’inspiration peinant à clôturer, dans les règle de l’art, cette intrigue fonctionnant en mode électron libre…

Richard Kind et Aaron Wolff

Dommage : pour le coup, plusieurs spectateurs resteront sur leur faim et garderont un petit goût amer en bouche. Où serait-ce plutôt l’affirmation d’une totale (et indépendante) liberté créatrice manifestée par les Coen, capables, par exemple, d’introduire leur film par une petite saynète qui, bien que sans rapport avec le corps du long-métrage, est à la fois déconcertante et juteuse… Les amateurs se souviendront peut-être du sketch inaugural du "Sens de la vie" (1982) des Monty Python… Du côté des Bonus disponibles sur le DVD et Blu-Ray de ce "Serious Man", on notera l’existence de quelques petits Making-off sympathiques dans lesquels les différents protagonistes du film sont invités à commenter les scènes-clés de cette aventure ainsi que tout le travail consistant à recréer l’atmosphère de l’Amérique des années 60.

Michael Stuhlbarg

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (0) | |