02/08/2012

Tucker & Dale vs. Evil : le "Survival Horror" inversé

Tucker and Dale vs Evil

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Il est toujours agréable de se faire plaisir en regardant un long-métrage pour lequel on n’aurait pourtant pas oser parier 5 cents… Ca s’appelle faire une "belle découverte" ! En ce sens, "Tucker et Dale fightent le mal" (en V.O., "Tucker & Dale vs. Evil") pourrait bien enthousiasmer les amateurs de films d’horreur qui, en ce mois estival, n’ont malheureusement pas grand-chose à se mettre sous la dent… Heureusement, cette comédie sanguinolente signée Eli Craig présente un assez bon potentiel pour permettre aux fans de Survival Horror - mais aussi aux consommateurs de "Séries B" déjantées - de passer une bonne petite heure et demi d’honnête déconnade.

Alan Tudyk et Tyler Labine

Attention, précisons toutefois que cette production n’arrive jamais réellement à tutoyer le "podium" occupé par le "Shaun of the Dead" (2004) d’Edgar Wright et, dans une moindre mesure, le "Lesbian Vampire Killers" de Phil Claydon. Cependant, "Tucker & Dale" dispose d’un assez attrayant concept pour paraître plus que sympathique. Pour son premier long-métrage, Eli Craig met en scène l’anti-film d’horreur dans lequel des ados issus (le plus souvent) de la bourgeoisie urbaine US s’offrent un petit séjour dans l’Amérique profonde pour, finalement, terminer empalés sur la fourche d’un Serial Killer attardé et, le plus souvent, cannibale.

Chelan Simmons

Craig s’amuse ici à tourner en dérision ce synopsis poussif et récurrent utilisé dans de nombreux longs-métrages horrifiques américains. Citons, de mémoire, "Détour mortel" ("Wrong Turn"), "La Maison de Cire" et, bien entendu, les cadors de la catégorie : "Vendredi 13" et "Massacre à la tronçonneuse". Vous l’aurez compris, par un improbable imbroglio, ce sont bien nos jeunes et beaux garçons (bodybuildés) de bonne famille ainsi que nos séduisantes Bimbos délurées qui vont devenir de véritables menaces pour l’intégrité physique de Tucker et Dale… Deux pauvres simplets de la cambrousse qui n’avaient rien demandé à personne !

Alan Tudyk

Inexorablement "Tucker & Dale vs. Evil" soigne les clins d’œil qui défilent à la pelle : des précédemment cités "Massacre à la tronçonneuse" à "Vendredi 13", sans oublier "Evil Dead" et, même, le "Fargo" des frères Coen. En contrepartie (et c’est bien logique !), ne venez pas chercher ici une performance d’acteur digne de celle de Marlon Brando dans "Apocalypse Now" ! La partition potache des protagonistes est volontairement (du moins on l’espère !) poussée à son paroxysme… Les rebondissements, eux, sont aussi surprenants que fantasmagoriques ! Cela n’a toutefois pas empêché "Tucker & Dale" de se distinguer dans plusieurs festivals à commencer par celui de Sundance en 2010. Prix du "Meilleur premier film" aux festivals de Fantasia et Sitges & du "Meilleur réalisateur" au Fantaspoa, "Tucker & Dale" a également été présenté, cette année, au festival de Gérardmer.

Eli Craig (à gauche) sur le tournage de Tucker and Dale

Une belle récompense pour Eli Craig et son compère à la plume, le scénariste Morgan Jurgenson ; eux qui ont dû essuyer quelques revers avant, finalement, de réaliser ce premier film. Devant la caméra, on notera les apparitions d’Alan Tudyk (alias Tucker), un acteur habitué à se plonger corps et âme dans des comédies délirantes. On se souviendra notamment de sa participation au film "Dodgeball" ("Même pas mal !"), en compagnie de Vince Vaughn et Ben Stiller, ou encore de la petite et truculente comédie So British de Frank Oz, "Joyeuses funérailles" (2007). De son côté, Tyler Labine (alias Dale) s’est plutôt fait les dents sur le petit écran américain, au même titre que Katrina Bowden, l’héroïne de ce film, star récurrente de la série "30 Rock" & prochainement à l’affiche de "Piranha 3DD" et de "Nurse 3D", deux longs-métrages qui promettent quelques belles giclées Gore !

Tyler Labine et Katrina Bowden

La bande-annonce…

Tags associés : "Shaun of the Dead", "Lesbian Vampire Killers", "Vendredi 13", "Joyeuses funérailles", Edgar Wright, Frank Oz, Vince Vaughn, Ben Stiller

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (2) | |

10/01/2012

Cameron DIAZ en Very Bad Teacher

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Séduisante, certes, mais professionnellement peu engagée (c’est le moins que l’on puisse dire !), Elizabeth Halsey (Cameron Diaz) a une technique d’enseignement bien à elle : elle passe, à longueur de journée, des films à ses élèves… La pédagogie n’est pas le point fort d’Elizabeth au contraire de sa folie dépensière. Mais ce n’est pas avec un salaire d’enseignant que l’on peut mener la vie de château. Un seul objectif comble ainsi la vie de notre professeur de choc : vivre aux dépens d’un riche et bel homme. Pour parvenir à ses fins, Melle. Halsey privilégie un angle d’attaque bien précis : passer à la chirurgie esthétique et se refaire la poitrine ! Elizabeth va ainsi mettre tout en œuvre pour réunir la coquette somme qui lui permettra de passer aux prothèses même si pour cela elle doit rivaliser d’ingéniosité et de sournoiserie... Même si pour cela elle doit devenir une enseignante modèle ! Ce n’est pas gagné !

Cameron Diaz

Petite satyre qui ne casse, finalement, pas les briques, "Bad Teacher" porte très bien son nom au risque même de frôler l’appellation "Bad Movie". Le réalisateur Jake Kasdan qui s’est fait les dents dans le petit monde des séries TV, tire dans tous les sens - et principalement vers celui des vannes gonflantes -, pour essayer, difficilement, de maintenir sa création à flot. Kasdan reste, c’est vrai, mal épaulé par une équipe de scénaristes (Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky, déjà à l’origine de l’intrigue du trop modeste "L’An 1 : des débuts difficiles") qui ne parvient à aucun moment à donner du relief à ce long-métrage tout juste bon à épuiser les ficelles du genre "Mésaventures scolaires". A ce titre, Eisenberg et Stupnitsky nous resservent, sans la moindre vergogne, de vieilles situations devenues, aujourd’hui, plus que vétustes et surexploitées. "Bad Teacher" ose ainsi nous refaire, durant la majorité du film, le coup du prof’ qui dort en classe (Cf. l’excellent "School of Rock" de 2003). Pire encore, pour la énième fois, Hollywood nous ressort de ses vieux tiroirs la scène du Car Wash torride ; une séquence déjà pastichée à foison dans, pour ne citer qu’eux, "Norbit" (2007) et "Même pas mal !" (2004). N’oublions pas non plus le cours de Lettres façon Education physique comme du côté du "Cercle des Poètes disparus" (1989).

Cameron Diaz au Car Wash

Nos scénaristes ont donc bien revisité leurs classiques mais... Dans un enchaînement peu rythmé, fait de bric et de broc, "Bad Teacher" prend rapidement de faux airs de long et agaçant clip vidéo soutenu par une bande son parfois éreintante signée Michael Andrews. Ajoutons, pour terminer, une galerie au combien caricaturale d’enseignants Has-Been - "The Faculty" (notamment) s’était déjà attelé à la tâche de manière bien plus subtile - aux attitudes poussives et bourrés de tics disgracieux ! La palme revient certainement à l’actrice Lucy Punch interprétant la collègue névrosée et psychotique… Titre convoité également par Phyllis Smith dans la peau de l’indécise enseignante supra-timide qui ne sais pas dire non ou, n'oublions pas non plus Jilliam Armenante obligée de camper la Prof’ lesbienne (bien entendu !) d’Education physique. Vous avez dit « clichés » ?

Cameron Diaz et Phyllis Smith

Résultat : cette petite heure trente de comédie douteuse et jovialement infantile se centre presque exclusivement autour du personnage interprété par Cameron Diaz. Le gros problème (encore un !?) est que notre anti-héroïne demeure très peu nuancée. Dans ce récit linéaire et trop patchwork, Diaz se surprend à continuellement jouer les infâmes mégères ; on a donc vite fait le tour d’Elizabeth Halsey - qu’elle soit "gonflée" ou non par ses prothèses mammaires - : un personnage creux et trop lisse pour enflammer les foules. Outre un jeu s’appuyant sur quelques grimaces, on a l’impression qu’il ne reste plus, à notre actrice, reine des comédies "Jackpot", "The Holiday" et, Of Course, "Mary à tout prix", que sa plastique pour susciter un intérêt potentiel ?

Cameron Diaz, Jason Segel et Justin Timberlake

Si la compétition sans pitié entre le personnage de Cameron et celui de Lucy Punch parvient à proposer un certain élan à cette partition bancale, plusieurs autres notes sonnent donc fausses… À commencer par les pathétiques idylles amoureux d’Elizabeth, à la recherche du jeune milliardaire ; ou encore par les rapports prof/élèves finalement très peu développés et demeurant inaboutis. En conclusion, cette pseudo-comédie ne fera certainement pas date dans l’histoire du cinéma bien qu’elle porte en son sein le nom vendeur de Cameron Diaz, peu inspirée dans le choix de ce rôle assez plat et terne. On saluera peut-être la prestation enfin contenue de Jason Segel qui livre, ici, un second rôle lui permettant de travailler la légèreté plutôt que la surdose d’excentricité. Passons sur les quelques apparitions de Justin Timberlake qui aurait dû se méfier avant de suivre son ex-compagne (Diaz, pour ne pas la citer) dans les méandres de ce titre finalement peu emballant !

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (6) | |