23/07/2010

PREDATORs : le retour aux affaires

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Apparemment Hollywood s’est finalement lassé de la petite franchise "Alien vs. Predator" qui avait pour but, à l’origine, de marquer l’éblouissante rencontre entre deux "monstres" sacrés (au sens premier du terme !) du cinéma d’anticipation américain. C’est vrai que l’on a déjà vu mieux en matière d’"éblouissante rencontre" & aujourd’hui, le talentueux Robert Rodriguez qui se coiffe, pour l’occasion, des casquettes de producteur et de co-scénariste, a décidé de restaurer (ou de "dépoussiérer", c’est selon) le mythique "Predator" de 1987 emmené par Arnold Schwarzenegger sous la houlette de John McTiernan. Car en effet, notre nouveau "Predators" - n’oubliez pas le "s" à la fin ! - se revendique clairement comme le digne héritier de la saga "Predator" ; laissant sur le carreau deux "AVP" prenant un peu quand même la poussière sur les rayonnages DVD… Plus encore, Rodriguez et sa fine équipe vont même jusqu’à gommer l’existence du "Predator 2" (1991) de Stephen Hopkins qui sonnait un peu le glas d’une prometteuse saga musclée et sanguinolente.

Adrien Brody et Alice Braga

Fleurissant de références plus ou moins appuyées au film initial de ’87, "Predators" ne fait pas dans la dentelle et plonge le spectateur directement dans le feu de l’action… Parachutée on ne sait où et par qui (?), une bande d’assassins et de mercenaires se retrouvent contrat de collaborer s’ils veulent survivre à un drôle de guêpier. Croisant, durant leurs pérégrinations, d’étranges fauves dressés par d’impitoyables Aliens, notre équipe de choc va rapidement en venir à la conclusion qu’elle a été catapultée sur une planète étrangère… Une planète qui se révèlera être un terrain de chasse gigantesque et mortellement dangereux… C’est en quelques sortes le principe du chasseur chassé ! Une donnée qui avait justement servi de fil conducteur au tandem Jim et John Thomas à l’origine de la saga.

Predators : Quoi ma gueule ?

En 1987, le principe était de conter l’affrontement entre les meilleurs hommes surentraînés de la Terre - en l’occurrence des soldats américains (Aaaaah, ces douces années ’80 !) - et un super chasseur extraterrestre. En 1990, l’on passait de la jungle à l’enfer urbain : dans une ville moite et gangrenée par la violence ultime, les Predators avaient trouvé un nid propice pour assouvir leur passion… Aujourd’hui donc, en 2010, une poignée de liquidateurs terrestres, triés sur le volet, est conviée à une petite partie de chasse à l’autre bout de la galaxie. Même si ce synopsis a tendance à nous laisser rêveur, on craint toutefois, durant la première partie de ce "Predators", d’avoir fait le déplacement pour une banale chasse aux sangliers dont on aurait appliqué le syndrome hollywoodien préconisant les mots suivants : "Moins de sang et moins de violence pour contenter le plus grand nombre !"

Predators

Heureusement, la narration de ce film - dirigé par Nimrod Antal ("Motel", "Blindés") - monte progressivement en puissance, en affichant successivement de belles petites surprises du chef comme l’arrivée aussi inattendue que bienvenue de Laurence Fishburne, par exemple, ou encore le caractère évolutif de certains protagonistes… Certains d’entre eux décident finalement d’opter pour le camp des Predators, d’autres s’associent au parti des humains ou… décident de poursuivre l’aventure en se laissant guider par leurs propres inspirations destructrices.

Adrien Brody et Laurence Fishburne

Si la sauce prend finalement au niveau de l’intrigue et des références aux premiers volets, "Predators" est à plébisciter également pour son casting. Optant pour une distribution large et étonnante, les producteurs n’ont pas opté pour le choix d’une super star - à la Arnold Schwarzenegger par exemple ! - reléguant le reste de la distribution à l’échafaud et compromettant certainement le capitale survie de l’intrigue. Constitué principalement par de talentueux acteurs vus dans d’autres registres ou d’incontournables belles gueules du cinéma d’anticipation (Pensons tout particulièrement à notre ami Danny Trejo ou à Oleg Taktarov), ce casting met principalement à l’honneur l’étonnant et radieux Adrien Brody qui s’est déjà mesuré, dans le passé, à l’une des belles bêtes d’Hollywood : "King Kong" (2005).

Adrien Brody et Alice Braga

Soignant un profil bas et ténébreux, rehaussé par une carrure joliment gonflée à bloc pour les besoins de ce film musclé, Brody se la joue tueur furtif qui cache (peut-être ?) une once d’humanité sous des couches et des couches de détermination féline, cartésienne et diablement effilée. Suivent de très prêt la star du "Pianiste" (2002) de Roman Polanski, Alice Braga ("Crossing Over", "Je suis une légende") et Topher Grace (toujours un régal !) lui qui jouait, il y a peu, le coriace adversaire de l’homme araignée dans "Spider-Man 3". N’oublions pas également l’apparition furtive mais - au niveau de la rythmique de l’intrigue - salvatrice de Laurence Fishburne, le Mister Morpheus de la saga "Matrix". Mention spéciale également pour Walton Goggins et Mahershalalhashbaz Ali.

Topher Grace

Rondement mené, ce troisième "Predator" constitue une très belle renaissance pour une franchise restée incontournable dans le cœur des amateurs d’anticipation abrupte et cela malgré de relativement pâles "Predator 2" et "AVP’s" ! Y’a pas à dire mais ces Predators n’ont pas fini de s’attaquer à la race humaine et c’est tant mieux ! Du gros cinéma d’action fantastique et horrifique comme l’aiment les spécialistes de la maison avec quelques bons coups de poker scénaristiques et une brochette d’acteurs plus qu’alléchante… "Predators" est peut-être bien le film de science-fiction de cet été… Peut-être même de l’année !?

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

16/07/2010

Katherine Heigl perd la forme…

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Enfilant, à vitesse régulière, les bonnes petites comédies - à visionner entre amis ou en couple - Katherine Heigl est déjà de retour sur grand écran avec une nouvelle comédie d’action intitulée "Kiss & Kill"… Un long-métrage qui nous fait à coup sûr redescendre sur terre : oui Katherine Heigl reste une personne comme une autre ; une personne capable de porter des montagnes mais aussi pouvant courber le dos devant l’adversité… Et oui, Katherine Heigl peut aussi tourner dans un film plus que moyen !

Alors qu’elle vient juste de rompre avec son petit ami du moment, Jen (Katherine Heigl) part en voyage à Nice avec ses parents (Tom Selleck et Catherine O’Hara). La jeune femme compte bien profiter de ces vacances pour oublier mais aussi éviter le plus souvent possible de se retrouver dans le sillage de ses géniteurs. Tout va changer lorsque Jen fait, par hasard, la connaissance de Spencer (Ashton Kutcher) un beau et charmant américain qui passe, apparemment, lui aussi des vacances ensoleillées en France. Très vite, nos deux tourtereaux vont roucouler ensemble jusqu’à décider de se marier… Toutefois, il y a un petit détail que Jen ignore au sujet de son nouveau Jules : celui-ci est en fait un assassin qui vient juste de raccrocher ! Trois ans après leur rencontre, le lourd passé de Spencer va finalement remonter à la surface… Un inconnu a lancé, sans raison apparente, un contrat sur la tête du jeune marié. Tout en évitant les balles d’une pléiade de tueurs, Spencer va devoir gérer également les sautes d’humeur de Jen qui digère assez mal la nouvelle… Et ça peut se comprendre !

Katherine Heigl et Ashton Kutcher

Ce "Kiss & Kill" (en V.O. "Killers") s’inscrit pleinement dans la grande résurrection que mène en ce moment Hollywood… Résurrection vous avez dit ? Oui, en effet, intercalé entre les "Crazy Night" ("Date Night") - avec Steve Carell et Tina Fey - et "Knight and Day" - emmené par le tandem de choc Tom Cruise/Cameron Diaz, "Kiss & Kill" marque le grand retour à l’avant scène des comédies d’action américaines. Il est toujours intéressant, dans ce genre de production, de connaître la dose exacte qui est opérée entre, justement, ces deux composantes : l’action et l’humour… Dans le cas présent, il est vraiment dommage de constater que ce film ne trouve jamais l’occasion de mêler habilement ces deux genres ! Ce n’est pas faute pourtant de s’être offert les services, derrière la caméra, du réalisateur Robert Luketic qui nous avait pourtant bien emballé, ces dernières années, avec son "Abominable vérité" et le palpitant "Las Vegas 21".

Ashton Kutcher et Katherine Heigl

Nettement moins rayonnante qu’habituellement, Katherine Heigl apparaît clairement ici impuissante face à la pauvreté du scénario et par ce manque de rythme des plus agaçants ! Ashton Kutcher, pour sa part, et cela malgré ses biscotos, joue - comme à son habitude ? - avec une assez prononcée "platitude"… Même l’apport, pourtant alléchant, des revenants Tom "Magnum" Selleck et Catherine O’Hara ("Maman, j'ai raté l'avion") ne permet jamais à ce modeste divertissement de décoller réellement. Alors que Catherine O’Hara rempile, une nouvelle fois, dans le rôle de l’alcoolique désabusée (une performance, c’est vrai, qu’elle sait tenir à bout de bras pour notre plus grand plaisir), Mister 'Magnum' joue littéralement à la Guest Star tout juste bonne à rehausser un peu la pauvreté des débats grâce à son intouchable aura.

Ashton Kutcher et Tom Selleck

C’est malheureusement aussi flagrant qu’une mouche verte posée sur une tarte au citron, mais la principale difficulté rencontrée par le réalisateur Robert Luketic a été le manque d’imagination ne permettant pas de doser habilement des scènes trépidantes d’action et d’autres temps laissés pour les franches rigolades. Le spectateur se retrouve ainsi devant un film qui n’est ni amusant (à l’exception de quelques petits sourires esquivés) ni franchement emballant côté suspense (la maigreur, rappelons-le, de l’intrigue en est pour quelque chose !)… Un comble pour une production qui voulait flirter avec les deux genres. Même s’il pêchait sérieusement dans le registre de la bonne humeur, le "Mr. & Mrs. Smith" (2004) de Doug Liman avait au moins le mérité de correctement exploiter ses scènes à rebondissement.

Ashton Kutcher est Spencer Aimes

Mais alors, tout est-il réellement noir au pays des mariages badinant avec le mensonge ? La réponse est heureusement non ! Pour les cinéphiles emprunts de magnanimité, ce "Kiss & Kill" devrait être perçu, par ceux-là, comme un honorable divertissement… Un honorable divertissement qui peut compter sur la gentille bouille de deux belles têtes d’affiche, sur les moustaches retrouvées de notre ami Tom (qui les avait perdues en 1997 pour le besoin du film "In & Out") ainsi que sur le jeu enivr-ogne- (… euh enivrant !) de Catherine O’Hara. "Kiss & Kill" reste cependant une (trop) modeste comédie du genre de celles qui nous rappellent pourquoi nous devons malheureusement parfois nous méfier de certains "produits" qui nous arrivent des States !

Ashton Kutcher (à gauche)

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |