09/02/2008

Chambre 1408 : L’Antre de la folie

Chambre 1048

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Romancier, Mike Enslin (John Cusack) ne croit pas aux fantômes, pourtant il en vit & leurs consacre un guide : le guide des hôtels hantés américains. Dans cet ouvrage, chaque lieu de résidence se vantant d’avoir une chambre hantée est passé au crible. Inutile de vous préciser que Mike n’a jamais rencontré le moindre revenant… Mais ça va changer ! Recevant un jour une carte postale anonyme, Enslin est intrigué par le message qu’elle contient : "N’entrez surtout pas dans la chambre 1408" de l’Hôtel Dolphin (New York). Après enquête, Mike apprend de la bouche du directeur de ce "Palace", Mr. Olin (Samuel L. Jackson), que plus de 50 personnes se sont données la mort dans cette fameuse chambre. Malgré les mises en garde d’Olin, le romancier est bien décidé à passer une nuit dans la suite…

John Cusack

Matinée d’un sens aigu pour les "Légendes urbaines", la première partie de "Chambre 1408" respire l’angoisse à plein nez & promet beaucoup. Avant que le héros du film, Mike Enslin, ne pénètre dans cette véritable chambre de l’horreur, un intense sentiment malsain gagne le spectateur. Ajoutez-y en plus un synopsis accrocheur, des dialogues intelligents, une touche certaine de sensationnel, (très) obscure, & un Samuel L. Jackson des plus convaincants en patron d’un prestigieux hôtel qui aimerait éviter un nouveau drame dans la chambre 1408.

Samuel L. Jackson

Toutefois, on regrettera que, quand la porte se referme sur Enslin et que celui-ci se retrouve bloqué dans la 1408, la trame horrifique de ce film, signé Mikaël Hafstrom, retombe fortement pour laisser plutôt place à un drame psychologique. En effet, enfermé dans un espace clos très kafkaïen, John Cusack, une nouvelle fois très en forme, se retrouve à lutter contre les fantômes de son passé…

John Cusack

Il n’est pas question donc ici de débordement Gore et d’apparitions spectrales sanguinaires - malgré ce que laisse supposer la première partie du film (!) -, mais plutôt d’une introspection tendue dans l’esprit d’un homme qui a passé son existence à enfouir au plus profond de lui ses peurs et ses peines. Ce traitement, mêlant psychologie et psychose, n’est pas nécessairement déplaisant mais certains spectateurs pourraient toutefois se sentir duper par la "marchandise" !

Mary McCormack

Tiré d’une nouvelle de Stephen King, "1408" tourne - toujours dans sa seconde partie - rapidement en rond et l’on peut soupçonner un scénario assez modeste comblé, il est vrai, par une bonne mise en scène et une bonne interprétation de John Cusack. Livré à lui seul durant une grande partie du film, ce dernier tient le coup sans problème devant la caméra, méthodique et inspirée, d’Hafstrom.

John Cusack

Après avoir fait preuve d’un peu de dérision et de nonchalance, John Cusack plonge corps et âme dans un registre qu’il a rarement fréquenté : le drame sentimental combiné à de la folie morbide. A ce petit jeu-là, notre acteur s’en sort assez bien même s’il ne transcende pas pour ainsi dire l’écran. Pour sa part, Samuel L. Jackson (peu présent à l’écran) profite des apparitions qui lui sont offertes pour composer un personnage naviguant entre l’homme d’affaire sombre et froid & l’ange gardien (?) policé.

Samuel L. Jackson

Rehaussé par une intro magnifiquement sombre et angoissante, "Chambre 1408" choisit de tourner quelque peu le dos à l’horreur pour virer vers le drame psychologique… Qu’on se le dise ! Malgré ce "revirement" pas toujours très emballant (surtout pour les stricts amateurs de frisson), "1408" a quelques belles cartes à abattre & demeure un bon thriller qui laisse derrière lui une certaine sensation inquiétante ou du moins malsaine… Pour un film prétendu horrifique c’est déjà pas mal !

John Cusack

Les fans de John Cusack seront aux anges ; ceux de Jackson également même s’il est vrai que les apparitions de ce dernier sont comptées. On pouvait craindre franchement pire surtout quand on sait que le réalisateur Mikaël Hafstrom avait auparavant mis en scène le très moyen "Dérapage" !

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

04/02/2008

Thank you for JUNO

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Non, je ne vais pas vous parler du "Juno and the Paycock" d’Alfred Hitchcock de 1930, mais du tout nouveau film du cinéaste Jason Reitman qui avait récemment ravi nos zygomatiques avec l’étonnant et croustillant "Thank You for Smoking" ! La nouvelle petite bombe "indépendante" de Reitman s’intitule "Juno"...

Juno (Ellen Page) est une jeune fille de 16 ans, issue d’un milieu modeste, qui n’a pas sa langue dans sa poche & qui, comme d’autres filles de son âge, se cherche toujours… Un évènement pour le moins inattendu va bouleverser la vie de notre héroïne : Juno va tomber enceinte. Enceinte ! Et alors ? Refroidie à l’idée d’avorter, Juno décide finalement d’"offrir" son futur bébé à un couple "idéal" désespéré à l’idée de ne pas avoir d’enfant. Mais ce "programme" apparemment simple et bien orchestré ne va pas être si facile à tenir. Une aventure, longue de 9 mois, faite de hauts et de bas, attend notre jeune Juno…

Ellen Page

Mettant au placard l’ironie dévastatrice de son "Thank You for Smoking", Jason Reitman propose toujours une réalisation des plus inventives et parfois décalée pour mettre en image une histoire directe, franche et d’une rare sincérité. Cette débordante sincérité, on la doit beaucoup à la performance de l’actrice principale Ellen Page, vue dans la peau de la Mutante Kitty Pryde dans "X-Men 3".

Ellen Page

Attachante, vive et intuitive, Ellen campe une adolescente des plus solides qui laissera pourtant exploser ses sentiments au fil de l’intrigue. Cette dernière a également l’occasion de donner le change à d’autres très bons acteurs - qui jouent, en général, toute en nuance et en sobriété - comme Michael Cera ("SuperGrave") ou le couple Jennifer Garner/Jason Bateman récemment à l’affiche du "Royaume" aux côtés de Jamie Foxx.

Jason Bateman & Jennifer Garner

Mention spéciale également pour l’inévitable J.K. Simmons ("Spider-Man", "Thank You for Smoking") qui troque ici son éternel rôle de grincheux colérique pour celui d’un père à la fois dur et tendre & toujours prévenant. Une interprétation qui lui change et qui fait du bien !

Ellen Page & J.K. Simmons

Sans jamais déraper dans le vulgaire ou le malsain, "Juno" s’émancipe en passant d’une comédie dramatique sur une ado' enceinte à une belle et profonde histoire d’amour. Un élan de générosité et d’affection qui fait du bien ! Distrayant et touchant à la fois, on avait plus vu pareil spectacle depuis quelques temps déjà !

Michael Cera & Ellen Page

La bande-annonce…

Un extrait…

Juno aux Oscars…

Ellen Page & Olivia Thirlby

Les récompenses affluent pour "Juno" et ce n’est vraiment pas immérité ! Ellen Page et la scénariste Diablo Cody ont respectivement reçu les prix du "Meilleur espoir féminin" et du "Meilleur scénario" aux "Satellite Awards". Tandis que les Festivals de Rome, de Saint-Louis et de l’Alpe-d’Huez décernaient au long-métrage de Jason Reitman le prix du "Meilleur film", le Festival de Stockholm lui a accordé le "Prix du Public".

Jason Reitman

On croise bien entendu les doigts pour "Juno" lors de la prochaine cérémonie des "Oscars". Ce film est nominé dans les catégories du "Meilleur film", de la "Meilleure actrice" (pour Ellen Page), du "Meilleur réalisateur" (Jason Reitman) et du "Meilleur scénario original" (Diablo Cody) !

Juno & John Malkovich…

L’acteur John Malkovich ("Johnny English", "Eragon", "Beowulf") est co-producteur sur "Juno". Ce n’est pas la première fois que notre homme officie dans cette fonction. Il avait, par exemple, en 2006 produit "Rochester, le dernier des libertins", avec Johnny Depp dans le rôle titre.

Ellen Page

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |