12/02/2008

CLOVERFIELD, mon avis…

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"Cloverfield" prend le pari insensé (?) de combiner le film à la première personne - façon "Blair Witch Project" - et le blockbuster catastrophe dans le genre de "Godzilla". Projet à la fois risqué et diablement excitant, "Cloverfield" vous comblera d’angoisse mais pourrait aussi vous refroidir !?!

Tout commence par l’organisation d’une fête : Rob (Michael Stahl-David) va bientôt quitter New York pour un nouveau boulot au Japon. C’est l’occasion idéale pour ses meilleurs amis de lui préparer une superbe fête. Lily (Jessica Lucas) souhaite que Rob conserve un souvenir mémorable de cette soirée. Elle convainc Jason (Mike Vogel), son fiancée et frère de Rob, de se balader au cours de cette fête pour tout filmer & pour permettre aux personnes présentes de transmettre leurs amitiés à Rob. Jason arrive à embrigader Hud (T.J. Miller) pour le remplacer dans cette mission fastidieuse… Cette soirée d’adieu prend vite une tournure peut réjouissante quand l’ex-copine de Rob, Beth (Odette Yustman), débarque accompagnée d’un autre homme. Nos fêtards ignorent encore qu’ils plongeront, dans quelques heures, dans un véritable cauchemar apocalyptique !

Mike Vogel & Michael Stahl-David

Sans aucune introduction "classique", "mise en garde" quelconque ou autre, "Cloverfield" nous projette l’entièreté d’une bande vidéo découverte dans les décombres de Manhattan après le passage d’une créature gigantesque (créature pas nécessairement très bien rendue, pour le peu qu’on en voit !).

Odette Yustman

Le point fort de "Cloverfield" apparaît vite être aussi son point faible : la mise en scène & le caractère abrupte d’un film/vidéo prenant des airs de pièce à conviction ! Dans ce genre de défit cinématographique et artistique, une nouvelle fois, ça passe ou ça casse. Si vous éprouvez le détachement le plus grand pour ce genre rappelant parfois furieusement "Blair Witch Project", mieux vaut vous abstenir et revenir à des films catastrophes plus classique comme, par exemple, "Godzilla", "Independence Day" ou "La Guerre des mondes" - pour ne citer qu’eux -.

Michael Stahl-David, Lizzy Caplan & Jessica Lucas

Si, par contre, ça passe et que vous entrez pleinement dans le "jeu", l’impact flagrant de ce long-métrage façon vidéo tournée à la sauvette vous apparaîtra des plus jouissifs et intenses. Quasi dans la peau d’un des personnages du récit, vous vivrez alors son angoisse, ses peurs ainsi que quelques temps morts bienvenus où l’on décèle parfois un soupçon d’humour et une importante trame psychologique et dramatique.

Cloverfield

Dans ce sens, on ne peut que féliciter la performance des acteurs qui viennent, pour la plus part, du monde des séries TV, comme d’ailleurs le célèbre producteur de "Cloverfield" : J.J. Abrams… Au terme de ce film/documentaire (?), rares sont les questions - qu’on est en droit de se poser - qui trouvent une réponse. On ignore l’origine de la créature (extraterrestre, abyssale, etc. ?) ; comment est-elle mise hors d’état de nuire, si c’est bien le cas (?) ; y’a-t-il des survivants parmi le groupe de personnes suivi dans le film (?) ; ... Le mystère reste ainsi entier & préfigure vraisemblablement un second opus.

Cloverfield

Souvent ponctué de scènes intenses, scabreuses et terrifiantes, "Cloverfield" remporte haut la main son pari et nous cloue à notre siège… pour peu que la mise en forme de ce film vous "parle" ! Toutefois, ce produit, à la fois divertissant et rhétorique, laisse un goût d’inachevé. Dommage !

Cloverfield

En plus d’une bonne interprétation, on saluera également le chassé-croisé s’opérant, sur la bande vidéo, entre les rares moments de bonheur vécus entre Rob et Beth & la majorité des séquences axées sur une monstrueuse "invasion". Nous plongeant au cœur de cette catastrophe, dans la tête même (et dans les tripes) de malheureux héros, "Cloverfield" se démarque aisément d’autre films catastrophes...

Cloverfield

Faute de révolutionner pleinement le genre, ce long-métrage lui offre de nouvelles perspectives alléchantes. Il faut reconnaître toutefois que, sans sa "formulation" très documentaire pris sur le vif, "Cloverfield" rentre dans le rang avec un scénario assez léger, bouclé en 1h30.

Jessica Lucas, Lizzy Caplan, Michael Stahl-David

La bande-annonce…

Un extrait…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |

10/02/2008

Tommy Lee Jones contre Goliath

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Dans la mythologie, la Vallée d’Elah est le lieu où s’affrontèrent David et le géant Goliath. Avec une impressionnante verve narrative, combinée à une réalisation à la fois efficace et enlevée, le nouveau film de Paul Haggis se présente, sans grande difficulté, comme l’un des meilleurs longs-métrages sortis en ce début d’année en Belgique - "Dans la vallée d’Elah" a débarqué sur les écrans français le 7 novembre 2007 -.

Sur fond de combat mythologique entre le petit poucet (David) et un monstre gigantesque et intraitable (Goliath), Haggis tisse une enquête policière combinant drame familial, conflit irakien ainsi que plusieurs réflexions très intuitives convergeant toutes vers une seule et même idée : la violence transforme (parfois ? souvent ?) les enfants en monstre...

Tommy Lee Jones & Victor Wolf

C’est la découverte que va faire Hank, alias Tommy Lee Jones, un ancien dur à cuire de l’armée américaine, fier de sa patrie, qui, au fil d’une enquête pour retrouver son fils, va apprendre que l’horreur de la guerre pousse inexorablement de jeunes soldats aux portes de l’enfer. Ce voyage sans retour, transformant l’homme en bête sauvage, est traité avec une subtilité incomparable par Paul Haggis.

Charlize Theron

En suivant pas à pas, les investigations d’un père accablé par la tristesse, Haggis ne perd pas également de vue le côté plus spectaculaire et divertissant (si l’on peut dire) de son intrigue : humour caricatural et idiotie(s) du système font alors bon ménage ! Avant d’être un drame, "Dans la vallée d’Elah" est bien un polar emmené, tambour battant, par un casting en béton armé avec Tommy Lee Jones et Charlize Theron, pour les rôles principaux, & une belle pléiade de seconds rôles avec Susan Sarandon, James Franco ("Spider-Man"), Jason Patric (Speed 2) & Josh Brolin.

Josh Brolin

Fausses pistes, courses-poursuites, interrogatoires tendus, guerres des polices, tous les ingrédients du film policier par excellence sont ici réunis ! En porte drapeau, Tommy Lee Jones et Charlize Theron interprètent des personnages d’une franche réalité, à la fois charismatique et bouc émissaire d’une situation, au plus haut point complexe, accablant (indirectement) une politique américaine vouée à sacrifier les racines mêmes du pays (autrement dit ses "enfants") pour une guerre prétendue expiatoire contre l’ennemi oriental !?!

Susan Sarandon & Tommy Lee Jones

Loin de la fougue réaliste de longs-métrages "de terrain" comme "Jarhead. La fin de l’innocence", "Dans la vallée d’Elah" réussit à pointer du doigt (en toute subtilité) une réalité violente et boulimique se nourrissant de la crainte et de la haine des jeunes "pouces" d’un système se considérant, aux yeux du monde, comme irréprochable et modèle de démocratie "divine".

Charlize Theron

Scénariste reconnu de "Million Dollar Baby", "Mémoires de nos pères" et de "Casino Royale", Paul Haggis signe ici, à la mise en scène, un nouveau film - après l’honorable "Collision" (2005) - qui marie, avec les honneurs, polar incisif et "divertissant" & franche réflexion sur une Amérique, à la sauce "Gendarme du monde", qui s’infecte telle une mauvaise blessure causée par excès d’orgueil !

Tommy Lee Jones & Devin Brochu

En ce sens, la dernière séquence de "Dans la vallée d’Elah" est aussi somptueuse qu’évocatrice du malaise éprouvée par une "supère puissance" qui se prenait pour Dieu. Divertissant et réfléchi, "Dans la vallée d’Elah" se révèle être l’une des fictions incontournables de ce début d’année !!! A voir sans hésiter !

Tommy Lee Jones & Susan Sarandon

La bande-annonce…

Un extrait…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |