06/09/2010

SALT : Angelina Jolie, l’espionne qu’on aimait…

SALT au cinéma82273178227317822731782273178227321

Alors qu’elle est sur le point de quitter le cadre des opérations des Services Secrets américains, l’espionne Evelyn Salt (Angelina Jolie) est mise sur la sellette à la suite du témoignage d’un informateur russe dénommé Orlov (Daniel Olbrychski). Pourchassée par ses anciens partenaires, Ted Winter (Liev Schreiber) et William Peabody (Chiwetel Ejiofor), Salt va se lancer dans une course-poursuite infernale dans l’espoir de sauver son mari (August Diehl) kidnappé par une sombre organisation d’agents dormants russes qui a infiltré les échelons du pouvoir des Etats-Unis. Salt sera-t-elle contrainte de renouer avec son passé obscure ? De la bouche même de la starlette hollywoodienne Angelina Jolie, "Salt", son dernier film, lui a véritablement offert la possibilité de marier ses talents d’actrice dramatique et son goût immodéré pour les grosses productions (très) musclées. Le moins que l’on puisse dire, après avoir visionné ce "Salt", c’est que Madame Brad Pitt ne nous mène pas en bateau !

Angelina Jolie.

Il est vrai qu’en y regardant de plus prêt, la filmographie de l’idole de beaucoup de cinéphiles est assez manichéenne avec, d’un côté, plusieurs productions dramatiques - citons principalement "L’Echange" et "Un Cœur invaincu" - d’assez bonne facture dans lesquelles Jolie a tout le loisir de démontrer son aura de véritable comédienne talentueuse, et de l’autre côté, un certain nombre de pseudo-nanars pyrotechniques façon "Wanted", "Mr. & Mrs. Smith" ou encore "Tomb Raider" ! Long-métrage clairement orienté espionnage à la sauce piquante, "Salt" a le mérite de procurer à notre Belle une solide dose d’action mais également de lui permettre de faire étalage de sa grande capacité à humaniser et à sensibiliser le personnage qu’elle interprète… De là à dire que ce "Salt" revient à voir l’increvable Lara Croft poussée par une hargne dramatico-romanesque façon "L’Echange", il n’y a qu’un pas que l’on ne franchira pas ici… Encore que !

Angelina Jolie

Mais c’est certain, "Salt" est peut-être l’un des rares films de cette période de l’année qui réussit à conjuguer, avec un réel brio, psychologie et nerfs à couteau tiré. Reste que si la performance de Miss Jolie aura le don d’enthousiasmer les spectateurs fâchés depuis quelque temps déjà avec le cinéma Pop-corn ‘ricain supposé trop crétin, le travail du vétéran Phillip Noyce, derrière la caméra, doit être également salué. L’implication de ce metteur en scène sur ce film, revient à assister un peu à la renaissance du "phénix"… En l’occurrence, un "phénix" qui somnolait depuis plusieurs années déjà après avoir marqué le cinéma hollywoodien de plusieurs bons (si pas "grands") films d’espionnage ! Fin 80’ - début 90’, Noyce est devenu presque inévitable dans le registre des bons thrillers policiers en signant "Calme Blanc" (1989), "Jeux de guerre" (1992), "Sliver" (1993) et "Danger immédiat" (1994)...

Philip Noyce et Angelina Jolie sur le tournage de SALT

Portant par deux fois les aventures de Jack Ryan - interprété par Harrison Ford -, personnage créé par le romancier Tom Clancy, notre réalisateur a copieusement traité de sombres intrigues frappant le quotidien des Services Secrets de l’Oncle Sam. Sous cet angle, Phillip Noyce paraissait bien être l’homme de la situation pour diriger "Salt". Il est vrai que l’intrigue de ce dernier film, signée Kurt Wimmer, a le don de réchauffer nos (bons ?) vieux souvenirs de la Guerre Froide entre Etats-Unis et ex-Union Soviétique. Oui, c’est vrai, ceux qui ont malheureusement vu "Equilibrium" et "Ultraviolet" se souviendront que Wimmer est loin d’être un excellent réalisateur mais, comme scénariste, notre homme se débrouille honorablement… A l’image des intrigues du remake de "Thomas Crown", de "La Recrue", "Que Justice soit faite", "Au bout de la nuit" et du présent "Salt", la ligne de conduite reste sensiblement la même : Kurt Wimmer, sans doute fâché avec l’originalité, ne va pas accoucher de scénars foncièrement novateurs mais, pour peu que l’on dispose d’un bon metteur en scène sous la main, ces faiblesses scénaristiques peuvent être vite gommées.

Chiwetel Ejiofor et Liev Schreiber

C’est exactement ce qui se passe pour "Salt". Loin d’être très excitant dans sa narration, Phillip Noyce prend à merveille le train en marche et s’essaye à une mise en scène musclée et contemporaine qui a le don de nous plonger au cœur des mésaventures de l’espionne Evelyn Salt. Voici donc brièvement brossées, les lignes de force et faiblesses de ce long-métrage qui a également le bon goût de convier à la fête deux solides seconds rôles masculins tenus par Liev Schreiber et Chiwetel Ejiofor.

Liev Schreiber

Si la carrière internationale, et très Strass et Paillettes,d’Angelina Jolie a bien été propulsée par le "Bone Collector" de Phillip Noyce, en 2000, aujourd’hui, avec le "Salt" du même homme, Jolie se voit propulser dans un film qui surprend - dans le bon sens du terme - malgré un sujet ultra conventionnel ! Certes la Guerre Froide c’est un peu du réchauffé ; la séquence d’ouverture du film rappelle assez platement la scène initiale, diablement plus existante, du James Bond "Meurs un autre jour", mais cependant "Salt" déploie assez de qualités pour ne jamais décevoir. Ajoutez-y en prime une réelle volonté de désarçonner le spectateur dans ses convictions les plus intimes ! Alors ? Qui est réellement Salt ? Un Agent double ? Ou même un Agent triple ? Vous le saurez en allant voir "Salt"…

Angelina Jolie

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (3) | |

29/08/2010

Nicolas Cage et l’Apprenti Sorcier

The Sorcerer's Apprentice82273178227317star_1_282273218227321

Depuis des siècles, le magicien Balthazar Blake (Nicolas Cage) est condamné à capturer les serviteurs de l’effroyable sorcière Morgane (Alice Krige) et, dans le même temps, à trouver le dernier "Merlinien", le descendant de l’illustre Merlin et le seul capable de débarrasser le monde de l’infâme prêtresse du Mal. La quête de Blake va le mener à New York, là où il va rencontrer le jeune Dave (Jay Baruchel) qui malgré un physique malingre et un manque flagrant de confiance en lui paraît bien être l’héritier de la prophétie… Pourchassé par le redoutable Horvath (Alfred Molina) et ses sbires, Balthazar dispose de très peu de temps pour entraîner son jeune apprenti avant que celui-ci soit contraint d’affronter la redoutable Morgane.

Nicolas Cage et Jay Baruchel

Attendu comme l’un des gros Blockbusters de l’été 2010 - étant donné la présence au générique du géant Walt Disney Pictures assorti au producteur Jerry Bruckheimer (cette fine équipe déjà à la base de longs-métrages tels que le récent "Prince of Persia") -, "L’Apprenti Sorcier" a tout le loisir, durant 1h45, de nous décevoir ! On retiendra principalement deux gros problèmes liés à cette mièvre superproduction… Lacunes qui en entraînent d’ailleurs d’autres… Premièrement, la cristallisation du jeune acteur Jay Baruchel dans un rôle stéréotypé à l’extrême ; deuxièmement, le manque d’expérience flagrant du metteur en scène embauché sur le projet, Jon Turteltaub, pour ne pas le citer !

Gregory Woo

D’un côté donc, nous avons l’acteur paumé Baruchel qui, depuis plusieurs années déjà, enfile les seconds rôles de timoré puceau dans des aventures comme "Tonnerre sous les Tropiques" (2008) ou "Trop Belle !" (2010). Le problème avec cet "Apprenti sorcier", c’est que notre malheureux a très peu d’occasion, face à la caméra, de moduler son jeu et se contente donc de sur-jouer - comme il sait trop bien le faire - les andouilles capables de sortir des vannes stupides (qui ne font rire personne !) et des répliques invraisemblables de niaiserie dans un laps de temps plus que compté. Un exploit dans l’art du mauvais goût ! Après deux ou trois séquences dans lesquelles notre jeune Jay Baruchel exploite ce potentiel si agaçant, le personnage de ce dernier perd toute la sympathie et la crédibilité que le spectateur aurait dû lui témoigner… C’est quand même lui, le héros titre de cette aventure ! Que Diable !

Jon Turteltaub et Nicolas Cage

Enfermé donc dans une caricature sans éclat et trop mollassonne de l’anti-héros qui finalement (mais ça c’était prévisible ! Walt Disney oblige !) réussit à s’enrôler, sans trop savoir comment, dans le costume du preux chevalier, Jay Baruchel n’est pas le seul à blâmer. La faute de ce gâchis est peut-être encore plus à imputer au metteur en scène Jon Turteltaub. S’étant déjà montré légèrement frileux sur les deux "Benjamin Gates" (deux autres productions Bruckheimer), ce dernier ne s’est jamais réellement imposé comme un cinéaste de films "sensationnels". S’il a fait avant tout ses armes dans de charmantes comédies comme "Rasta Rockett" (1994) ou le sublime "L’Amour à tout prix" (1995), Turteltaub n’a par ailleurs jamais brillé dans sa gestion des scènes d’action ni dans la manipulation des effets spéciaux. Etrangement ici, pour "L’Apprenti sorcier", l’effort visuel exercé par l’équipe technique est plus qu’honorable. C’est à d’autres niveaux que l’œil du réalisateur pèche…

Nicolas Cage et Alfred Molina

Maître d’œuvre de choix plus que douteux, Jon Turteltaub galvaude tout simplement tout le charme et le mysticisme qui aurait pu découler de cette affiche. Ca commence déjà très mal avec une séquence d’ouverture narrée à l’emporte-pièce qui, dans l’esprit, ne manquait pourtant pas de charme et d’inspiration. Au lieu d’introduire, avec sérénité et empathie, une aventure magique débutant dès le 8e siècle de notre ère - même si trente minutes sont nécessaires à cela ! -, "L’Apprenti sorcier" se contente de brosser grossièrement un combat maléfique qui fulmine depuis le Moyen Age en 5 minutes (et encore !) montre en main. Tout le monde n’est pas Peter Jackson qui veut ! C’est vrai ! Par la suite, Turteltaub nous précipite allégrement dans la mélasse avec une quête se mordant très rapidement la queue.

Nicolas Cage et Jay Baruchel

Après le "je t’aime moi non plus", Jay Baruchel, sous la conduite de Turteltaub, joue les "je veux devenir un grand sorcier mais après je m’y refuse par amour pour cette charmante période que l’on appelle la puberté". Nous voilà donc entraînés dans un aller-retour infernal et boiteux livré, tantôt, à l’enthousiasme d’un ado' indécis, tantôt, à la névrose de ce même jeune homme reculant devant chaque obstacle qui se dresse sur sa route… Dans le segment "films initiatiques", on a déjà vu nettement plus folichon. Même si le ton enfantin de ce long-métrage n’est pas foncièrement atroce à supporter (après tout, les p’tits cinéphiles ont aussi bien droit à leurs Blockbusters !), on ne pardonnera pas aux producteurs des "Pirates des Caraïbes" et du récent "Prince of Persia" - nettement plus aguichant que ce film - de nous donner au final un produit inachevé qui manque cruellement d’âme et de conviction. Non ! Définitivement non !

Jerry Bruckheimer

La petite zone de clarté dans ce spectacle assez morose, nous est offerte (et ce n’est finalement pas une surprise) par les deux têtes d’affiche confirmées de ce long-métrage : Nicolas Cage et Alfred Molina. Oublions Teresa Palmer, Toby Kebbell, Jay Baruchel et même la pauvre Monica Bellucci qui a le don d’apparaître en coup de vent sans pour autant faire fondre l’antalgie que l’on peut éprouver devant pareil (pseudo-)divertissement, ce sont bien les deux acteurs qui ont respectivement interprété le "Ghost Rider" et le "Docteur Octopus" dans deux adaptations "Marvel" qui sauvent - partiellement - ce film du naufrage. Comme quoi s’offrir les services de Stars du grand écran, ça n’a pas que des inconvénients même sur le plan artistique !

Nicolas Cage et Monica Bellucci

Rarement mal inspiré, Cage prend un certain plaisir à jouer le préféré de l’illustre Merlin. Bourré de talent et de charisme, le héros des "The Rock" et "Con Air" revendique honnêtement ici le titre de sorcier parfait qui ajoute, par sa folie douce et son extravagance, un soupçon de charme idyllique. Alfred Molina, de son côté, réfrène avec talent toute la noirceur de son personnage et se présente plutôt en adversaire roublard et manipulateur plus que comme un sadique magicien cruel et violent. Avec, en plus, des effets visuels louables et quelques petites idées enthousiasmantes comme ces allusions au monde si enchanteur et sirupeux de la maison Walt Disney… A l’exception certainement de la fin de l’allusion à "L’Apprenti Sorcier" de "Fantasia" qui chavire dans le n’importe quoi maladroit et disgracieux… Merci pour le balai dans le cul !

Nicolas Cage

"L’Apprenti sorcier", bien qu’il perd - vous savez maintenant pourquoi - la plupart de ses lettres de noblesse, reste un petit spectacle honorable. Que voila véritable un film "alimentaire" - dans la plus pure acceptation du terme - pour Nicolas Cage et Alfred Molina. Tant mieux pour eux, ce sont peut-être bien les seuls à mériter les quelques millions dollars que ce produit arrivera à soutirer aux spectateurs du globe !

Alfred Molina

La bande-annonce…

Alice au pays des sorcières…

Alice KrigeLe choix de confier le rôle de la venimeuse Morgane à l’actrice Alice Krige est assez intéressant. Hormis le fait que notre amie a véritablement la tête de l’emplois et campe, avec son faciès, un personnage maléfique plus qu’inquiétant, Alice Krige est maintenant devenue routinière des longs-métrages dont la magie et la sorcellerie sont au centre des débats ! Mère endeuillée dans l’ancestrale Angleterre, infernale et diabolique, dépeinte par "Solomon Kane", Krige s’est particulièrement faite remarquée dans le "Silent Hill" (2006) de Christopher Gans en tenant le rôle de Christabella, la pseudo-prêtresse d’une secte spécialisée dans les bûchers pour sorcières !

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