15/03/2008

De HOT FUZZ à 10.000 B.C.

Tim Barlow dans Hot Fuzz

Si vous allez voir le nouveau film évènement de Roland Emmerich, intitulé "10.000 B.C.", vous y croiserez un personnage des plus inquiétants : un mystérieux sorcier intronisé comme Dieu. Dissimulé en permanence sous une tonne de draperies, ce "mage noir" égyptien, à la silhouette filiforme, est interprété par un certain Tim Barlow… Vous avez peut-être croisé ce dernier dans la dernière comédie déjantée d’Edgar Wright : "Hot Fuzz". Dans cette comédie d’action boustée à l’adrénaline, Tim Barlow interprète le mystérieux Mister Treacher, un homme se baladant continuellement dans un long imperméable vert & ce par tous les temps, même le plus estival ! Mais qu’est ce que ce Treacher/Barlow peut bien cacher sous son parka ?

Edward Norton

Le rôle de Tim Barlow dans "10.000 B.C.", à savoir celui d’un homme masqué, n’est pas sans rappeler le travail d’autres acteurs (de renom) qui se sont dissimulés sous un masque… On se souviendra notamment d’Hugo Weaving, le vengeur masqué de "V pour Vendetta", du visage horriblement défiguré du méconnaissable Gary Oldman dans "Hannibal" (2000) ou encore d’Edward Norton dissimulé sous le masque du roi Baudouin IV pour les besoins du film épique de Ridley Scott, "Kingdom of Heaven".

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"10.000" : le chaud & le froid...

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10.000 ans avant notre ère, une enfant aux yeux bleus fut recueillie par une tribu de chasseurs. L’arrivée de celle-ci, dénommée Evolet (Camilla Belle), annonce de profonds changements pour le clan, dont la venue prochaine de monstres à quatre pattes asservissant tous les peuples qu’ils rencontrent. Ceux-ci capturent Evolet et la majorité des hommes de la tribu. Seul D’Leh (Steven Strait) échappe de peu à la capture. Il décide alors de tout tenter pour délivrer sa promise, même si pour cela, il va devoir s’aventurer en terre inconnu…
Souvent décriés, parfois conspués, les longs-métrages méga-pop-corn du cinéaste allemand Roland Emmerich ne m’ont jamais déçu ! Après un bon "Universal Soldier" en 1992 - l’un des meilleurs films de notre Jean-Claude Van Damme national (est-ce si difficile ?) -, Emmerich se lance avec son complice, le producteur Dean Devlin, dans des sagas fantastiques ("Stargate", "Independence Day" et "Godzilla") alimentées le plus souvent par un battage médiatique excessivement "vorace". Le point commun entre ces long-métrages ? Une réelle volonté de la part du réalisateur de divertir à l’aide d’impressionnants effets spéciaux, tout en mariant les genres parfois sans beaucoup de légèreté.

CAMILLA BELLE

Roland Emmerich aime également brouillé les pistes : glorifiant à l’extrême un impérialisme américain dans "Independance Day" (1996), il tourne en dérision l’armée américaine, deux ans plus tard, avec son "Godzilla" mêlant humour sacripant et quelques brèves conceptions écologiques. Dès 2000, la carrière de notre homme paraît prendre un nouveau virage avec un "The Patriot" manichéen et sanglant, portant à nouveau en effigie les bonnes vieilles valeurs américaines. En 2004, "Le Jour d’après" surprend les plus septiques & paraît confirmer l’adage "vieillir comme du bon vin". Bien lancé avec cet impressionnant film catastrophe entrant de plein pied dans la problématique du Climat, on pouvait espérer un grand film avec le nouveau blockbuster du moment : "10.000"

STEVEN STRAIT

Après avoir vu ce long-métrage, les bonnes vibrations, relayées par un synopsis et des vidéos promotionnelles alléchantes, sont furieusement retombées ! "10.000" est sans doute, à mon sens, le moins bon film d’Emmerich depuis 1992. Une nouvelle fois, notre homme mélange les genres. On espérait découvrir un film abrupt sentant bon l’obscurantisme des premiers âges ; on se retrouve en fait devant un (très) léger divertissement, tendance très familiale, mêlant une certaine brise humoristique (mal venu, non ?), une violence trop largement masquée & un manque de profondeur… Flagrant !

10.000

Tout commence par un choix narratif discutable. Les (presque) 2 heures du film, ponctuées par la voie off d’Omar Sharif, sont hachées en séquences inégales surfant sur des moments intimistes, plutôt moroses, et des scènes d’action qui redonnent des couleurs à ce "10.000" même s’il est vrai qu’elles ne sont pas réellement extraordinaires. On a déjà vu mieux en fait : le coup des pyramides, Roland Emmerich nous l’avait déjà fait dans "Stargate" & les chasses préhistoriques ont été exploitées en suffisance par les "Jurassic Park".

STEVEN STRAIT & CLIFF CURTIS

A l’écriture, Emmerich et Harald Kloser ne font hélas pas de miracle en pondant une course-poursuite assez mollassonne à travers des univers insensément variés. On passe ainsi des montagnes enneigées, à la forêt tropicale pour tomber, ensuite, dans un désert aride. Jeune scénariste en l’occurrence, Harald Kloser aurait peut-être mieux fait de rester compositeur. On lui doit notamment l’excellent score du "Jour d’après" ainsi que celui, précisément, de "10.000" qui est d’ailleurs assez sympathique !

10.000

Conçu avant tout dans une optique commerciale, ce "10.000" voile consciemment à l’écran la moindre effervescence de violence et de sang. Ce long-métrage s’ouvre ainsi sans grande difficulté à (quasiment) tous les âges mais il reste, en même temps, assez frustrant vis-à-vis des amateurs de sensations fortes, ou du moins, de sensations "vraies" ! Difficile en effet d’avaler que 10.000 ans avant notre ère, l’amour platonique, la philosophie et l’amitié tribale (même internationale) déplaçaient les montagnes… Sans oublier les ongles manucurés et les dents d’un joli blanc nacré. Je vous avais prévenu : Roland Emmerich ne craint pas d’effectuer les mariages les plus insensés.

CAMILLA BELLE

Alors ce "10.000" ? Un film à éviter ? Pas entièrement ! Sous une nuée de défauts, plus ou moins importants, ce long-métrage conserve quelques bons plans, des scènes d’action intéressantes (à défaut d’être captivantes) et, surtout, une ménagerie de petites bêtes réussies. C’est peut-être pour elles, que vous serez tentés d’aller voir ce film. Pour les deux têtes d’affiches (humaines) par contre, la messe est dite. Steven Strait et Camilla Belle ne sortent pas nécessairement grandis de cette intrigue. Belle (c’est le cas de le dire) est purement "exploitée" pour son physique et son charmant minois ; Strait est lui employé pour ses "biscotos". Point à la ligne !

Steven Strait & Camilla Belle

Cliff Curtis, alias Tic’Tic (non ce n’est pas une blague), tire un peu mieux son épingle du jeu. Cependant, nos amis ne font pas le poids par rapport aux Phorusrhacidés, Mamouths et Smilodon, ou, "Tigre aux dents de sabre" ! Envie de vous plonger, en famille, dans un honnête voyage dans le temps ? Le rendez-vous sera peut-être pris avec "10.000" alors !? En étant un peu magnanime avec ce "géant" hollywoodien, il y a moyen de prendre du bon temps… Après tout, les accidents de parcourir, ça peut arriver à tout le monde.

STEVEN STRAIT

La bande-annonce…

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