01/11/2008

BABYlon A.D.

Babylon A.D.

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Le chasseur de primes Toorop vit bien rangé à l’ombre d’un immeuble délabré en plein cœur d’une guerre civile aux portes de la Russie. Toutefois, le trafiquant d’armes Gorsky (Gérard Depardieu) va proposer à notre homme un contrat que l’on ne peut pas refuser. Toorop est chargé d’accompagner une jeune femme, prénommée Aurora (Mélanie Thierry), jusqu’aux Etats-Unis. Rapidement, un commando d’élite va prendre en chasse Toorop et son "coli". Mais quel secret cache Aurora ? "Babylon A.D." avait ceci de croustillant et de diablement attirant : la rencontre entre un réalisateur français talentueux, Mathieu Kassovitz, et une star américaine à la massive silhouette, Vin Diesel, qui en deux/trois films a su accéder au rang de Superstar de l’action ! Bien que cette union, sur papier, laissait présager le meilleur, le résultat est assez conventionnel et "Babylon A.D." peut même être rangé dans le tiroir des belles déceptions de l’année.

Le réalisateur, Mathieu Kassovitz, et Vin Diesel

Sous ses aires apocalyptiques, baignés de la profonde violence - froide et gratuite - d’une Europe de l’Est déchirée, "Babylon A.D." trouve un terrain très fertile pour cultiver l’image de son anti-héros par excellence, Hugo Cornelius Toorop, alias Vin Diesel… Jusque là, l’enfer des ghettos est habilement exploité par un Kassovitz portant à l’écran un imposant clip vidéo oscillant entre Rap et Techno.

Mélanie Thierry, à droite, et Vin Diesel

Rapidement, malheureusement, "Babylon A.D." montre ses faiblesses. Basé sur un scénario ultra conventionnel, signé Eric Besnard et Kassovitz, ce long-métrage devient une très pâle copie du magnifique film d’Alfonso Cuaron : "Children of Men" (2006). Même contexte guerrier, enterrant notre belle civilisation, même mission confiée à un homme qui n’en demandait pas tant : convoyer une jeune femme qui porte en elle un secret des plus convoités.

Michelle Yeoh

On aurait pu espérer que de belles scènes d’action viennent renflouer quelque peu ce "Babylon A.D."... Mais, encore une fois, le résultat est plutôt mitigé, même décevant. Si l’on exclut quelques corps-à-corps énergiques et la séquence du sous-marin pointant son nez dans un lac gelé, la mise en scène dictée par Kassovitz n’est pas au beau fixe et manque cruellement d’inspiration. Le final de cette petite aventure, tourné cette fois sur la faste et (trop !) propre société américaine du futur, n’est pas non plus à la fête avec un "emballage visuel" fort à-propos & le déballage d’une galerie de personnages complètement surréalistes et idiots… A ce niveau, Mathieu Kassovitz paraît mieux inspiré quand il plante, au début du film, ses caméras au cœur de la guerre civile frappant l’Est du monde.

Mélanie Thierry et Vin Diesel

On a déjà vu mieux que ce "Babylon A.D.", c’est sûr ! Sous-"Children of Men" taillé aux hormones de croissance, ce long-métrage est à voir de préférence en V.O. (histoire de ne pas devoir se farcir le doublage catastrophique de Vin Diesel qui décroche pour l’occasion l’intonation d’un gros Rapper élevé aux Mac’Donalds) & bénéficie heureusement du charme de Mélanie Thierry et de Michelle Yeoh… Les fans de Vin Diesel seront sans doute moins acerbes vis-à-vis de ce film ; il est vrai que pour le moment on a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Vivement que le nouveau Monsieur Muscles d’Hollywood signe un retour gagnant à l’écran… Peut-être avec "Fast and Furious 4" ? De son côté, Mathieu Kassovitz déçoit ; lui qui, pourtant, avait réussi quelques très bonnes prestations avec, notamment, l’indétrônable "La Haine" (1995), l’anti-conformiste "Assassin(s)" & les plus Pop-corn "Les Rivières Pourpres" (2000) et "Gothika" (2004).

Vin Diesel

La bande-annonce…

Tags associés : "Babylon A.D. ", Vin Diesel, Michelle Yeoh, Gérard Depardieu, Mélanie Thierry, Mathieu Kassovitz, Alfonso Cuaron, "Children of Men", "Fast and Furious 4", Action, Aventure, Apocalypse

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23/10/2008

NICOLAS CAGE, tueur à Bangkok

Bangkok Dangerous

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C’est en obéissant à une ligne de conduite stricte et sans faille que le tueur prénommé Joe (Nicolas Cage) a fait long feu dans sa branche si particulière. Les convictions professionnelles de Joe, fondées essentiellement sur l’exclusion de tout sentiment, vont en prendre un méchant coup lorsque ce dernier accepte d’effectuer plusieurs contrats à Bangkok. Au fil de ses rencontres, Joe va progressivement mettre de côté ses règles pour ouvrir son cœur. Malheureusement, au bout du chemin, notre tueur sera amené à prendre une lourde décision : continuer son intraitable boulot ou se sacrifier pour les gens qu’il aime !

Nicolas Cage

A l’occasion de "Bangkok Dangerous", la star américaine Nicolas Cage retrouve le chemin des salles obscures en interprétant le premier rôle d’un film basé, à nouveau, sur une narration à la première personne. Comme pour ses précédents films ("A tombeau ouvert", "The Weather Man", "Lord of War" et "Next"), Cage nous fait la visite de son quotidien. Endossant ici le visage morne d’un tueur aussi méthodique que tristement solitaire, Nicolas Cage adopte un profile sage et range au vestiaire les impulsives grimaces et sautes d’humeur dont il a le secret.

Nicolas Cage et Shahkrit Yamnarm

Rares sont les films, à l’exception peut-être de "Volte/Face" (1997) - Et encore ! -, qui ont permis à Nicolas Cage d’exploiter le statut de méchant assassin. En ce sens, "Bangkok Dangerous" n’est pas inintéressant. De surcroît, comme précédemment signalé, ce drame orienté vers l’action tranquille nous permet de découvrir une nouvelle facette du jeu d’un comédien qu’on a parfois eu envie de cantonner uniquement aux grosses superproductions trop faciles. Bref, les inconditionnels de Mister Cage ne seront sans doute pas, dans leur majorité, déçus du voyage… Ils trouveront peut-être même que ce "Bangkok Dangerous" insuffle un bon bol d’air à la filmographie de Cage qui avait tendance, ces derniers temps, à laisser un petit goût plus amer.

La rayonnante Charlie Yeung

Ce "renouveau", on le doit en grande partie au travail méthodique et au style très Mélodie pour un tueur des frères Pang. A la direction du "Bangkok Dangerous" original de 2003, Oxide et Danny Pang ont donc pu travailler sur son remake en concentrant toute leur attention sur la silhouette filiforme de Nicolas Cage. Si les motivations et le charisme du tueur vedette change par rapport au long-métrage original, les frères Pang allient toujours, avec un certain brio, des thématiques au premier abord répulsives : entre froideur meurtrière et insouciance amoureuse, un homme méthodique va dangereusement jongler entre la mort impitoyable & la joie d’aimer et de vivre.

Nicolas Cage

Sans tomber dans la "déconfiture" de ralentis façon John Woo, les Pang misent avant tout sur l’effet de style. A la différence de leur précédent film US, "Les Messagers", ils nous proposent également à travers leur travail plusieurs plans et séquences très intéressants, aux formes poétiques enlevées et enivrantes. Il est assez rare, en effet, de trouver actuellement pareil sagesse et poésie dans un bon gros film d’action 100% US. A ce niveau, "Bangkok Dangerous" trouvera son public : des spectateurs aimant les produits de l’Oncle Sam, tout en ne rechignant pas sur une petite brise légère importée d’Asie.

Shahkrit Yamnarm et Nicolas Cage

Si ce long-métrage tourne principalement autour des exploits de liquidateur de Nicolas Cage, le casting s’adjoignant à la star américaine est à plébisciter, en particulier, Shahkrit Yamnarm (l’apprenti-tueur) et la radieuse Charlie Yeung qui apporte une innocence fraîche et troublante à ce drame élancé vers l’action flingueuse. Sans présenter une histoire follement originale (le gros défaut de ce spectacle), "Bangkok Dangerous" version 2008 surprend et suscite la sympathie. Ce film se révélera peut-être pour certains comme un "passeport "salutaire permettant de passer, en douceur, des grosses bidouilleries explosives ‘ricaines aux "joutes" par balles d’Orient !?

La bande-annonce…

Tags associés : Nicolas Cage, Oxide Pang, Danny Pang, John Woo, "Bangkok Dangerous", "The Weather Man", "Lord of War", " Les Messagers", Remake, Action, Drame

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |