17/08/2011

GREEN LANTERN : Ryan Reynolds se met au verre

Green Lantern au cinéma

Pilote de chasse casse-cou et téméraire, Hal Jordan (Ryan Reynolds) vit depuis toujours avec le souvenir tragique de la disparition de son père, un éminent pilote décédé lors de l’essai d’un prototype. Devenu à son tour un fier "chevalier du ciel", Hal va être choisi pour porter l’anneau d’un célèbre et prodigieux Green Lantern dénommé Abin Sur (Temuera Morrison). Ce dernier vient à peine d’être battu par une effrayante puissance occulte alimentée par la Peur et sa lumière jaune… S’il veut venir à bout de son adversaire intergalactique, Hal va d’abord devoir maîtriser la force de l’anneau et vaincre ses fantômes du passé...

My Name is Campbell ! Martin Campbell !

Bien qu’il soit un réalisateur touche-à-tout, Martin Campbell n’avait jusqu’ici jamais touché aux adaptations de Comics, une valeur refuge chérie par l’usine à rêve hollywoodienne. Après avoir bourlingué entre des films apocalyptiques ("Absolom 2022"), des expéditions périlleuses en altitude ("Vertical Limit") et deux "Zorro" tout en introduisant successivement Pierce Brosnan et Daniel Craig dans la prestigieuse franchise "James Bond" - avec respectivement "GoldenEye" et "Casino Royale" - avant de permettre à Mel Gibson de revenir sur les devants de la scène dans un polar tragico-classique intitulé "Hors de contrôle", Campbell s’attaque donc aujourd’hui, pour le compte de la Warner Bros et de DC Comics, aux aventures du "Green Lantern", un projet d’adaptation loin d’être aisé… Et, au final, on ne peut pas affirmer, en toute honnêteté, que la mayonnaise prend ! Quelle en est la raison ?

Ryan Reynolds est Hal Jordan alias Green Lantern

Entre deux rives

Il assez difficile de répondre concrètement à cette question : ni mauvais, mais certainement pas excellent, "Green Lantern" nage entre deux eaux sans jamais, visuellement ou scénaristiquement, proposer quelques "ficelles" qui lui permettent de se démarquer de la copieuse série de productions mettant en scène des êtres indestructibles ou défendant une cause juste à coup de supers pouvoirs. Plus enclin à se situer dans le sillage de modestes productions Marvel (comme "The Punisher", "Ghost Rider" ou "Elektra") que dans celui des dernières adaptations DC Comics - survolées par "Superman Returns" mais surtout par la somptueuse franchise "Batman" de Christopher Nolan -, "Green Lantern" allie la destinée incertaine d’un univers galactique assez Kitch et très Sixties - avec ses nombreuses créatures caricaturales comme des Aliens à la boite crânienne surdimensionnée ou arborant une moustache à la Errol Flynn - au karma Zen et Cool d’un humain resté jeune ado’ et refusant de s’engager dans les responsabilités qui incombe à tout adulte (dans ce registre Ryan Reynolds excelle !). On a déjà connu des cocktails plus appétissants, endiablés et détonants.

Une scène de Green Lantern

Clichés or not Clichés

Pour en remettre une couche, ce long-métrage tombe et se vautre allégrement (et même volontairement) dans les clichés en vigueur dans ce genre de Péplum contemporain : le héros emballe bien évidement la sculpturale et belle jeune fille (Blake Lively) en détresse ; le méchant (Peter Sarsgaard) a justement toujours eu le béguin pour cette belle héroïne ; une période de doute - ponctué par un entraînement classique du justicier vert en devenir - va venir gangrener les inspirations louables du "Lantern" ; etc.

Peter Sarsgaard

Bref notre "Green Lantern" n’a foncièrement pas grand-chose à proposer de neuf au niveau du bagage standard propre à tout super héros si ce n’est le pouvoir de sa propre volonté qui lui permet de matérialiser jusqu’à l’infini ce qu’il imagine… Cette porte de sortie permet heureusement à Martin Campbell et à ses scénaristes (Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Michael Green et Michael Goldenberg) de gonfler quelque peu le capital sympathie de leur film en proposant à nos yeux quelques idées enfantines mais revigorantes… Comment sauver un hélicoptère du crash assuré ? Mais en le propulsant sur un circuit de petites voitures agrandi pardi !

Ryan Rambo Reynolds

Les Feux (de l’Amour) passent au vert…

Conjugué à cet agaçant effet Soap de bas étage, façon "Feux de l’Amour", quand il s’agit de traiter de scènes plus intimistes et romantiques (l’origine de la plupart des scénaristes venant du petit écran y est peut-être pour quelque chose ?), ce film n’est pas non plus aidé par la 3D et la palette graphique choisie pour embellir (pardon ?) décors et créatures. Reste un affrontement final plus qu’honorable qui permet à "Green Lanter", qui peine à démarrer, de prendre son envol dans les dix dernières minutes. C’est un peu juste pour le prix d’une place de ciné’ ? Non ?

Blake Lively

Ryan and Cie.

En passant sous silence l’erreur de casting et le lien de parenté abracadabrantesque voulu entre l’acteur Peter Sarsgaard et Tim Robbins - devant camper le père de ce dernier -, "Green Lantern" s’appuie sur une honorable distribution dans laquelle Ryan Reynolds et le précité Sarsgaard campent les deux grands protagonistes terriens convaincants. Hormis quelques noms sur le retour campant les seconds rôles (Robbins, Jay O. Sanders ou Angela Bassett) et l’actrice Blake Lively "incarcérée" dans son rôle de Playmate du héros, Reynolds choisit fort heureusement de se la jouer plutôt modeste et ne sombre pas dans la mégalomanie narcissique qu’il avait surexploité dans "Blade 3" et, dans une moindre mesure, dans "Wolverine".

Tim Robbins et Angela Bassett

Souvent justicier sculptural à l’écran, notre ami ne connaîtra toutefois pas, encore cette fois, les éloges de l’applaudimètre même s’il peut toujours compter sur une bouille d’angelot imberbe et sur ses biscotos faisant de lui une icône vachement stylisée de la justice. Mais est-ce entièrement de sa faute vote honneur ? Sans doute pas !

Peter Sarsgaard et Ryan Reynolds

Pour ou contre un Green Lantern II ?

Il convient peut-être d’incriminer le traitement général du film qui se maintient péniblement en équilibre sur deux intrigues distinctes… D’une part, la sphère spatiale avec le combat des innombrables Green Lantern face à une grosse pieuvre maléfique et, d’autre part, l’initiation de notre ami Hal devant combattre ses peurs enfouies et, parallèlement, les machinations du Docteur Hector Hammond. Le mélange de deux récits assez communs (par rapport à tout ce qui a déjà été vu à Hollywood !) ne fait pas nécessairement recette et n’accouche pas forcément d’une superbe aventure…

Les Green Lantern en famille

La bonne volonté de Martin Campbell (un cinéaste ne présentant pas non plus une filmographie sans faille surtout lorsqu’il doit divertir !) ne réussit pas à permettre à ce divertissement trop "standardisé" de tutoyer la voûte céleste des adaptations Comics… N’était-ce pas finalement, dès les prémices du projet, une mission : impossible ? Reste un épilogue quelque peu antagoniste à la teneur général du film qui invite le spectateur a espérer ou à craindre la mise en chantier d’un second opus… Chacun aura sans doute un avis bien tranché sur la question…

Ryan Reynolds en compagnie des Green Lantern

La bande-annonce…

Tags associés : Comics, Marvel, Ryan Reynolds, Peter Sarsgaard, Pierce Brosnan, Daniel Craig, Mel Gibson, Martin Campbell, Christopher Nolan, "Wolverine", "Batman", "Ghost Rider", "Casino Royale", "Superman Returns"

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16/07/2011

Bradley COOPER et la pilule du bonheur !?

Limitless

Divorcé d’un premier mariage, le jeune romancier Eddie Morra (Bradley Cooper) connaît aujourd’hui un second revers amoureux : sa compagne du moment, Lindy (Abbie Cornish), a décidé de le plaquer. Menacer d’être également abandonné par son éditrice du fait de ne pas pouvoir terminer son premier livre, Ed’ est au bord du gouffre… Quand il rencontre Vernon (Johnny Whitworth), son ex-beau-frère. Ce dernier lui propose la pilule miracle : un nouveau produit, soi-disant breveté et prochainement commercialisé, qui est censé décupler les facultés intellectuelles… Mister Morra a-t-il finalement des raisons de ne pas essayer cette drogue ?

Johnny Whitworth

Un Burger peut en cacher un autre !

Si l’on pouvait reprocher, en 2007, au cinéaste Neil Burger d’utiliser, pour le néanmoins très bon "Illusionniste", une mise en scène (volontairement !?) classique ; son "Limitless" - tout nouveau, tout beau - propose une approche stylistique tout à fait palpitante qui cadre merveilleusement bien à l’évolution scénaristique de ce long-métrage tiré du roman d’Alan Glynn intitulé "The Dark Fields" ("Champs de ténèbres" en V.F.). A coup d’artifices visuellement speedés qui nous plonge au cœur d’une trame assez malicieuse et certainement énergisante, Bruger et la scénariste Leslie Dixon ("Mme. Doubtfire", "Et si c’était vrai…") offre à l’acteur Bradley Cooper une vitrine expérimentale de premier choix où le co-héros des "Very Bad Trip", "L’Agence tous risques" et autre "All About Steve" a l’occasion de s’adonner à plusieurs registres.

Bradley Cooper

Un Bradley aux multiples facettes…

Remplaçant de Shia LaBeouf qui était, à l’origine, pressenti pour ce rôle (cliquez ici pour accéder à l’article), le beau Bradley jongle joliment avec sa réputation de Sex Symbol hollywoodien en jouant tantôt les Golden Boys "sur-méningés", tantôt les romanciers désabusés, en panne d’inspiration, quand ce ne sont pas les blafards Junkies en manque. La performance mérite d’autant plus le détour que notre comédien porte quasiment à lui seul ce thriller sur-vitaminé. A ce titre les apparitions d’Abbie Cornish ("Sucker Punch", "Elizabeth : l’âge d’or", "Une Grande année") et surtout de Robert DeNiro restent comptées bien que Neil Burger conserve dans ses manches quelques jolies surprises… Ces dernières (Cf. la scène de la patinoire) ont la bonne idée de redynamiser les échanges quand ceux-ci viennent (ça peut arriver !) à devenir moins incisifs !

DeNiro vs

Tomas Arana… Au service du Mal

Une Anna Friel - jouant plutôt un Cameo - et le patibulaire Tomas Arana complètent la distribution. On se souviendra de la rafraîchissante et sucrée Anna dans la non moins envoûtante série TV "Pushing Daisies", avant que notre amie ne sombre dans le nanar "Le Monde (presque) perdu". Pour sa part, Tomas Arana ("Pearl Harbor", "Gladiator") n’a sans doute pas été dépaysé par le rôle qu’il devait tenir dans ce "Limitless" vu le nombre important d’apparitions dans lesquelles il a été convié à camper le terrible trouble-fête de service… On se souviendra notamment de films comme "A la poursuite d’Octobre Rouge" (1990) et "Bodyguard" (1992). En effet, Neil Burger utilise continuellement la carrure d’Arana comme un rappel à l’ordre, ou une forme d’épée de Damoclès, réfrénant les inspirations toxicomaniaques ou euphorisantes du personnage central, Eddie Morra.

Tomas Arana

Thriller et humour peuvent-ils faire bon ménage ?

Profitant de l’imbrication au récit de plusieurs personnages secondaires - aux motivations parfois bien tranchées -, le metteur en scène Neil Burger tisse une ambiance qui avoisine parfois celle des bons polars incisifs et tendus dans lesquels peuvent surgir, à chaque coin de rue, un adversaire potentiel pour notre héros, de surcroît, cruellement déconnecté de la réalité ! Une autre évolution dans le style Neil Burger est l’utilisation croissante de l’humour. Certainement pas un humour grandiloquent mais plutôt quelques petites touches d’ironie savamment distillées. "Limitless" vient ainsi parfois à proposer une petite satyre rayonnante de notre société de SUR-consommation.

Neil Burger et Bradley Cooper

"Limitless", finalement un Patchwork indigeste ?

On peut se poser la question. Alors qu’un premier "chapitre" de cette adaptation se met au service du thème de l’angoisse de la page blanche et de la vie miteuse d’un romancier de rue, ce long-métrage vire rapidement (trop rapidement !?) à l’ascension - "fulgurante" serait un adjectif trop en dessous de la réalité à l’écran ! - d’un as de la finance qui se voit, au final, offrir une place dorée au dernier étage des plus hauts Gratte-ciels américains… Tout ça avant de se lancer en politique et de rêver de la Maison Blanche !? Honnêtement, écrite noir sur blanc, cette trame paraît aussi indigeste qu’insensée ; cependant, ce serait mal connaître les talents d’un réalisateur à respecter et, inévitablement, le récit à la première personne emprunté par "Limitless" permet de caser honorablement cet imbroglio… en apparence.

Bradley Cooper et Abbie Cornish

Une voie toute tracée ? Pas certain !

Autre point fort de cette production ? Ces effets de surprise notamment au niveau de sa courbe scénaristique : "Limitless" s’écarte en effet, à mi-parcours, de la trajectoire classique de ce genre de films. Partant de rien, Eddie Morra va ensuite évoluer et monter en puissance grâce à l’absorption massive d’une pilule miracle… Bien entendu, jusqu’ici rien de bien original : le rêve va finir par se transformer en cauchemar ; un cauchemar dans lequel Neil Bruger profite de l’aubaine pour brouiller les pistes et inviter à la fête de nouveaux personnages animés de nouveaux instincts. Ceux-ci vont alors déclencher une série de péripéties parfois hallucinantes (car inattendues).

Bradley Cooper face à Andrew Howard

A ce moment, "Limitless", tout en fracassant de nombreuses portes, laisse présager de nouvelles interrogations… Certaines resteront toutefois sans réponse au terme du spectacle. Est-ce finalement un bien ou un mal ? Chacun se fera son avis ! On peut poser cette question de manière différente : pour ou contre un film aux allures commerciales qui laisse, lorsque les lumières se rallument dans la salle, le spectateur avec quelques questions existentielles ? Là où la trame tissée par l’œil inspiré de Neil Burger - et tirée pour rappel d’un livre d’Alan Glynn - est assez innovante c’est dans la direction que son personnage principal choisi d’emprunter...

Robert DeNiro et Bradley Cooper

On aurait pu imaginer que le personnage interprété par Bradley Cooper décide d’arrêter tant qu’il est encore temps sa surconsommation de drogue… Cependant, à la suite d’une avalanche de péripéties suggérées ci-dessus, la rédemption de notre héros va prendre un peu de plomb dans l’aile. Eddie Morra se voit ainsi forcé de continuer son traitement de choc vers l’irréparable ? Je vous laisse avec cette dernière question. Pour en découdre la réponse, rendez-vous au cinéma. Avec un réalisateur très inspiré & une grande interprétation de Bradley Cooper, la pilule sera fatalement plus facile à digérer… Si, en plus, vous avez déjà été conquis par le physique ou les prouesses de cet acteur… Le rendez-vous est pris !

Bradley Cooper au centre

La bande-annonce…

Tags associés : "Limitless / The Dark Fields", Neil Burger, Bradley Cooper, Robert DeNiro, Abbie Cornish, Anna Friel, Shia LaBeouf, "L’Illusionniste", "Very Bad Trip", "All About Steve", "L’Agence tous risques", "Sucker Punch", "Elizabeth : l’âge d’or", "Une Grande année"

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