14/03/2009

WATCHMEN, des héros inattendus !

Watchmen82273178227317822731782273218227321

Edward Blake, alias Le Comédien (Jeffrey Dean Morgan), ancien membre des Gardiens - des justiciers masqués aujourd’hui mis à la retraite par le Président Nixon -, est assassiné à son domicile. Cette nouvelle va réveiller de vieux souvenirs dans le cœur des redresseurs de torts qui travaillaient jadis avec Blake : Le Hibou (Patrick Wilson), Le Spectre Soyeux (Malin Akerman), Ozymandias (Matthew Goode), le Dr. Manhattan (Billy Crudup) et Rorschach (Jackie Earle Haley). Pensant être sur la piste d’un tueur de héros masqués, ce dernier décide de mener l’enquête. Sans le savoir, Rorschach va mettre le doigt sur une machination diabolique… Mais qui tient les ficelles ? Les Watchmen vont-ils reformer leur unité et enfiler à nouveau leur costume ?

Matthew Goode et Jeffrey Dean Morgan

Une chose est sûre : si vous allez voir "Watchmen" en pensant découvrir un nouveau film de supers héros, façon "Spider-Man" ou "Batman", vous pourriez bien être déçus ! Pourquoi ? Et bien parce que Zack Snyder, avec un habile mélange de subtilité et de passion - le tout pimenté de quelques (trop rares) séquences choc-gore - pose une intrigue inattendue qui est loin de suivre le courant traditionnel des films hollywoodiens s’inspirant de Comics héroïques. Plébiscité sur ses "300" et "L’Armée des morts", Snyder démontre, avec ce nouveau film, qu’il mérite de figurer dans la Top-liste des cinéastes les plus passionnants de cette dernière décennie...

Billy Crudup

Passant de ralentis diablement ajustés à des séquences visuellement prenantes, assorties de flash-back’s intuitifs, Snyder diffuse beaucoup de psychologie et de réflexion dans cette aventure qui prend son temps (plus de 2h40 quand même !) pour tisser et présenter les rapports conflictuels qui lient toute une bande de justiciers à la retraite... C’est justement ce thème qui intéresse Snyder durant la plus grande partie du long-métrage : comment ces anciennes gloires de la justice concilient-elles leur retraite forcée ? (Si vous avez vu le film d’animation de Disney, "Les Indestructibles", vous vous sentirez peut-être en terrain connu !?)

Malin Akerman et Patrick Wilson

Certains vivent bien rangés de ces agitations passées ; mais ce n’est pas le cas de tous… Alors que certains occupent toujours la sphère médiatique et gouvernementale, d’autres, par contre, à l’image de Rorschach, n’ont pas raccroché les gants (ni le masque !) et poursuivent leurs investigations sur d’étranges évènements… Brossant scrupuleusement toutes les tensions et les remords ressentis par chaque membre de l’ancienne équipe des "Watchmen", ce film oublie de soigner l’éclat et le spectacle. C’est peut-être une erreur en terme de divertissement mais la solution, sans doute, est de considérer avant tout ce film comme un imposant polar qui tire les bonnes ficelles.

Jackie Earle Haley

Ainsi, faisant minutieusement bouillir une intrigue de meurtres en série durant plus d’une heure et demi, Zack Snyder lâche progressivement la pression à coup de giclée de sang, de chair déchiquetée, de corps désintégrés et de bagarres gentiment percutantes ! Ca fait du bien quand ça part. Pas très connus du grand public, hormis peut-être Malin Akerman, Carla Gugino et Billy Crudup, les acteurs de ce film diffusent assez de charisme et de tension pour coller parfaitement à des rôles souvent diablement sombres.

Carla Gugino

Dans ces conditions, on ne pourra pas critiquer l’approche de Snyder qui n’hésite pas à insuffler quelques infimes notes d’humour (souvent noir !) dans cette copieuse trame. Mention très bien, tout particulièrement, pour les acteurs Patrick Wilson et Jackie Earle Haley : l’un, un ancien homme Hibou, parfait Bruce "Batman" Wayne foncièrement moins séducteur et démonstratif, & l’autre, un héros masqué qui a décidé de définitivement oublier son identité civile.

Matthew Goode

Inattendus, parfois kitch mais jamais inintéressant, "Watchmen" offre un nouveau regard sur des héros méconnus en nous proposant de réfléchir sur une belle batterie de questions : où est la frontière entre le bien et le mal ? - le dédoublement de personnalité (pour un héros masqué), impossible d’y réchapper ? - etc. Loin de l’Industrie de la sclérose scénaristique compulsive, ce film de malheureux supers héros surprend : ça fait parfois mal, c’est par moment dérangeant mais, en y repensant, c’est assez percutant... dans le bon sens du terme !

Malin Akerman et Billy Crudup

La bande-annonce…

Tags associés : Jeffrey Dean Morgan, Patrick Wilson, Malin Akerman, Matthew Goode, Billy Crudup, Jackie Earle Haley, Carla Gugino, Zack Snyder, "Watchmen", "Spider-Man", "Batman", "300"

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

24/02/2009

THE WRESTLER : descente(s) aux Enfers

The Wrestler

82273178227317822731782273218227321

Bardé de quelques belles récompenses sur la scène internationale (Lion d’Or à la 65ème Mostra de Venise, Golden Globe 2009 du Meilleur acteur), "The Wrestler" se propose de nous raconter la vie d’une ancienne gloire du catch, Randy "The Ram" Robinson (Mickey Rourke). Entre son amour platonique pour la stripteaseuse Cassidy (Marisa Tomei), son entreprise pour récupérer l’amour de sa fille Stéphanie (Evan Rachel Wood) et ses projets professionnels, Randy va devoir affronter un nouvel adversaire : le temps qui passe inexorablement et qui le presse de raccrocher le catch… Ces dernières années, avec des films comme "John Rambo" et "Rocky Balboa", l’acteur-réalisateur Sylvester Stallone est passé maître dans l’exercice de ressusciter des mythes du cinéma. Cette recette s’accompagne bien sur d’un vibrant hommage à la jeunesse passée et à la gloire éteinte de ces héros qui tentent un dernier Come-back

Mickey Rourke

En ce sens, l’intrigue de "The Wrestler", drame biographique ayant remporté un bon succès critique (moins sans doute en salle !?), piétinait, avec ses gros sabots, un terrain familier et peu propice à l’innovation scénaristique. C’était certainement sans compter sur l’œil imparable du célèbre cinéaste Darren Aronofsky et sans la performance étincelante du miraculé Mickey Rourke.

Mickey Rourke et Darren Aronofsky

A l’image de sa propre carrière d’acteur ponctuée de hauts et (surtout) de bas, ce dernier réussit à insuffler une impressionnante teneur physique et dramatique à un pseudo-héros du peuple qui vit (pitoyablement) dans l’ombre de ses jeunes années passées au Top de la gloire. Loin du "bélier" d’acier qu’il incarne encore et toujours sur des petits rings de banlieue, Rourke joue avant tout un homme brisé (physiquement mais aussi moralement) surfant sur des petits boulots histoire de garder la tête hors de l’eau, incapable de payer ses dettes, toujours accro’ aux drogues, sourd d’une oreille et jouant dans sa caravane à une vieille version d’un jeu vidéo de catch dans lequel il est la star. Difficile de brosser un tableau plus noir que ça !

Marisa Tomei

Darren Aronofsky, en abordant ce film sous l’angle d’un documentaire collant au plus prêt à la réalité, gonfle encore un peu plus ce sentiment de misère et de désarrois. Orchestrant ainsi une première descente aux enfers, notre réalisateur va encore plus loin en baladant sa caméra avisée dans les coulisses du catch moderne confiné aux banlieusards et renié par les coups de projecteur.

Mickey Rourke

Au plus profond du drame de ces bêtes de muscles livrés à de navrantes exhibitions, "The Wrestler" fait le bon choix en extirpant de cet amas de testostérone une belle humanité et un profond respect qui unit ces gladiateurs de l’Amérique urbaine. Vivant, corps et âme, pour passer régulièrement quelques minutes de gloire sur les rings, Randy Robinson va tenter une reconversion bancale lorsqu’il va être fauché par une crise cardiaque. Solitaire et désemparé, notre catcher va essayer de mettre de l’ordre dans sa vie sentimentale en attirant dans ses filets une stripteaseuse et en renouant des liens avec sa fille...

Evan Rachel Wood

Randy réussira-t-il à être à la hauteur de ce Come-back affectif ou retournera-t-il finalement sur le ring malgré son état de santé ? C’est la principale question qui anime la seconde partie de "The Wrestler". Pourvu d’un scénario maigrelet, ce film sort du lot par la puissance de Rourke et, pour rappel, par le traitement corrosif d’un Aronofsky qui signe sans doute ici son film le plus accessible. La mise en forme de ce film sera toutefois mal perçue par les amateurs d’action sevrés à la sauce "Rocky Balboa" &, inversement, par les inconditionnels du réalisateur de "Pi", "Requiem for a Dream" et de "The Fountain"… Trois films assez particuliers dans leur genre. "The Wrestler" peut, en ce sens, constitue une séduisante alternative dans la carrière déjà remarquée de ce réalisateur appelé, aux dernières nouvelles, à diriger le remake de "Robocop" : on est impatient de voir le résultat.

Mickey Rourke

Tamponné, dès les premières images, film d’auteur, "The Wrestler" ménage toutefois, pour les spectateurs moins amenés à apprécier des longs-métrages durs et psychologiques, quelques fameuses scènes de combat. Ne coupant jamais vraiment le cordon ombilical, Aronofsky filme son personnage central au plus prêt de l’action… pour notre plus grand plaisir. Si vous n’avez rien contre les finals (quelque peu) sabordés et cette touche documentaire-fiction, ce film est fait pour vous !

La bande-annonce...

Tags associés : Drame, "The Wrestler", "John Rambo", "Rocky Balboa", Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood, Darren Aronofsky, Sylvester Stallone

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |