19/08/2009

INGLOURIOUS BASTERDS, mon avis...

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"Inglourious Basterds" le prouve : Quentin Tarantino a, comme qui dirait, "bonifié" avec l’âge. Fini pour le "Kid de Knoxville" - dans le Tennessee - de se vautrer allégrement dans la barbaque et de monter des petites scènes vite fait, bien fait. Le Tarantino nouveau est arrivé et cela pour le plus grand plaisir de tous. Assagi ? D’accord ! Mais cela n’empêche pas à notre ami d’exposer, à la vue de tous, quelques belles petites scènes Gore. Mais celles-ci constituent, c’est vrai, davantage des ersatz par rapport à ce que l’infernale bande Tarantino - Rodriguez - Roth nous a déjà servi ! Posant de longs et succulents dialogues à la manière d’un Woody Allen ; travaillant ses plans comme un élève assidu de Steven Spielberg, Quentin s’inspire, dirait-on, des plus grands tout en saupoudrant son film de la bonne vieille sauce "Q.T." ! Le résultat est des plus attractifs dans le genre Patchwork remarquable et remarqué qui veut brasser autant le sang, les balles, les battes que la compassion, la séduction et, ne l’oublions pas, un humour gentiment corrosif et ravageur.

Brad Pitt

D’"Aldo l’apache" (Brad Pitt) à Donnie "l’Ours juif" (Eli Roth) qui joue de la batte sur la caboche des "Boches", l’intrigue de cet "Inglourious Basterds" - également signée Quentin Tarantino - se répartie en cinq chapitres, selon la bonne vieille coutume tarantinoresque, et slalome entre deux intrigues bien distinctes qui, inévitablement, en viendront à se croiser… plutôt à se "percuter" !

Melanie Laurent

D’un côté vous avez l’histoire de Shosanna (Mélanie Laurent), une jeune juive dont la famille a été décimée par l’horrible escadron du Colonel Hans Landa (Christoph Waltz) & qui, quatre ans plus tard, tient un cinéma de quartier en plein centre de Paris. De l’autre, vous avez une bande de chiens fous tenus en laisse par Messieurs Brad Pitt et Eli Roth qui scalpent du Nazi dans la France occupée. La veine centrale du film, parmi les nombreux angles d’approches exploités par Tarantino, reste bien, à la grande surprise de tous, le cinéma ! L’expédition punitive menée par Aldo Raine et sa bande passe, en fait, davantage au second plan…

Til Schweiger et Eli Roth

Bien évidemment, on peut s’en douter, notre ami Quentin est tout particulièrement à son aise et en terrain connu lorsqu’il s’agit de parler de cinéma et d’évoquer les grandes tendances du cinéma d’entre-deux-guerres et celui du Troisième Reich. On vous l’avez bien dit que Tarantino s’était bien documenté pour ce projet ! Ne monopolisant donc pas l’écran, Pitt et Diane Kruger, les deux têtes d’affiche du film, sont tout simplement mis sur le carreau par l’étonnant et même époustouflant Christoph Waltz… Les prestations de Mélanie Laurent - en meneuse de revue aux traits innocents mais, intérieurement, rongée par la haine et la vengeance - et de Til Schweiger - en bulldog germanique hargneux à maintenir impérativement en laisse - sont, elles aussi, à saluer. Mais revenons sur le cas de Waltz…

Christoph Waltz

Véritable Tim Roth autrichien (originaire de Vienne), ce dernier est bien "LE" personnage central du film, par lequel beaucoup de choses arrivent & qui, intervenant aussi bien dans les deux intrigues distinctes du récit, fait le lien entre-elles ! Dorloté par la caméra de Tarantino, Waltz va jusqu’au bout de son art, de son exubérance et de sa folie (?) pour camper, présentement, l’un des plus beaux salopards de la filmographie du cinéaste (qui en compte tout de même déjà pas mal !). Le Colonel Hans Landa est, avant tout, un esprit diaboliquement intelligent, guidé par un flair infaillible et une aura de détective né. C’est aussi un immonde manipulateur et assassin ne répugnant pas d’aller, lui-même, au charbon pour extirper le dernier souffle de vie de ses ennemis. Il est également, pour terminer, un super vilain des plus complexes car susceptible aussi de retourner sa veste !

Diane Kruger et Michael Fassbender

Alternant longs chapitres, ou sketches (diront certains), "Inglourious Basterds" rebondit surtout grâce à ces longues et flamboyantes joutes verbales qui marquent, quasiment à elles seules, l’action du film. Mais Quentin Tarantino, heureusement pour ses fans de la première heure, n’a pas totalement perdu sa folie sanglante juvénile ni sa capacité à transformer un évènement en un bain de sang biblique. En témoigne, les quelques belles séquences de "scalpages" qui viennent pimenter la bonne parole de ce long-métrage, ainsi qu’un final sanglant, explosif et fantasmagorique - du feu de Dieu - ! Ce dernier étant ponctué, comme un gâteau recevant sa fameuse cerise, d’une dernière petite pirouette humoristique euphorisante… Et oui, le dernier acte d’insubordination revient bien à la star Brad Pitt !

Daniel Bruhl

Parfois sans foi ni loi (il n’hésite pas à sacrifier ses "belles", histoire, peut-être, de ne pas tomber dans la veine ultra-positive !?) mais ne lâchant jamais l’affaire et soignant amplement son intrigue et sa mise en scène, Quentin Tarantino nous offre une nouvelle relecture du "Munich" de Spielberg (pour ne citer que ce film de vendetta) diablement plus légère (malgré les deux belles heures et demi de film), riche en surprise (c’est le mois que l’on puisse dire !) et nous gratifiant, comme il en avait l’habitude par le passé, de quelques scènes d’anthologie. Le grand Tarantino, nouvelle cuvée, est de retour pour le pire mais surtout pour le meilleur !

Tarantino sur le tournage

► Pour découvrez les bandes-annonces d’"Inglourious Basterds", cliquez sur ce lien…

Tags associés : "Inglourious Basterds", Quentin Tarantino, Eli Roth, Brad Pitt, "Diane Kruger", Til Schweiger, Robert Rodriguez, Woody Allen, Steven Spielberg, Tim Roth, "Munich"

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

14/08/2009

VERY BAD TRIP : very GOOD movie

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Doug (Justin Bartha) se marie dans quelques jours. Le moment est venu pour notre ami de devenir un homme responsable prêt à subvenir au besoin de son épouse et d’une petite famille à venir… Mais en attendant, il s’agit de penser au "brûlage de culotte" de Doug : ce dernier "s’envole" - dans une Mercedes de collection - avec Stu (Ed Helms), Alan (Zach Galifianakis) et Phil (Bradley Cooper) pour passer une nuit de pur délire à Las Vegas. Si Alan est hyper heureux de pouvoir accompagner son futur beau-frère ainsi que ses potes dans ce voyage d’anthologie, Stu est plus embêté : il n’a pas osé annoncé à sa tyrannique fiancée qu’il allait faire la java à Vegas. Phil de son côté, l’éternel séducteur, n’a qu’une seule idée en tête : s’éclater et profiter à fond de ce séjour entre mecs. Très bien installés dans une suite royale, nos quatre lascars se promettent autour du fameux verre de l’amitié, porté en début de soirée, qu’ils vont passer une nuit mémorable en vivant intensément chaque évènement de celle-ci…

Zach Galifianakis, Ed Helms, Justin Bartha et Bradley Cooper

Paf ! En un clin d’œil, nous voici le lendemain matin, dans la fameuse suite, transformée en véritable champ de bataille. Stu se réveille péniblement et constate avec effrois qu’il lui manque une dent. Alan, lui aussi complètement dans le cirage, découvre un tigre dans la salle de bain et un bébé dans le placard. Phil, après avoir essayé de se souvenir de quelque chose (en vain), constate la disparition de Doug ! Mais où est passé le futur jeune marié ?

Ed Helms est Stu Price

Stu, Alan et Phil doivent impérativement retrouver leur ami qui se marie dans deux jours… Mais, il est très difficile de jouer aux Sherlock Holmes quand vous êtes complètement amnésiques et que vous ignorez totalement les frasques insensées que vous avez faites la veille !

Zach Galifianakis, Ed Helms et Bradley Cooper

C’est vrai, le paysage cinématographique américain est assez cristallisé, notamment dans le genre "comédies". Le constat est assez simple à dresser. Si vous n’êtes pas en présence d’une belle grosse comédie romantique avec la dose indispensable de guimauve (plus ou moins importante), vous êtes alors entre les mains de Ben Stiller et de ses acolytes de la "Mafia Comédie" ou vous êtes plongés dans une production respirant à plein nez la méthode Jude Apatow. Voilà brossé grossièrement le lot des comédies chères à l’Oncle Sam.

Very Bad Trip

Inutile de préciser que dans ce climat ambiant, une comédie du calibre de "Very Bad Trip" fait autant de bien à nos zygomatiques qu’une douce brise fraîche au beau milieu du Sahara sous un soleil zénithal ! Supposé être une mauvaise copie du "Very Bad Things" que Peter Berg réalisa en 1999, "Very Bad Trip" (en V.O., "The Hangover") s’inscrit en fait comme la plus délirante et - parfois - dérangeante comédie estivale de l’année. C’est vrai aussi que le genre n’a pas accouché en 2009 d’énormément de productions qui valent le déplacement…

Ed Helms et Heather Graham

Mais, ça n’enlève absolument rien au long-métrage hilarant de Todd Phillips (réalisateur sur les "Starsky et Hutch" et "Road Trip" &, à la tête du scénario de "Borat" !) qui euphorise le spectateur, premièrement, grâce à son système narratif construit comme un puzzle disloqué qu’il conviendra, en 1h30, de reconstituer. Avec une belle gueule de bois à l’horizon et une violente amnésie passagère, Stu, Alan et Phil vont ainsi aller de surprise en surprise et tenter de savoir exactement ce qui a bien pu se passer durant cette folle nuit de débauche, à la fin de laquelle, ils avaient perdu leur ami Doug.

Zach Galifianakis, Bradley Cooper et Ed Helms

Suivant donc l’improbable enquête d’un trio aussi incertain que diablement amusant, le spectateur va, petit à petit, découvrir les gaffes incommensurables de nos quatre Bad Guys d’un soir. La plupart des exploits nocturnes de cette bande sont bien entendu des plus fous et hallucinants, ce qui bien sûr aide amplement ce film à devenir un divertissement de haut vol doublé d'une comédie épique car très originale dans sa folie.

Zach Galifianakis, Bradley Cooper, Ed Helms et Justin Bartha

Outre ce système de jeu de l’oie scénarisé par le duo Jon Lucas et Scott Moore (également à l’origine de l’histoire d’"Hanté par ses ex") et bien négocié par Todd Phillips, où chaque nouvelle piste conduit à une nouvelle situation loufoque, "The Hangover" peut compter sur trois belles "gueules d’amour" : celle de Bradley Cooper, d’Ed Helms et de Zach Galifianakis. Ces trois acteurs campent respectivement des personnages diamétralement opposés qui forment pourtant une fine équipe.

Ed Helms

Alors que Bradley Cooper ("Midnight Meat Train", "Yes Man", "Ce que pensent les hommes") décroche le rôle du beau gosse peut être un peu pourri de l’intérieur (ça reste à voir !?), Zach Galifianakis joue le dingue tranquille et original autour duquel virevoltent autant d’interrogations que de scepticisme & Ed Helms, encore dans un autre registre, revisite allégrement l’adage "Méfiez-vous de l’eau qui dort". N’oublions pas également le pauvre "disparu", Justin Bartha que l’on a récemment découvert dans le rôle de l’inséparable compagnon d’infortune de Nicolas Cage dans la franchise "Benjamin Gates"…

Zach Galifianakis et Justin Bartha

"Very Bad Trip" peut, de plus, compter sur les apparitions alléchantes d'Heather Graham, campant ici une Stripteaseuse au grand cœur, de l’ancien champion de boxe Mike Tyson (jouant son propre rôle) ainsi que de Jeffrey Tambor vu notamment en directeur d’une unité spéciale dans les deux "HellBoy". Grisant, hilarant et divertissant, "Very Bad Trip" - bien qu’il ne peut maintenir ce climat d’effervescence d’un bout à l’autre - reste bien une comédie de haut vol. Ne ratez pas, en passant, l’extraordinaire pastiche du film "Rain Man" de 1989 dans lequel Tom Cruise emmène son frère campé par Dustin Hoffman au casino ! Assurément, le Must des comédies de l’été 2009 !

Bradley Cooper et Zach Galifianakis

La bande-annonce…

Tags associés : Comédie, Justin Bartha, Bradley Cooper, Tom Cruise, Dustin Hoffman, Ben Stiller, Jude Apatow, Peter Berg, Nicolas Cage, "Benjamin Gates", "HellBoy", "Borat"

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |