11/11/2006

LES FILS DE L'HOMME

18674404star_jaunestar_jaunestar_jaunestar_jaunestar_grise

Rarement un film d’anticipation n’aura été aussi réaliste et de surcroît aussi intense. Les honneurs reviennent avant tout au réalisateur mexicain Alfonso Cuaron ("Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban"). En ne bourrant pas son "Children of Men" (en français, "Les Fils de l'homme") d’artifices pyrotechniques, il signe une réflexion franche et sincère sur une société infertile au bord de l’autodestruction.
Que se passerait-il si les femmes ne pouvaient plus enfanter ? Partant de cette question simple mais cinglante, Cuaron s’inspire des dures réalités de notre monde actuelle (l’extrémisme, le totalitarisme, l’immigration, la pauvreté, …) pour nous livrer une aventure pessimiste mais couronnée de plusieurs scènes d’anthologie.

3c

L’acteur principal, Clive Owen ("Le Roi Arthur", "Inside Man") y interprète sans doute son meilleur rôle. Avec une ténacité exemplaire, Owen masque sous un visage bourru par les drames de son existence, une âme sensible et héroïque. En alignant des scènes intenses portées par un franc réalisme (parfois insupportable), Alfonso Cuaron fait resurgir (comme par magie) l’un des actes les plus nobles de l’humanité : l’esprit de sacrifice.

18670936

Cuaron insiste également sur la valeur sacrée des enfants. Comment notre société pourrait-elle survivre sans les enfants, sans leurs cris de joie, sans le bonheur qu’ils apportent ? Dans "Children of Men", un enfant de quelques jours a réussi à atténuer le bruit des armes et des bombes… Un symbole puissant et magnifique !

4c

Sans une ébauche d’effets spéciaux grandiloquents, Cuaron nous raconte une histoire puissante et fascinante. Il nous démontre par la même occasion que le cinéma peut encore être, à la fois, divertissant et instructif. "Children of Men" est un coup de maître. Epatant !

La bande-annonce...

Un extrait...

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |

09/11/2006

Le Dahlia Noir au Cinéma

Animation_dahliastar_jaunestar_jaunestar_jaunestar_grisestar_grise

Précisons tout d’abord que l’enquête sur le meurtre du "Dahlia Noir", alias Elizabeth Short (Mia Kirshner), ne constitue pas l’intrigue centrale de ce film. Le réalisateur Brian De Palma s’attarde d’avantage sur la relation de deux flics, Bucky Bleichert (Josh Hartnett) et Lee Blanchard (Aaron Eckhart) projetés au devant de la scène, histoire de redorer le blason de la police de Los Angeles… Adversaires sur le ring, ces deux inspecteurs n’en restent pas moins coéquipiers dans les rues. Sur la trace d’un violeur d’enfants, Bucky et Lee tombent par hasard devant un effroyable homicide : une jeune femme est retrouvée affreusement mutilée dans un terrain vague. L’agent Blanchard va très vite être obnubilé par cette enquête. De son côté son collègue, Bleichert s’intéresse à la troublante Madeleine Sprague Linscott (Hilary Swank) qui semble avoir fréquenté la victime…

10d

"Le Dahlia Noir" est un film réalisé par Brian De Palma. Ca se sent et surtout ça se voit ! De Palma nous offre une nouvelle fois une mise en scène et un montage dont il a le secret. Reste que son film pêche par quelques stéréotypes "enfantins". On pense, par exemple, à l’une des premières scènes montrant une émeute plus théâtrale qu’intense. Le suspense de ce polar noir est parfois mal dosé. Le spectateur digérera peut-être mal le final où le dénouement de cette langoureuse intrigue explose à la figure ?

4d

Au début du film, le personnage de Kay Lake, interprété par Scarlett Johansson, apparaît davantage comme une poupée "singeant" les aguichantes starlettes des années 50. Heureusement ce personnage s’émancipe au cours de l’intrigue. Toutefois la belle Scarlett n’a pas l’opportunité de rééditer sa troublante interprétation de "Match Point".

6d

Josh Hartnett et Aaron Eckhart sortent véritablement grandis de ce film. Après le fantastique "Thank You for Smoking", Eckhart prouve qu’il est un acteur épatant sur lequel il faut miser ! Hartnett, de son côté, continue à gravir les marches de la gloire. Après "Slevin", il démontre que malgré son regard poupon, il excelle dans les premiers rôles de dominés qui dominent ! N’oublions pas Hilary Swank qui joue à la perfection la fille d’un riche industriel d’Hollywood. Entre veuve noire et brebis innocente, Hilary est épatante.

5d

Avant d’être un film, "Le Dahlia Noir" est un roman, celui de James Ellroy. On retrouve ainsi dans le film de De Palma, les thèmes de prédilections du romancier : le bon flic défendant la veuve et l’orphelin, le flic ripoux sympathique, les femmes dominées et dominantes, la perversité de Los Angeles et de sa "filiale" Hollywood,… "Le Dahlia Noir" reste une œuvre forte. En plus de réunir un casting attrayant et (parfois) inattendu, ce film combine les talents de deux grands maîtres de la Fiction que sont Brian De Palma et James Ellroy...

la

Toutefois, émanant de la même veine littéraire, on préférera certainement revoir le "L.A. Confidential" (1997) de Curtis Hanson. Mieux équilibré, ce film, réunissant Kevin Spacey et Russell Crowe, est plus attrayant et autrement plus dynamique que "Le Dahlia Noir" de ce bon vieux De Palma.

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (1) | |