20/02/2007

BLOOD DIAMOND

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En 2005, le scénariste-réalisateur Andrew Niccol explorait, de manière incisive, la question du trafic d’armes dans l’éblouissant "Lord of War". Aujourd’hui, le réalisateur Edward Zwick s’attaque, de manière plus classique, à un autre tabou : le trafic des diamants de conflits.
Alors que la guerre civile en Sierra Leone n’est pas encore terminée, Solomon Vandy (Djimon Hounsou), un autochtone, et Danny Archer (Léonardo DiCaprio), un contrebandier, vont partir à la recherche d’un diamant très spécial. Ce dernier permettra peut-être à Solomon de retrouver sa famille enlevée par les troupes révolutionnaires. Pour Archer, cette pierre précieuse constitue un "ticket de sortie" inespéré…

C’est sans ménagement qu’Edward Zwick et le scénariste Charles Leavitt nous emmènent en Sierra Leone, plongée dans le sang et l’incertitude. Toutes les images nauséabondes de la Guerre (pillages, violes, génocides, …) sont toutefois figurées avec une incroyable pudeur. Comparé à d’autres films (plus choquants) comme "The Constant Gardener" (2005) ou "Les Larmes du soleil" (2003), Zwick adoucit le propos de son film en nous épargnant de pénibles scènes… Scènes malheureusement vécues au quotidien par des hommes, des femmes et des enfants en Afrique ou dans d’autres régions du monde.

Grâce à ce "voile épuré", "Blood Diamond" s'adresse à un plus large public. Ce film, spectaculaire, est également rehaussé de quelques séquences résolument tournées vers l’action. Elles allègent, elles aussi, le propos du film.

D’une sobriété exemplaire, Djimon Hounsou est tout simplement épatant en père de famille meurtri par l’horreur de la Guerre. La rayonnante et sculpturale Jennifer Connelly est, elle, transfigurée par la caméra.

Reste "notre cher" Léonardo DiCaprio, égal à lui-même. Si vous l’aimiez dans "Gangs of New York" (2003), "Aviator" (2005) ainsi que dans "Les Infiltrés" (2006), vous l’adorerez, une nouvelle fois, dans ce film. Loin de l’étiquette de "bébé au joli minois" que certains ont voulu lui attribuer, DiCaprio campe ici un personnage musclé et emblématique. Danny Archer est un ancien soldat endurci. Originaire d’Afrique, il a assisté au massacre de sa famille alors qu’il n’était âgé que de 9 ans. Après l’Apartheid, il se lança dans la vente illégale de diamants. Entre beau parleur et tueur de sang-froid, l’égoïste Archer va mûrir et s’humaniser au fil de cette aventure.

Outre l’analyse liée au commerce des "diamants de sang", "Blood Diamond" dépeint également d’autres thèmes épineux comme celui des enfants soldats en Afrique. Une petite partie du film décrit les infâmes méthodes d’embrigadement lançant ces jeunes dans la fosse aux lions de l’Inhumanité.

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"Blood Diamond" s’avère en définitif un bon spectacle, ouvert à un assez large public, et qui, de surcroît, fait réfléchir. D’un point de vue purement cinématographique, on pourrait toutefois regretter le caractère un peu trop "hollywoodien" et "candide" de cette tragi-aventure remplie de bonnes intentions.

La bande-annonce...

Arnold VoslooQuel plaisir de revoir dans une "grande" Production, l’inquiétant visage d’Arnold Vosloo. Cantonné trop souvent aux séries B, on a pu le voir en 1999 et 2001, dans "La Momie" et "Le Retour de la momie" de Stephen Sommers. Et oui ! Le méchant prophète Imhotep, c’était lui !

On en parle dans Blood Diamond…

La guerre civile de la Sierra Leone se déroula de mars 1991 au 18 janvier 2002. Cette guerre avait pour principal but le contrôle des zones diamantifères. Elle causa la mort de 100.000 à 200.000 personnes et le déplacement de plus de deux millions de personnes (ce qui représente le tiers de la population de l'époque). De nombreuses mutilations eurent également lieu, ainsi que l'emploi massif d'enfants soldats. La "De Beers Sud-Africaine" y garde un rôle trés contreversé, puisqu'elle fût la première acheteuse de ces diamants, vendus au Liberia voisin clandestinement. (Source : "Wikipedia")

Une réglementation sur les diamants : Adopté en janvier 2003, le "Processus de Kimberley" est un dispositif international de certification d’origine des diamants, qui vise à en finir avec le commerce des diamants du conflit. Sous la pression des organisations non gouvernementales (ONG), les professionnels du diamant et les gouvernements ont accepté de mettre en place ce mécanisme, censé empêcher les diamants du conflit de pénétrer dans le circuit commercial légal. Le "Processus de Kimberley" souffre malheureusement d’une lacune fondamentale, qui menace son fonctionnement et son efficacité dans son ensemble : il ne contient aucune disposition permettant de contrôler que les mesures prises par les gouvernements et les professionnels sont bien suivies d’effets et qu’elles ne peuvent pas être contournées. Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ici et accéder au site d’Amnesty International

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17/02/2007

L’Illusionniste

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Vienne, au début du 20e siècle, un mystérieux magicien, Eisenheim (Edward Norton) est arrêté par les Forces de l’ordre au cours de l’un de ses inquiétants spectacles qui passionnent le peuple viennois. L’inspecteur Uhl (Paul Giamatti) s’en réfère au Prince héritier Léopold (Rufus Sewell). Uhl va lui conter le parcours atypique d’Eisenheim, un fils de menuisier pris d’amour pour Sophie (Jessica Biel), une demoiselle de la haute bourgeoisie autrichienne, et qui voyagea plusieurs années à travers le monde dans l’espoir de mieux maîtriser ses dons d’illusionniste. Débute ainsi une aventure emplie de faux-semblants, de passion et de jalousie. Il est bien entendu tentant de comparer "L’Illusionniste" au dernier film de Christopher Nolan, "Le Prestige". Si ces deux longs-métrages, de haut vol, traitent de la Magie, exploitent une intrigue trépidante & sont servis par un casting impeccable, les comparaisons s’arrêtent-là !

"Le Prestige" tirait principalement sa complexité et son originalité des talents de metteur en scène de Nolan. Neil Burger, le réalisateur et le scénariste de "L’Illusionniste" (son premier film), utilise un traitement plus classique. Son film s’imprègne à fusion de l’ambiance ouateuse de l’ancienne Vienne impériale. Neil Burger nous offre, par moment, de magnifiques plans tout droit sortis d’un album photos couleur sepia.

Cette mise en scène sage, réfléchie et vieillotte mais nullement contrariante, s’articule autour d’une BELLE histoire. Entre romance maîtrisée, thriller fantomatique et enquête policière tortueuse, ce récit foisonne d’ingéniosité et délivre (une fois n’est pas coutume) un final inattendu. Bien malin qui ne se laissera pas prendre au piège. Levons ensemble une part du mystère : N’oubliez jamais que, dans ce film, tout n’est qu’illusion ! Par contre, les acteurs sont bel et bien présents.

Edward Norton ne déçoit pas et prouve, pour la énième fois, qu’il est un brillant acteur caméléon. Victime ou manipulateur, sage ou dérangé, il sait tout jouer ce type ! Jessica Biel est étincelante sous les projos de Dick Pope (directeur de la photographie). Plus habituée à des films commerciaux comme "Massacre à la tronçonneuse" (2004), "Blade Trinity" (2004) ou "Furtif" (2005), elle démontre ici une parfaite aisance.

De son côté, Rufus Sewell campe à nouveau les méchants de service. Il s’en sort assez bien. Reste pour moi, la véritable perle du film, Paul Giamatti. Son personnage, l’inspecteur Uhl est sans cesse tiraillé entre la fascination qu’il éprouve pour l’habileté d’Eisenheim & la dévotion qu’il a pour le Prince Léopold. Faisant défiler les mimiques (allant de l’émerveillement au tragique), Giamatti donne à son rôle une dimension ahurissante.

Mine de rien, cet acteur a déjà une belle carte de visite. Il a en effet tourné avec plusieurs réalisateurs, parmi les plus grands et les plus célèbres, comme M. Night Shyamalan ("La Jeune fille de l’eau"), Ron Howard ("De l’ombre à la lumière"), John Woo ("Paycheck"), Tim Burton ("La Planète des singes"), Milos Forman ("Man on the Moon"), Peter Weir ("The Truman Show") ou encore Steven Spielberg ("Il faut sauver le soldat Ryan"). Pas mal, hein !

Si son traitement paraît moins complexe et plus classique que "Le Prestige", "L’Illusionniste" constitue un très bon divertissement. Il est en plus servi par des effets spéciaux prodigieux tout en étant discrets. N’hésitez pas à pénétrer dans ce conte inventif et passionnant, surtout si vous aimez les machinations très bien huilées.

La bande-annonce…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (2) | |