06/08/2012

American HORROR Story : "Hantée" ? Vous avez dit "Hantée" ?

American Horror Story

Victime d’une fausse couche et, dans la foulée, trompée par son époux Ben (Dylan McDermott), Vivien Harmon (Connie Britton) est au bout du rouleau… C’est alors que son mari tente de sauver la famille du naufrage en organisant le déménagement de celle-ci en Californie. Accompagnés de leur fille unique, Violet (Taissa Farmiga), Ben et Vivien tombent sous le charme d’une vieille bâtisse de la banlieue de Los Angeles, entièrement rénovée et, ce qui n’est certainement pas négligeable, nettement moins onéreuse que les autres villas à vendre de la région. Mais pourquoi ce prix au rabais ? Les anciens occupants de cette demeure - du siècle dernier - ont été retrouvés morts dans la cave. Peut après son installation, la famille Harmon va rapidement découvrir que leur nouvelle maison recèle plus d’une histoire morbide alors que Ben, Vivien et Violet sont constamment visités par des esprits, tantôt inoffensifs, tantôts diaboliques !

Esprits êtes-vous là ?

Connie Britton, Dylan McDermott et Taissa Farmiga

Créé par Ryan Murphy & Brad Falchuk à qui l’on doit déjà les séries TV "Nip/Tuck" & "Glee", "American Horror Story", avec cette première saison, exploite un sous-genre horrifique quasi-aussi vieux que le monde : celui de la maison hantée. Et, du moins dans la première partie de saison, ils réussissent très bien leur pari en nous concoctant un savamment mélange associant tension, drame psychologique et actualité morbide (on pense tout particulièrement aux fusillades survenus dans les lycées américains), le tout emprunt d’une pincée d’épouvante. Il faut reconnaître, c’est vrai, que le tandem Murphy / Falchuk a été bien secondé par certains auteurs célèbres du petit écran. Citons, tout particulièrement, James Wong (parti prenante, au cinéma, dans la franchise "Destination finale") qui avait déjà travaillé sur l’intrigue de plusieurs épisodes de séries comme "21 Jump Street", "X-Files : Aux frontières du réel" et "Millennium"… Avec un tel pédigrée, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce Show d’épouvante a reçu les honneurs des Emmy Awards 2012 avec pas moins de 17 nominations (rendez-vous ce 23 septembre pour savoir ce qu’il en adviendra…) !

"Fantômes" ! Vous avez dit "Fantômes" ?

L'un des monstres d'American Horror Story

Si, pour certains, la série "The Walking Dead" - qui entamera prochainement sa troisième saison - scelle, avec brio, le passage du (sous-)genre Zombies sur le petit écran ; on peut en dire de même avec notre "American Horror Story" qui, sans réinventer la mythologie gravitant autour des maisons hantées et des esprits frappeurs, l’exploite habilement ! Ryan Murphy & Brad Falchuk reprennent une multitude de codes en usage dans ce genre de divertissements (les déformations physiques, les meurtres saugrenus et sanguinaires ; la cave demeure un lieu stratégique pour les manifestations spectrales ;…) pour les mêler et les confronter à des questions plus terre-à-terre comme l’adultère, les crises au sein du ménage, les enjeux et conséquences de la natalité…

La prison hantée…

Evan Peters, Jessica Lange et Frances Conroy

S’appuyant, d’épisode en épisode, sur une structure narrative rappelant par moment "Alcatraz" - la récente série de J.J. Abrams -, "A.H.S." (pour les intimes !) effectue de nombreux allées et venues dans le temps pour permettre aux spectateurs d’explorer les nombreuses histoires tragiques et sanguinaires qu’a connu notre maison hantée. Des premières années d’occupation de cette villa fantôme aux derniers mois passés en compagnie des Harmon, chaque épisode va prendre soin de tracer des connections directes entre le passé et le présent… Connections temporelles assurées, bien entendu, par les spectres (plus vivants que jamais !) qui hantent Ben, Vivien et leur fille, Violet. D’entrée de jeu, le spectateur sera ainsi appelé à se poser une question centrale : Alors, vivant ou mort ? Car, dans "American Horror Story", il ne faut pas nécessairement afficher une tête de déterré (c’est le cas de le dire !) pour se voir créditer de fantôme…

God Bless America

Dylan McDermott et Denis O-Hare

La recette prend facilement forme et se révèlera assez jouissive pour les amateurs de spectacles sous haute tension ! Toutefois, à longueur que le voile se dissipe et que les cartes sortent du jeu, cette tranche de vie californienne devient davantage prévisible et, par conséquent, un peu moins prenante. Même certains rebondissements calculés - comme ceux visant à inviter à la table certains crimes mystérieux et légendes urbaines célèbres de la Cité des Anges (à l’image de l’épisode n°9 consacré au mystère du Dalhia noir) - n’offrent que quelques répits à une intrigue centrale qui tourne, par moment, un peu en rond. Reste l’épisode de clôture qui a le bon goût de dévoiler les derniers mystères et questions laissés en suspends au cours de la saison. Soulignons, de plus, le ton nettement plus positif de ce dernier opus qui soigne les Happy End’s déguisés au pied du sapin de Noël… Un souhait de ne pas partir définitivement en Live qui apaisera certains alors que d’autres regretteront peut-être que l’ambiance macabre régurgitée par certains aspects de cette (bonne !) série ne soit pas plus omniprésente au terme de ce premier chapitre consacré aux grandes histoires horrifiques que porte le sol américain !

American Pie, … Beauty and … Horror !

Alexandra Breckenridge

Malgré ces quelques petites pointes de déceptions, on reste devant une bonne - voir une très bonne - série au casting plus que soigné et correctement étudié. Impossible de passer outre la participation récurrente de la célèbre Jessica Lange en voisine cleptomane et aseptisée à l’horreur. Entretenant un magnifique flirte de bureau avec l’immortel Michael J. Fox dans la série "Sin City", Connie Britton nous offre ici une partition nettement plus névrotique et tendue face à un Dylan McDermott que l’on est toujours ravi de revoir… Lui qui, injustement, a été souvent cantonné à de petites apparitions comme dans l’incontournable "Dans la ligne de mire" (1993) avec Clint Eastwood. Les amateurs de frissons ont pu voir Dylan McDermott, plus récemment, à l’affiche des "Messagers" (2007). D’autres acteurs sont à plébisciter comme Frances Conroy, Denis O-Hare et, bien entendu, Evan Peters dont le personnage, Tate, apparaît finalement comme un pion central sur l’échiquier maléfique de la "Maison de l’horreur". Reste Alexandra Breckenridge qui compose, dans cette série, rien que pour vos yeux (Messieurs !), une fatale soubrette à la libido émulsifiante. Citons, pour terminer, la présence de quelques belles Guest Stars comme les actrices Kate Mara ("Shooter - Tireur d’élite") et Mena Suvari ("American Beauty" et "American Pie") & les comédiens Charles S. Dutton ("Gothika", "Fenêtre secrète") et Zachary Spock Quinto ("Star Trek") qui enfilera très prochainement à nouveau les célèbres oreilles pointues de Spock pour le Sequel de "Star Trek", toujours sous la houlette de J.J. Abrams.

Au-delà du réel ?

La Maison de l'horreur selon American Horror Story

Avec son atmosphère parfaitement indiquée pour alimenter honorablement les boulimiques en matière d’esprits frappeurs, la première saison de cet "American Horror Story" est à recommander de toute urgence… Surtout par les temps qui courent : on ne peut pas dire que les spectacles horrifiques soient légion en ce moment… Bien au contraire ! Les 12 épisodes de cet "A.H.S." sont là pour vous convaincre d’adhérer au monde finalement fascinant des séries TV ou, au contraire, pour vous en dissuader définitivement. Oserez-vous tenter cette expérience Au-delà du réel ?

La bande-annonce…

Tags associés : "Star Trek", "Shooter", "Les Messagers", "Le Dalhia noir", "Destination finale", J.J. Abrams, Clint Eastwood, James Wong

Écrit par TOM dans SERIES TV | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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