26/03/2011

Liam NEESON, la mémoire dans la tête

Unknow

S’inspirant du roman "Hors de moi", signé par le romancier français Didier van Cauwelaert, le long-métrage "Sans identité" ("Unknow") n’est pas sans marcher sur les plates-bandes de films comme "La Mémoire dans la peau" ou "Taken"… Pourquoi ? Le nœud de l’intrigue et l’acteur principal des débats, bien entendu ! Partant du synopsis qu’un homme, sorti d’un bref coma, plonge dans un véritable cauchemar dans lequel on lui a volé, sans aucune explication, son identité, son épouse et ses souvenirs (même les plus intimes), "Unknow" traite inévitablement de thèmes - comme la perte de mémoire et la recherche d’identité - devenus, dans le cinéma contemporain, un peu rébarbatifs… Surtout quand ceux-ci sont versés au genre Polars d’espionnage et d’assassinas politiques surfant en eaux troubles. Bref, ne venez pas rechercher, dans cette intrigue, originalité et coups d’éclat.

Liam Neeson au centre

Toutefois, le metteur en scène espagnol Jaume Collet-Serra - plébiscité pour son joli p’tit "Survival Horror" "La Maison de Cire" - réussit à mettre sur les rails un bon petit thriller, assez nerveux et couronné de quelques honnêtes et divertissantes pirouettes scénaristiques. Dans sa pénible recherche d’identité, sur fond de filatures, de meurtres méthodiques, de manipulations politiques et de secrets biochimiques, le docteur Martin Harris, perdu dans un Berlin froid et hostile, pourra compter sur l’aide de Gina (Diane Kruger), une jeune clandestine vivant de petits boulots pour pouvoir s’offrir de fausses pièces d’identité, et d’Ernst Jürgen (Bruno Ganz) un ancien agent des renseignements de la Stasi, spécialisé aujourd’hui dans la recherche de personnes disparues.

Diane Kruger et Liam Neeson

Livré à lui-même dans une ville qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, l’incomparable Liam Neeson ballade sa grande carcasse en usant cette fois, à la différence du "Taken" de 2008, d’un regard apeuré, inquiet assorti d’une fragilité palpable. Pourtant, dans la portée générale de ce "Unknow", le personnage interprété par Nesson, à force de prendre de l’envergure, n’est finalement pas très éloigné de son interprétation dans le polar musclé de Pierre Morel. Posant ses valises dans la capitale allemande, "Sans identité" peut se vanter de réunir une belle petite galerie de seconds rôles qui vont avoir l’opportunité, durant ces quasi-deux heures de film, de se mettre en avant...

Bruno Ganz

Citons tout particulièrement nos deux natifs de la vieille Europe, l’acteur suisse Bruno Ganz - l’Adolf Hitler de "La Chute" (2005) - et l’acteur du cru, Sebastian Koch, que le public international connaît par ses prestations dans "Black Book" et "La Vie des autres". Complètent la distribution, le toujours impeccable et distingué Frank Langella et le revenant des années 90, Aidan Quinn (à l’affiche du superbe "Blink", de "Légendes d’automne" ou encore de "Michael Collins" - avec une nouvelle fois Liam Neeson en tête de casting - ).

Une scène du film

Effleurant brièvement (malheureusement !?) le quotidien des sans-papiers mis à l’index des projecteurs de la Société et (sur)vivant dans une "dimension parallèle" de non droit où la débrouille et l’entraide sont salvateurs, le réalisateur Collet-Serra n’abuse nullement d’une avalanche de scènes tortueuses et musclées. Procédant avec un calme relatif, mettant posément ses personnages en place et son intrigue en route (cela peut prendre un certain temps !), le cinéaste espagnol rythme le chemin de croix de notre ami Liam Neeson de quelques accroches plus spectaculaires : des scènes d’action nerveuses, filmées caméra à l’épaule et donc souvent (volontairement ?) brouillonnes et confuses. Cela n’est nullement traumatisant pour le spectateur, bien au contraire… Ce choix de mise en scène offre, sans être d’une originalité débordante, une portée plus réaliste à ce polar urbain qui s’en revendique justement d’un bout à l’autre.

Frank Langella et Liam Neeson

Non ! Notre super Neeson ne va pas tout chambouler sur son passage et mener une vendetta expéditive au cœur de la capitale germanique. De ce côté-là donc, "Unknow" ménage quelques belles perspectives en rongeant son frein et en empruntant rarement la facilité de l’action outrancière. Certains apprécieront ; pour les inconditionnels des films rythmés de scènes de bravoure pyrotechniques, ce long-métrage prendra le risque d’être perçu davantage comme un sous-produit profitant de la renommée des spectacles précédemment cités. Il faut de tout pour faire un monde !

La bande-annonce…

Diane ou January ?

Diane KrugerJanuary Jones

Toujours joyeusement charismatique, Liam Neeson monopolise cependant moins l’écran que dans ses précédentes productions et laisse, à ses petits camarades de jeu, l’occasion de s’exprimer. Du côté du casting féminin, une Diane Kruger au naturel, intrépide et paumée, donne facilement le change à une January Jones nettement plus portée dans la sophistication et la flagornerie. A vous, Messieurs, de faire votre choix !

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (4) | |