24/12/2009

LES BARONS : entre comédie loufoque et mélodrame attachant

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Pour comprendre un "Baron", faut comprendre sa philosophie : pour les "Barons", tout homme est envoyé sur terre avec un nombre bien précis de pas… après avoir dépassé ce nombre, tu meurs ! S’il y a une chose que les "Barons" savent, c’est que chaque pas compte ! Inséparables depuis leur plus jeune âge, Hassan (Nader Boussandel), Mounir (Mourade Zeguendi) et Aziz (Mounir Ait Hamou) se sont autoproclamés "Barons". Appliquant une philosophie bien à eux, notre trio infernal végète le plus souvent dans les rues bruxelloises sans se préoccuper du lendemain mais en vivant l’instant présent. Les choses vont toutefois diamétralement changées lorsque Hassan décide de se prendre en main : contre la volonté de son père qui imagine bien son fils en chauffeur de bus, notre ami s’applique à devenir humoriste dans un petit cabaret de quartier tenu par Jacques (Edouard Baer). Hassan a également le béguin pour la brillante Malika (Amelle Chahbi) mais comment déclarer sa flamme à la femme qu’on aime quand on est horriblement timide et, de surcroît, que la belle n’est autre que la sœur de son meilleur ami !? Malgré les épreuves, on ne peut pas dire que notre trio va perdre son sens de l’humour…

Nader Boussandel – à droite – et Julien Courbey – à gauche -

"Les Barons", la bonne petite comédie (franco-)belge qui persiste et signe en ce moment au cinéma, est un film bipolaire à plus d’un titre, ou - si vous préférez - "assis entre deux chaises" (sans être ici péjoratif !). Bipolaire car ce long-métrage surfe à la fois entre la comédie - loufoque et jovialement ringarde - & le drame social. Bipolaire car ce film concilie traditions et inspirations à la modernité, toujours avec justesse et sans jamais devenir une œuvre de propagande. Bipolaire, enfin, pour son casting qui flirte, tantôt, entre des valeurs sûres du cinéma français (Edouard Baer en tête !) & d’autres jeunes comédiens pétillants de malice, certainement pas dénués de talent.

Edouard Baer

Basé sur une réalisation calibrée et soignée de Nabil Ben Yadir et une belle petite intrigue - parfois tendre et émouvante - signée Julie Ghesquiere, "Les Barons", du moins dans sa première partie, joue assurément la carte de la franche rigolade en usant, sans honte, de très belles vannes (pensons à l’allusion au Roi des Belges, à la BMW aux 8 propriétaires ou encore au "Retour du jet d’ail") et d’une mise en scène parfois très "personnalisée". Indubitablement, l’histoire s’oriente avec sagesse sur le personnage franc et attendrissant de Hassan… Un jeune gars qui rêve et qui mord sur sa chique pour atteindre ses grandes espérances ; même si le chemin pour y parvenir est bien bourré d’embûches en tout genre.

Mohamed Fellag, Mourade Zeguendi et Nader Boussandel

Satyre social, moqueries bon enfant sur tout et sur rien, sens de la réplique & quelques envolées assez poétiques, "Les Barons" brasse large et il serait certainement dommage d’associer cette comédie à un divertissement bourrin bon pour les p’tits gars des banlieues… Loin de là ! A ce titre, qualifier ce long-métrage de "comédie" est peut-être même risqué. Progressivement en effet, l’humour omniprésent se déride quelque peu et laisse place à quelques touches foncièrement plus mâtures. Nos héros en baskets blanches prennent conscience des (lourdes) responsabilités de la vie & cette évolution se marque notamment par un ton plus sobre voire sombre… Certains regretteront ce revirement d’intensité, d’autres, au contraire, trouveront salutaire et courageux les choix posés par l’équipe du film.

Mourade Zeguendi, Julien Courbey, Nader Boussandel et Mounir Ait Hamou

Entre grosses farces et (petites) larmes, "Les Barons" garde toutefois le cap & nous invite à voyager dans une belle petite aventure, bigarré et joviale, qui fera mouche dans le cœur de tous… Que vous soyez blanc, beurre, noir, jaune, rouge ou vert à petits pois roses, n’hésitez à accepter l’invitation de ces sacrés "Barons". Ce long-métrage sortira sur les écrans français le 20 janvier 2010.

Un extrait exclusif…

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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