05/12/2009

le WOODY ALLEN retrouvé !!!

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Après plusieurs pérégrinations européennes qui ont notamment accouché de "Scoop" et de son dernier succès en date "Vicky Cristina Barcelona", Woody Allen nous revient avec "Whatever Works", un film qui, bien qu’un peu boudé en salle par les distributeurs, exploite une recette maison 100% Allen. C’est vrai qu’il y avait longtemps, entre son "Match Point", son "Rêve de Cassandre" et son trip en Espagne, que notre cinéaste new-yorkais n’était plus apparu aussi euphorique (derrière la caméra) donnant ici un relief considérable et profond aux thèmes qu’il affectionne le plus. Comme un savant retour dans le passé, "Whatever Works" nous fait revivre toutes les craintes loufoques du "maître de New York" en évoquant la lourde part du Destin et du Hasard dans nos vies ; tout en débattant, une nouvelle fois, sur le combat des sexes, combat saupoudré de belles batailles rangées entre confessions ainsi qu’entre intellects "inertes" et surdéveloppés !

Evan Rachel Wood et Larry David

Conteur théâtral, Woody Allen aiguise, pour notre plus grand plaisir (de fans !), ses lames pour trancher dans le vif verbal et passer à la moulinette - vitriolée et malicieuse - les déboires et terreurs de la société contemporaine : du terrorisme au despotisme américain, en passant par le réchauffement climatique et, Of Course, la crainte invétérée de la mort (et du temps qui passe). Défendant son trophée avec grâce, Allen nous a concocté de nouvelles répliques - comme on les aime - alambiquées et pimentée de jeux de mots vifs et hilarants.

Evan Rachel Wood, Larry David et Ed Begley Jr.

Tout en amenant ses personnages vers une perpétuelle transformation, notre ami marque également un autre retour aux sources en nous offrant une chaleureuse carte postale - très dolce vita - de New York, la grosse pomme qui l’a toujours inspiré ! En quelques mots, "Whatever Works" se résume comme étant un Woody Allen pur jus qui parvient toujours, par quelques belles cabrioles scénaristiques, à injecter une nouvelle dose de peps à son intrigue lorsque celle-ci semble s’étirer sur quelques longueurs.

Larry David, Michael McKean et Conleth Hill

Tout talent unique qu’il soit pour mettre en boîte des comédies philosophiques enflammées par de juteuses joutes verbales, on pouvait regretter, à l’entame de ce film, que Woody Allen ne soit pas également face à la caméra… C’est en fait l’acteur - très séries TV -, Larry David qui joue, avec un certain mimétisme perturbant, les Woody Allen pourvus de quelques centimètres de plus. A mesure que l’intrigue s’installe, on comprend alors parfaitement les choix de casting d’Allen qui n’aurait certainement pas pu jouer ce personnage principal dur en parole !

Evan Rachel Wood et Larry David

Pas foncièrement mauvais mais certainement détestable, Boris Yellnikoff (Larry David) a le chic pour vrombir ses quatre vérités à la figure de n’importe qui… Pas nécessairement dans le but de choquer mais, plus universellement, Boris ne voit nullement l’utilité de perdre son temps à enrober les choses quand on peut les dire directement en quelques mots cinglants ! Bien qu’il soit nettement, d’un point de vue intellectuel, au dessus de la moyenne et qu’il possède une "vision globale", Boris a une vie remplie d’échecs : il a raté son mariage, il a raté son Prix Nobel, il a même raté son suicide !

Evan Rachel Wood

... Mais bien qu’il essaye de se replier du monde infecte qui l’entoure, Boris va faire la connaissance de Mélodie Celestine (Evan Rachel Wood), une jeune provinciale écervelée et intellectuellement limitée qui a quitté son foyer natal pour tenter la grande aventure new-yorkaise. Contre toute attente, la compagnie de Mélodie va faire beaucoup de bien à Larry et à son caractère bougon… Tellement de bien que Larry et Mélodie en viennent à s’épouser. Mais, le destin va une nouvelle fois frapper à la porte avec l’arrivée, dans la vie du jeune couple, de la mère de Mélodie (Patricia Clarkson)…

Evan Rachel Wood et Henry Cavill

Si Larry David signe une belle apparition sur grand écran en étant un parfait double de Woody Allen, on retiendra également (et plus encore !) l’interprétation de la vivifiante Evan Rachel Wood qui sort du bois pour camper une jeune fille fraîche et diablement enfantine ; pas très maligne mais avec une grandeur d’âme impressionnante. Voila une actrice qui, après "The Wrestler" ou "King of California", n’a certainement pas fini de nous épater et de nous éblouir. Donnant davantage dans le style de Mira Sorvino (mais avec plus d’élégance !) dans "Maudite Aphrodite" (1995), Rachel Wood vient presque à nous faire oublier l’idylle que Woody Allen a passée avec sa muse Scarlett Johansson. Le (bon vieux) Woody Allen retrouvé de cette année 2009, c’est bien "Whatever Works" ! C’est certain, les fans en redemanderont !

Un extrait exclusif…

Écrit par TOM dans DVD / Blu-Ray | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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