11/07/2009

HARRISON FORD privé de cinéma ?

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Apparemment, faute de n’avoir pas trouvé de distributeur en Europe (?), le nouveau film mettant en scène Harrison Ford ne sortira pas sur grand écran mais sera directement proposé en DVD ! Cette situation est-elle justifiée ou non ? La meilleure manière de répondre à cette question est encore de visionner ce film intitulé "Crossing Over" et réalisé par Wayne Kramer à qui l’on doit l’incisif "Peur au ventre".

D’emblée soyons clair : Ce "Crossing Over" n’est certainement pas le meilleur film de Ford bien qu’il offre des perspectives nettement plus intéressantes et attrayantes que l’"Apparences" (2000) de Robert Zemeckis ou que "L’Ombre d’un soupçon" réalisé, en 1999, par le regretté Sydney Pollack. Toutefois, les fans d’Indiana "Ford" Jones resteront, sans doute, sur leur faim. Ce n’est pas dans ce nouveau film que notre Harrison va, une nouvelle fois, sauver le monde ! Il ne va pas non plus se lancer dans d’intenses et implacables poursuites.

Harrison Ford

S’inscrivant davantage dans un rôle proche de celui qu’il occupait, en 1997, dans "Ennemis rapprochés", Harrison Ford campe, ici, un flic solitaire et rongé par la culpabilité. Son personnage, l’inspecteur Max Brogan, est avide de retrouver, saine et sauve, une jeune immigrée mexicaine qui a été contrainte d’abandonner son jeune fils sur le sol américain… Au fil de son enquête, Brogan va entrer en connexion avec toute une série de personnages qui sont liés, par leurs expériences personnelles ou professionnelles, à la problématique de l’immigration et du racisme aux Etats-Unis.

Harrison Ford

Voilà donc le spectacle auquel nous convie le metteur en scène Wayne Kramer : un polar dramatique, sur fonds d’exclusion sociale et de racisme, qui se construit comme une vaste mosaïque sur laquelle se positionnent toute une série de personnages. Pour camper ceux-ci, Kramer et le producteur Frank Marshall ("Jurassic Park", "Indiana Jones" et Cie.) se sont adjoints les services d’une belle brochette d’acteurs perçant progressivement à Hollywood ou étant plutôt sur le retour. On retrouve ainsi, dans la catégorie des vieux "briscards", Ray Liotta, Ashley Judd, Cliff Curtis et, parmi les "jeunes lions", Summer Bishil ("Towelhead. Nothing is private") ou encore Jim Sturgess.

Jim Sturgess

Auteur également du scénario, Wayne Kramer n’a vraisemblablement pas eu trop de difficulté pour trouver l’inspiration. Il faut dire, malheureusement, que des faits-divers ayant trait à l’exclusion et au racisme sont monnaie courante dans le monde et, bien entendu, aussi aux Etats-Unis ! C’est ainsi que, plutôt de jouer la sélectivité, Kramer s’embarque, à tort ou à raison, dans une vaste et copieuse intrigue à multiples entrées. Le spectateur suivra ainsi le parcours, plus difficile qu’on ne le pense, de jeunes israéliens et australiens, fraichement débarqués sur le sol américain, pour obtenir une carte de travail ; le quotidien de certaines familles asiatiques vivant avec le crime au bas de leur immeuble ; le calvaire de jeunes américains, convaincus de terrorisme, dont le principal crime est d’être nés de parents originaires du Moyen Orient ; les conflits familiaux - aux conséquences dramatiques - de fratries aisées refusant de céder à la vie libertine à l’américaine ; et aussi l’insensée persévérance de travailleurs sans papiers mexicains prêts à affronter tous les dangers pour avoir l’opportunité de travailler aux Etats-Unis.

Ashley Judd

Sans nécessairement prendre parti, sauf peut-être au travers des actions posées par Max Brogan (Harrison Ford) et par Denise Frankel, personnage interprété par Ashley Judd, Wayne Kramer constate avant tout et brosse un portrait affreusement pessimiste et poignant de la situation Outre-Atlantique. Paré d’une vision dramatique latente, "Crossing Over" est, fort heureusement, oxygéné par quelques bons élans d’humanité et par des petites envolées plus optimistes. Ça fait du bien quand même !

Cliff Curtis

Fatalement, même s’il ne domine pas l’ensemble des séquences de ce long-métrage, Harrison Ford marque incontestablement des points avec sa - maintenant légendaire - carrure et sa prestance ! Restent un Ray Liotta très convainquant dans le rôle d’un manipulateur obsédé déchu & une Ashley Judd comme on l’aime, à fleur de peau. Surfant, l’année dernière, entre l’excellant "Las Vegas 21" et l’historique "Deux sœurs pour un roi", l’acteur anglais Jim Sturgess - qui retrouve pour l’occasion Josh Gad son compère de "Las Vegas" - a bien pris du coffre et exploite habilement son rôle en soufflant le chaud et le froids : à l’aise dans des séquences plus exigeantes et dramatique, Jim a également la capacité de passer à un registre nettement plus souple et amusé.

Ray Liotta

Sans être, finalement, très éloigné de la teneur dramatique et lyrique du film "Collision" (2005) de Paul Haggis, "Crossing Over" reste un film intéressant qui pose de bonnes questions tout en laissant la place au débat. Wayne Kramer gère finalement bien ce copieux chassé-croisé : il offre notamment l’occasion à ses différents acteurs de s’exprimer et de s’épanouir dans ce récit assez dense. On peut le dire, sur ce coup-ci, Kramer nous a bluffés ! Qui aurait cru, en effet, que le réalisateur de "La Peur au ventre" puisse s’atteler, avec efficacité, à harmoniser ce film largement plus intimiste que spectaculaire !?

Harrison Ford

La bande-annonce (en version originale)...

Tags associés : Drame, Harrison Ford, Ray Liotta, Ashley Judd, Cliff Curtis, Jim Sturgess, Robert Zemeckis, Sydney Pollack, Paul Haggis, "Indiana Jones", "La Peur au ventre", "Jurassic Park", "Las Vegas 21", "Deux sœurs pour un roi"

Écrit par TOM dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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