16/03/2009

Clint EASTWOOD roule en GRAN TORINO

Gran Torino

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Veuf depuis peu, Walt Kowalski (Clint Eastwood) persiste à vouloir conserver sa maison qui, il est vrai, se situe dans une banlieue difficile où plusieurs gangs s’affrontent… Mais ces petites raclures n’effrayent pas Kowalski qui passe son temps à siroter ses bières, à cajoler son chien et à bichonner sa Ford Gran Torino, un véritable modèle de collection ! Tout va changer pour Walt quand son jeune voisin Tao (Bee Vang), initié par un dangereux gang, tente de voler la Gran Torino. Walt va mettre les pieds dans le plat et chasser du quartier les jeunes voyous qui y sévissent. Cette action va susciter la sympathie du voisinage, majoritairement composé d’immigrés Hmong, qui va trouver en Walt le héros de la rue ! Aigri par la solitude et par la guerre, Kowalski va être pris de court par les élans de générosité du quartier mais va toutefois, progressivement, apprendre à mieux connaître ses voisins et notamment la famille de Tao… Une belle histoire d’amitié s’annonce…

Gran Torino

Plébiscité, devant la caméra, dans des rôles charismatiques bien ancrés dans le cinéma sans concession des années ‘70 - ’80 ("Magnum Force", "Ca va cogner", "Firefox" et Cie.), Clint Eastwood a, depuis quelques années déjà, démontré qu’il était également un extraordinaire conteur capable de mettre en scène des histoires qui font mouche ("Impitoyable", "Mystic River", "Million Dollar Baby", "Mémoire de nos pères" & Cie.). Se basant généralement sur une mise en scène judicieusement calibrée et sans bavure, Eastwood apporte une émotion universelle et un puissant aura à des histoires brillant à la fois par leur simplicité narrative et leur profonde teneur dramatique.

Gran Torino

Cette ligne de conduite présente dans les derniers longs-métrages d’Eastwood est, une nouvelle fois, utilisée dans la dernière fresque magistrale de l’ex-Inspecteur Harry, intitulée "Gran Torino". Reprenant et dépoussiérant, dans une certaine mesure, son rôle de militaire intraitable dans "Le Maître de guerre" ("Heartbreak Ridge"), film qu’il réalisa en 1987, Clint Eastwood sert les dents durant la plus grande partie de son dernier long-métrage, et cela pour notre plus grand plaisir !

Gran Torino

Offrant une nouvelle peinture vitriolée de l’Amérique moderne où le racisme et l’irrespect foisonnent à chaque coin de rue, Eastwood et son "Gran Torino" suivent la reconversion inattendue d’un dur à cuire qui n’a peur de rien et qui se maintient, apparemment, en vie grâce à une profonde dose de rancœur et de malveillance. Seulement voila, l’histoire de "Gran Torino" va nous montrer qu’aussi antipathique et foncièrement glacial soit le personnage joué par Eastwood, tout homme peut changer et racheter une conduite… Il ne faut pas nécessairement prendre les armes ou briller en temps que héros pour ça ! L’attention, le partage et l’affection apparaissent bien être de meilleurs remèdes que la haine et la violence.

Gran Torino

Sur cette note foncièrement positive, amenant d’intenses scènes d’émotion traitées avec une vibrante modestie, Clint Eastwood s’atèle à élaborer une comédie douce-amère tissant des liens entres deux univers qui avaient peu de chance de s’accorder à l’entame des débats. Bien entendu, les amateurs du cinéma d’Eastwood savent que notre génie aime soigner les finals désinfectés de tout optimiste made in Blockbusters hollywoodiens. "Mystic River" ou encore "Million Dollar Baby" constituent, à ce titre, de très bons exemples, à l’inverse d’un "Jugé coupable" ("True Crime" - 1999) critiqué par certains pour son Happy End jugé trop commercial ! Clint a semble-t-il retenu la leçon depuis…

Gran Torino

Moins décidé ici à nous faire sombrer dans un drame outrancier, ce dernier nous propose, certes une fin moins joviale et vivifiante mais finalement logique et intelligente qui répond à un dernier sursaut de sarcasme bien pensé. "Gran Torino" est une pierre précieuse à plus d’un titre : premièrement, ce film nous permet de retrouver un Clint Eastwood - disparu des écrans depuis "Million Dollar Baby" en 2005 - diablement charismatique qui ressuscite, le temps d’un film, un type de rôle qui lui va comme un gant : celui de l’indécrottable dur à cuire bardé de règles et de discipline ; deuxièmement, Eastwood exploite, sous un regard vif et éclairé, plusieurs thèmes qui lui tiennent foncièrement à cœur… La mort, la religion et l’esprit de famille boycotté au prix de l’argent et de la promesse d'un juteux héritage.

Gran Torino

C’est percutant, fort en émotion, pincé par moment d’un humour enfantin… Bref, c’est du très grand Clint Eastwood ! Encore un !

La bande-annonce…

Tags associés : Drame, Clint Eastwood, "Mémoire de nos pères"

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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