17/01/2009

Ed Harris & Viggo Mortensen au FAR-WEST

Appaloosa

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C’est sans le moindre état d’âme que l’industriel Randall Bragg (Jeremy Irons) a abattu, dans son ranch, le shérif de la ville voisine d’Appaloosa ainsi que ses deux adjoints ! Le Marshall Virgil Cole (Ed Harris) et son acolyte Everett Hitch (Viggo Mortensen) sont mandés à Appaloosa pour faire rétablir l’ordre dans la ville et traduire, devant les tribunaux, Bragg qui, apparemment, est un ancien associé du Président des Etats-Unis ! La tâche de Cole et de Hitch se complique encore un peu plus lorsque que une séduisante veuve, prénommée Allie (Renée Zellweger), débarque en ville dans la ferme intention de s’y installer et de fonder une famille. Entre justice, amour et trahisons, nos deux justiciers, aux méthodes expéditives, vont avoir du pain sur la planche !

Viggo Mortensen et Ed Harris

Revisitant, sous forme d’hommage appuyé, les grands classiques du Western américain, Ed Harris (que l’on retrouve ici aussi bien devant et derrière la caméra) a opté pour une vision épurée et très réaliste afin de décrire les grands règlements de compte de l’Ouest lointain et aride. Sans user d’artifices à la manière par exemple d’un Sam Raimi dans son "Mort ou Vif", "Appaloosa" déroule une histoire signée par le tandem Ed Harris et Robert Knott & construite sur une trame dramatique étonnante ! Etonnante… oui ! Surprenante… également !

Jeremy Irons

C’est sans doute, avant tout, la galerie de personnages proposée dans cette aventure qui surprend. En effet, Ed Harris n’hésite pas à philosopher quelque peu sur la nature des hommes et des femmes de l’ancienne Amérique, au risque de désacraliser et de démystifier les légendes de l’Ouest au profit d’un souci de réalisme étonnamment brillant ! C’est ainsi que le vieux et affûté représentant de la Loi, Virgil Cole, le personnage joué par Ed Harris, apparaît comme un justicier amer et aigri par une vie dépourvue de sentiments réconfortants. Illettré et cachant difficilement son attirance pour Allie, Cole va mettre en balance son intraitable carrière et sa passion débordante pour une femme… qui ne mérite peut-être pas tant d’attention !?

Renée Zellweger et Ed Harris

Renée Zellweger, arborant continuellement un petit sourire pincé et malicieux au bout des lèvres, campe pour sa part une étrange héroïne dans le troupeau des coyotes du désert. D’un appétit sensuel déroutant, Allie paraît très attachée à Cole tout en se laissant conduire par un instinct de surprotection très (trop !) développé. Du statut d’impitoyable "chef de gang" à celui d’un dandy pervers au pied du mur, l’interprétation de Jeremy Irons surprend également dans le bon sens du terme.

Jeremy Irons et Viggo Mortensen

A côté de ces trois personnages, riches en contradiction, Viggo Mortensen et Lance Henriksen disposent ici de rôles nettement plus tranchés et lisses. Conduit par un respect, une fidélité et une ténacité à toute épreuve, Everett Hitch apparaît comme le parfait co-équipier d’un Virgil Cole qui, comme présenté ci-dessus, n’est pas dénué de faiblesses. Lance Henriksen, pour sa part, nous revient dans la peau d’un desperado traditionnel envers qui la méfiance doit toujours être de mise.

Ed Harris

Jouant donc sur les interconnections survenant entre une série de portraits troubles, parfois croustillants, souvent très intéressants et intelligemment mis en lumière, "Appaloosa", bien que largement bercé par les Westerns classiques, a davantage à offrir qu’un simple dépoussiérage d’un genre qui n’est sans doute pas prêt, encore aujourd’hui, d’être complètement ressuscité à l’image, par exemple, des films d’invasions extra-terrestres ou des Péplums.

Viggo Mortensen

Plus un brillant exercice de style qu’une fresque aride et mémorable, "Appaloosa", sous la sage direction d’un Harris inspiré, réinvente également, pour notre plus grand plaisir, les célèbres duels aux Colt’s : plus rapides, plus tranchants, plus incisifs et plus bestiaux… Un petit régal au passage !

La bande-annonce…

Tags associés : "Appalousa", Ed Harris, Viggo Mortensen, Jeremy Irons, Renée Zellweger, Lance Henriksen, Sam Raimi

Écrit par TOM dans CINEMA | Lien permanent | Commentaires (0) | |

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